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Vœux de nouvel an : la Primature sacrifie à la tradition

6 janvier 2020 – 16 h 16 min Commentaires fermés sur Vœux de nouvel an : la Primature sacrifie à la tradition | 2 330 views

Le personnel de la Primature a présenté ses vœux de nouvel an au Premier Ministre son Excellence Monsieur Christophe Joseph Marie DABIRE ce lundi 06 janvier 2020 à Ouagadougou. Les collaborateurs du Chef du Gouvernement …

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Jeudi 8 dec – Panel I. THEME : « Les mutations technologiques et leurs impacts sur le secteur de la communication » Communication du Dr Dramé – MEDIACRATIE OU DEMOCRATIE

Soumis par par 9 décembre 2011 – 17 h 08 minPas de commentaire | 3 436 views

Thèmes abordés :

Les medias source de pouvoir

La rivalité entre le nouvel espace public créé par les grands medias et les traditionnelles tribunes démocratique

« Celui qui combat peut perdre, Mais celui qui ne combat pas a déjà perdu » B. Brecht.

 

Je vais commencer par définir ce qu’est la médiacratie et même la démocratie. Oui ! Je sais que le mot démocratie est bien connu par tous ou presque par tout monde puisque, comme le reconnaît Maurice Duverger, tous les Etats, même les plus totalitaires, s’en réclament.

Le terme démocratie signifie « pouvoir du peuple (démos = peuple /kratos = pouvoir) 

 Dans l’ouvrage   » philosophie politique  » Platon se demande quel peut être, parmi les différents types de Constitutions qui s’étaient succédés, celui qui pourrait offrir à la Cité le meilleur gouvernement[1]. Il s’interroge donc sur les conditions idéales auxquelles tout régime politique, quel qu’il soit, doit répondre. Il ne s’agit pas de rendre compte de ce qui est, c’est-à-dire, des régimes tels qu’ils existent, mais de ce qui doit être, c’est-à-dire des régimes tels qu’ils doivent être.

Dans le sous-titre : « de la justice ». L’Etat le meilleur sera en effet l’Etat juste. Pour cela, Platon cherche quelles sont les constitutions possibles, et laquelle est la meilleure.

Pour lui, il y a cinq constitutions possibles :

  1. La constitution dite parfaite, en laquelle tout est commun (femmes, enfants, éducation, moyens de défense) et où les gouvernants sont philosophes (thèse célèbre des  » philosophes-rois  » = pouvoir et sagesse sont réunis en une seule main). Il la nomme parfois aristocratie.

Les quatre sont dites imparfaites ; elles sont classées par ordre décroissant :

  1. timocratie (fondée sur l’honneur)
  2. oligarchie (fondée sur l’appétit des richesses)
  3. démocratie (fondée sur l’égalité des riches et des pauvres)
  4. tyrannie (fondée sur le désir -négation même de la politique car absence de lois).

La démocratie contient à la vérité ses propres pièges surtout dans les Etats où l’analphabétisme, la pauvreté sont de véritable freins à l’expression de la grande masse et à leur participation consciente et éclairée à la gestion des affaires publiques. Une sorte de ploutocratie ou d’oligarchie risquent de se cacher derrière le rideau de la démocratie. A preuve es oligarchies qui s’emparent du pouvoir politique n’étant plus de saison, mêmes les putschistes que l’on ne rencontre plus que dans les pays pauvres du quart-monde s’empressent de proclamer que le pouvoir appartient au peuple ; ils vont légitimer leur pouvoir par la nécessité de servir l’intérêt général ou de le soustraire du chaos, s’ils ne disent pas que leurs actes ont été dictés par Dieu Lui-même !

En effet, dans une démocratie véritable, nul fille ou fils d’homme ou de femme ne peut décider du destin d’un Etat, d’une nation et d’un peuple  sans être légalement et légitimement mandaté par celles ou ceux qu’il prétend gouverner. Si tous les hommes naissent libres et égaux en droit, aucun homme ne naît pour gouverner sans leur consentement libre et en toute connaissance de cause.

Pour accéder au pouvoir ou pour y rester, il faut séduire le peuple représenté par ses élus.

Dès lors, le parlement devient la tribune légale du débat politique pour les représentants du peuple que sont les députés, comme l’agora ou les places publiques le furent pour séduire les électeurs et les leaders d’opinion par les candidats aux différentes élections.

Les élus de 1960, 1974, 1978 dans la Haute-Volta de Maurice Yaméogo et Lamizana se contentaient en plus des ombres des baobabs et des hangars pour réunir les électeurs afin de les convaincre de voter pour eux.

En revanche, le Burkina Faso du Président  Thomas Sankara et de monsieur le Président Blaise Compaoré a bénéficié de la complicité des médias surtout de la radiodiffusion sonore et télévisuelle. Avec des routes défectueuses et  non carrossables, le propagandiste politique n’est plus obligé de parcourir tous les hameaux de culture pour entre vu et entendu ; le tube cathodique se chargera de le projeter dans tous les foyers munis d’un poste récepteur radio et/ou télé. La médiacratie est née !

