Electrification du Burkina : L’énergie solaire et le Ghana en renfort

L’approvisionnement du Burkina Faso en énergie électrique est présentement assuré par trois principales sources: une production thermique, une production hydroélectrique et l’importation de nos jours de 50 à 120 mégawatts (MW) de la Côte d’Ivoire. Le gouvernement compte renforcer cette production par l’augmentation de la capacité de ces trois sources mais aussi par la production de l’énergie solaire pour atteindre l’objectif de 60% de couverture nationale en énergie électrique en 2015.

La production thermique d’une puissance totale de 135 mégawatts est principalement assurée par six centrales dont les quatre plus importantes sont installées à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou.

L’énergie hydroélectrique de 32 mégawatts est produite par quatre barrages : Kompienga, Bagré, Tourni et Niofila.

Le Burkina importe aussi l’électricité de la Côte d’ Ivoire  par une ligne d’interconnexion d’une capacité minimale de 50 mégawatts et maximale de 121 mégawatts.

Malgré cette diversité de sources d’approvisionnement, le Burkina Faso doit renforcer sa capacité de production pour faire face aux besoins de plus en plus croissants. La demande de pointe correspondant à la puissance maximale enregistrée en 2011 est d’environ 180 mégawatts. Et cette demande augmente d’environ 10 % chaque année et double tous les sept ans.

Face à cette situation, le secteur de l’énergie s’est fixé cinq objectifs stratégiques à atteindre en matière d’approvisionnement du Burkina en énergie électrique. Il s’agit de : mettre en place un cadre institutionnel et des mesures réglementaires et fiscales qui permettent la mobilisation des acteurs et des ressources ; sécuriser l’approvisionnement du pays et réduire les coûts ; désenclaver les zones rurales par l’extension des réseaux et la pré électrification afin d’atteindre 60 % de taux d’électrification nationale en 2015 ; mobiliser le potentiel énergétique national et le mettre en valeur ; améliorer l’efficacité de la consommation d’électricité.

Dans le cadre du premier objectif stratégique la loi n°027-2007/AN portant réglementation du sous-secteur de l’électricité permet l’ouverture du segment de la production au secteur privé. C’est cette disposition qui permet de lancer un appel d’offres pour le recrutement d’un producteur indépendant pour la fourniture de 70 à 100 mégawatts de puissance thermique. Des projets sont en cours de réalisation dans le cadre du deuxième objectif stratégique, sécurisation de l’approvisionnement du pays et réduction des coûts. Il s’agit entre autres, du renforcement de la puissance thermique par l’installation d’une centrale d’environ 100 mégawatts à Komsilga et 20 mégawatts à Bobo-Dioulasso ; de la réalisation de deux interconnexions avec le Ghana et une interconnexion avec le Nigéria via le Niger ; de la réalisation de barrages hydroélectriques de Samendéni (2,6 MW), de Ouessa (21 MW) et celui de l’Aval de Bagré (14 MW). Ces réalisations permettront la fourniture d’environ 37 MW de puissance hydroélectrique

Dans le cadre du troisième objectif stratégique (désenclavement des zones rurales par l’extension des réseaux et la pré électrification afin d’atteindre 60 % de taux d’électrification nationale en 2015), les ressources mobilisées à ce jour permettront l’électrification de plus de 350 localités. Si parmi ces localités nous considérons les chefs lieux de communes rurales que le Président du Faso a instruit d’électrifier avant 2015, il restera 87 chefs lieux de communes qui ne sont pas concernés aujourd’hui par un projet en cours de réalisation. Des instructions ont été données par le Conseil des ministres du 05 octobre 2011 pour que très rapidement des ressources soient mobilisées pour réaliser l’électrification de ces 87 chefs lieux de communes.

Quant à la pré électrification, 50 localités ont leurs équipements en cours d’installation, 55 autres localités sont programmées par le Fonds de Développement de l’Electrification (FDE) avec des systèmes mixtes diesel-solaires et 2 000 kits solaires seront diffusées.

Un recours au  solaire

Conformément au quatrième objectif stratégique (mobilisation et mise en valeur du potentiel énergétique national), un recours au soleil s’avère  incontournable.

Le soleil étant la principale ressource endogène du Burkina Faso, et compte tenu des recommandations de l’étude prospective sur l’énergie et de l’engagement  du Président du Faso à travers son programme quinquennal « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent », des dispositions ont été prises pour renforcer l’approvisionnement du pays à travers des centrales solaires photovoltaïques.

A cet effet, deux centrales pilotes et deux autres grandes centrales solaires sont programmées pour être réalisées. Ces centrales permettront d’injecter environ 41,5 mégawatts dans le réseau national interconnecté (RNI).

En ce qui concerne le cinquième objectif stratégique (amélioration de l’efficacité de la consommation d’électricité), des études ont clairement démontré qu’au moins 20 % de la consommation d’électricité pourraient être évités si on arrivait à faire adopter des comportements adéquats aux différents acteurs socioéconomiques. A ce propos, des actions de sensibilisation sont en cours au sein de l’administration publique et elles seront étendues à d’autres secteurs de la vie économique.

L’approvisionnement du Burkina Faso en énergie électrique sera assuré de façon adéquate par un « mixte énergétique » qui se résume ainsi qu’il suit :

dans le court terme, l’approvisionnement sera assuré par les centrales de Komsilga et de Bobo-Dioulasso qui permettront de disposer d’environ 100 mégawatts de puissance thermique ainsi que par le producteur indépendant d’électricité qui sera recruté par appel d’offres pour la production de 70 mégawatts. Tous ces projets sont en cours de réalisation, car les financements sont déjà disponibles. Cette puissance sera renforcée par l’importation d’environ 50 Mégawatts du Ghana à travers l’interconnexion entre Bolgatenga et Ouagadougou dès la mise en service de la ligne en 2014.

Dans le moyen et long terme, l’approvisionnement sera assuré par le renforcement de l’importation d’électricité du Ghana à travers l’interconnexion Bolgatanga – Ouagadougou qui passera à 100 Mégawatts en 2015, la mise en service en 2017 de l’interconnexion Han (Ghana) – Bobo Dioulasso (Burkina Faso) – Sikasso – Bamako (Mali) avec une importation possible de  150 mégawatts pour le Burkina Faso et également la mise en service en 2020 de l’interconnexion Nigéria – Niger – Burkina Faso – Bénin qui permettra au Burkina Faso d’importer jusqu’à 200 mégawatts.

Au plan des énergies renouvelables, notamment le solaire, 41,5 mégawatts seront mis en service dès 2015. D’autres projets solaires proposés par des privés sont également à l’étude.

Ministère des Mines,

des Carrières et de l’Energie

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