Campagne de reforestation 2012 : Planter responsable pour inverser les tendances de la dégradation des ressources naturelles

Chronique du gouvernement du 22 Août 2012

Campagne de reforestation 2012 :

Planter responsable pour inverser les tendances de la dégradation des ressources naturelles

Les rigueurs climatiques et les déficits pluviométriques répétés du Sahel qui, depuis la fin des années 1970, persistent et s’accentuent, combinés à une pression humaine de plus en plus forte, continuent d’aggraver la dégradation des ressources naturelles. De ce fait, le rétablissement de l’équilibre des écosystèmes naturels constitue un enjeu majeur pour le Burkina dont le développement économique et social repose en priorité, sur l’utilisation du potentiel agrosylvopastoral.

Face à cette situation, nous n’avons qu’un seul choix désormais : c’est de planter des arbres et de les entretenir, car la plantation d’arbres reste le moyen le moins onéreux pour faire face aux phénomènes liés au changement climatique.

La Politique forestière nationale privilégie du reste, la reforestation comme une stratégie de lutte contre la désertification et la pauvreté.

D’importants programmes ont été mis en œuvre avec le concours de partenaires bilatéraux et multilatéraux pour une gestion durable des ressources naturelles. A cet effet, différentes stratégies de lutte ont été développées par l’Etat. Parmi les actions entreprises, figure la réalisation de grands chantiers de reboisement en régie, où seul l’Etat s’employait à mener les actions. Cependant, la persistance de la régression du couvert végétal et l’évolution du contexte biophysique ont rendu incontournable l’implication des populations dans les opérations de reforestation. Cette stratégie apparaît comme un moyen de succès et de pérennisation des activités forestières. Le bilan des actions a permis d’enregistrer des résultats fort encourageants parmi lesquels on peut, à ce titre, citer :
• la prise de conscience de plus en plus manifeste des populations des questions de désertification ;
•l’accroissement du nombre d’espèces locales en plantation mieux adaptées aux conditions écologiques des différentes zones du pays
• la promotion de la régénération assistée ;
•l’engagement politique des plus hautes autorités de l’Etat pour la protection et la restauration de l’environnement ;
• la récupération d’importantes superficies de terres dégradées qui deviennent aptes à la production agrosylvopastorale.
Mais en dépit des efforts déployés, des difficultés persistent et se manifestent entre autres, par l’insuffisance, voire l’absence d’un dispositif efficace de protection des plantations.
Pour minimiser les contraintes, consolider les acquis et renforcer le niveau d’implication de toutes les couches socioprofessionnelles, le Ministère de l’environnement et du développement durable a choisi de conduire la campagne nationale de reforestation 2012, sous le thème : « Jeunesse et environnement pour un développement durable », avec un objectif de production de 11 000 000 de plants.
Plus qu’un appel, ce thème est une incitation à l’action et à l’engagement, dans la mesure où la disponibilité et l’énergie des générations montantes sont des atouts inestimables de la garantie d’un avenir meilleur. Dans cet esprit, le lancement de la campagne, le 30 juin 2012 à Koudougou, a été l’occasion pour l’ensemble de la jeunesse du Burkina Faso de prendre trois engagements :

Premièrement : planter utile et assurer la protection effective et efficace des plantations qui seront dorénavant, réalisées par les jeunes.
Deuxièmement : promouvoir l’écocitoyenneté pour des changements de comportement et des réflexes en faveur de l’environnement.
Troisièmement : se mobiliser fortement et s’organiser au sein des associations pour des actions concrètes en faveur de l’environnement.

L’occasion a également été donnée au premier responsable du département de lancer le concept de « plantation responsable », tant il est vrai que pendant longtemps, des actions de reboisement ont parfois été assimilées à de simples opérations de communication par des promoteurs en quête d’audience, sans souci aucun pour le devenir des arbres plantés. C’est ainsi qu’on est arrivé à banaliser les opérations de reboisement.

Ce concept de « plantation responsable » veut que les acteurs des opérations de plantation assument leurs responsabilités quant aux conditions adéquates de leur mise en œuvre, au plan technique (date de plantation, choix des essences, respect des normes techniques appropriées, protection et entretien, après la phase de mise en terre). Ce concept peut aussi signifier tout simplement, le fait de ne planter que ce que l’on peut entretenir, pour en garantir sa survie et son développement, au fil des ans.

Afin de mettre pleinement en œuvre ce concept et lever les facteurs qui limitent les impacts des campagnes de reforestation, il est indispensable que des conditions et principes à la fois économiques, méthodologiques, techniques et institutionnels soient mis en œuvre.

Dans cette logique, les orientations suivantes, sont observées tout au long de la présente campagne de reforestation 2012. Il s’agit notamment, de :

• l’application stricte du cadre-directeur de l’organisation des campagnes de reboisement au Burkina Faso ;
• l’engagement des promoteurs à signer des contrats d’objectifs et à respecter les normes techniques requises pour réussir les opérations de plantation ;
• le renforcement de la responsabilisation des jeunes.
La grande innovation

Par ailleurs, pour consolider les acquis des campagnes, le Président du Faso a instruit le gouvernement, à travers le Ministère de l’environnement et du développement durable d’initier l’opération « 1000 plants par ministère et par institution pour lutter contre les changements climatiques ».

L’objectif de l’opération était de renforcer la contribution des départements ministériels et des institutions à la préservation de l’environnement et à la lutte contre la désertification. De façon spécifique, il s’agissait :

–  d’appuyer la réalisation de plantations dans les espaces des départements ministériels et des institutions ;

–  de contribuer à améliorer le cadre de travail ;

– d’améliorer le taux de réussite des plantations.

Le choix des espèces à reboiser a tenu compte des besoins des différents ministères et institutions, de même que des conditions pédoclimatiques. Il a porté sur les espèces d’ombrage (Peltoforum sp. Bligia sapida, Khaya senegalensis, Ficus sp…) et des espèces fruitières (Mangifera indica, Anacardium occidental, Citrus sp. , grenadier etc.).
Cette opération qui a duré un mois (du 16 juillet au 16 août 2012) a suscité beaucoup d’engouement et d’engagement de la part de l’ensemble des structures qui ont adhéré à cette œuvre innovante.
Elle a ainsi mobilisé une quarantaine de départements ministériels et institutions (43) et a permis de mettre en terre plus de 40 000 plants. Mieux, les différents acteurs ont pris le ferme engagement de déployer des moyens pour la protection et l’entretien des arbres plantés dans des domaines plus ou moins sécurisés pour garantir leur survie.

D’autres initiatives ont également été menées à savoir : « Ecoles vertes, Villes vertes, Universités vertes » de même que les plantations réalisées par les corps militaires, paramilitaires et la jeunesse.

Les bonnes pratiques pour la survie et la réussite des plantations
Passée la période de reboisement menée avec enthousiasme, il est important que des dispositions soient prises par tout initiateur de plantation, en vue de favoriser la survie et le développement des plants mis en terre. A ce propos, les actions suivantes, sont à entreprendre :
• la sensibilisation des populations riveraines des sites reboisés, afin de minimiser les cas d’agression des plants, les feux de brousse et la divagation des animaux ;
• l’entretien régulier des plantations ;
• la protection des plants.

Pour accroître les taux de réussite des plantations, tout initiateur de reboisement devra prévoir, non seulement leur protection, mais également leur entretien, à travers le désherbage annuel des sites concernés. Pour les plantations réalisées dans les centres d’habitation ou à proximité de cours et plans d’eau, l’arrosage des plants est recommandé pendant la saison sèche, ce qui permet d’améliorer, de manière très significative, le taux de réussite de telles plantations.
En cas de mortalité constatée des plants, des traitements phytosanitaires appropriés devront être administrés. Il faut noter que le plus souvent, les mortalités des pieds observées sur le terrain sont dues principalement, aux attaques de termites.

En fonction des moyens de chacun, il est impératif d’envisager la protection des plantations, à travers :

–  le gardiennage ;

– l’ouverture de pare-feu ;

– l’installation d’une grille de protection autour de chaque plant ;

 la mise en place d’une clôture autour de la plantation. Cette clôture pourra être à base de :
*  haie vive constituée de plantes épineuses ;
*  fil de fer barbelé soutenu par des supports en bois ou métalliques.
*  grillage à grande maille soutenu par des supports en bois ou métalliques.
Lorsque les supports sont en bois, ceux – ci devront être solidement fixés, mais également faire l’objet d’un traitement anti – termites.

Dans les différentes communes, les animaux en divagation seront mis en fourrière et traités conformément à la réglementation en vigueur.
Un dispositif de suivi-évaluation est mis en place par les services déconcentrés, en collaboration avec les différents acteurs (associations, collectivités territoriales…). Pour consolider les résultats, il sera organisé des missions de suivi des services techniques du niveau central. L’objectif du suivi –évaluation est :
− d’apprécier d’une part, le niveau d’implication des acteurs dans la mise en œuvre de la campagne ;
− d’apprécier le niveau de réalisation globale de la campagne de reforestation ;
− d’identifier les difficultés rencontrées par les différents acteurs ;
− d’évaluer le taux de reprise, au plus tard au mois d’octobre ;
− d’évaluer le taux de réussite au début de la campagne suivante ;
− d’apprécier l’efficacité des mesures de protection/surveillance et d’entretien mises en place ;
− de formuler des suggestions pour une meilleure exécution des prochaines campagnes.


Ministère de l’environnement
et du développement durable

 

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