Dans ce sens, la médiacratie offre une possibilité nouvelle et une proximité certes cathodique, marconienne ou gutenbergienne qui rivalise avec celle des urnes que les anciens politiciens arrachaient au prix d’une abondante salive.  

Le terme médiacratie est une expression récente utilisée pour décrire un régime politique ou une organisation de la société où le pouvoir serait détenu par les médias (télévision, radio, presse écrite, Internet…).

La médiacratie désigne aussi le pouvoir qu’exercent les médias au sein de la société, soulignant leur influence, en tant que contre-pouvoir (le 4e pouvoir aux EtatsUnis) face aux 3 pouvoirs étatiques, exécutif, législatif et judiciaire.

Utilisé en général avec une connotation négative, le terme médiacratie fait référence pour certains[2] :

  • à l’importance que revêt la maîtrise ou le contrôle des moyens de communication par le gouvernement. L’usage du terme médiacratie va jusqu’à sous-entendre une connivence entre le pouvoir politique et les médias conduisant à une certaine forme de « néo-totalitarisme« .
  • à la suprématie des médias sur la politique,
  • au rôle des médias dans l’élaboration des convictions politiques des citoyens.

Pour d’autres par contre, la médiacratie est une potion magique qui permet à ceux qui ne jouissent d’aucune légitimité de se prévaloir du pouvoir que les médias exercent sur les individus pour s’octroyer une légitimité de fait : Drogba le footballeur au secours de la Côte d’Ivoire en quête de réconciliation !

I. LES MEDIAS : SOURCE DE POUVOIR

 1.1 De la fonction  des médias

Moyens de diffusions de l’information auprès de l’opinion : presse écrite, radio, télévision, internet. Ces vecteurs de diffusion d’une culture de masse exercent une certaine emprise sur la vie politique. Ils constitueraient un « quatrième pouvoir ». Les journaux, la radio et la télévision sont des moyens d’expression d’opinions et de débats politiques; cependant, le rôle de d’éducation politique ou de formation de l’opinion, selon des enquêtes réalisées, relativement limité. Si les médias ont une certaine fonction d’agenda (en amenant les hommes politiques à prendre en compte certains thèmes et événements), ils sont aussi dépendants des décisions des autorités politiques. Par ailleurs, la fonction de surveillance (ou de vigile) et d’instance critique qui incomberait aux journalistes est souvent prise à défaut, en particulier sous la pression de la logique de l’audimat.

Si l’opinion publique n’existe que véhiculée par les médias, ceux-ci contribuent à l’émergence et à la construction de l’opinion publique. Ils sont les vecteurs de l’information et de la connaissance de la chose publique : ils fournissent la scène principal pour les discours et débats sur les affaires publiques, authentifient l’information, sont la référence pour la source « sûre », mais peuvent être parfois concurrencés par le phénomène de la rumeur. Selon Walter Lipmann (Public opinion, 1992), les moyens de communication de masse modernes servent à renforcer des opinions stéréotypés et menacent la démocratie, car ils isolent les pensées critiques et favorisent le conformisme; en somme, ils limitent le débat public, élément essentiel de la démocratie, qu’ils pourraient favoriser. Une opinion qui n’est pas présenté par les médias quitte l’espace public et se réfugie dans son espace privé : c’est la spirale du silence ». La télévision jouerait un rôle directeur dans ces fonctions d’agenda et de légitimation de l’opinion autorisé.

1.2 Les médias comme contre-pouvoir au service des citoyens

La diffusion nationale de la télévision, qui transcende à partir du milieu des années soixante, les clivages sociaux, générationnels et géographiques fait clairement entrevoir la télévision comme un instrument irremplaçable de nationalisation et de politisation des consciences. La réception télévisuelle devient domestique, ce qui ne peut manquer de favoriser la mutation de l’opinion politique, qui comme le vote évoqué par Alain Lancelot, de “communautaire, prépolitisée et locale” doit devenir “individuelle, politiquement significative et nationale”, conformément aux impératifs doxiques d’une démocratie libérale. Le simple fait de regarder l’émission va immédiatement et paradoxalement être célébré comme une modalité de la participation des citoyens au jeu politique.

 

L’exemple du Watergate sert à illustrer la fonction de contre-pouvoir qui revient aux médias dans les sociétés démocratiques : dénoncer les abus des trois pouvoirs traditionnels. Ce quatrième pouvoir, « la voix des sans voix », constitue un recours pour les citoyens, qui souhaitent critiquer, contrecarrer démocratiquement des décisions illégales, injustes.

Cependant, la mission médiatique va plus loin que la simple dénonciation des abus, elle s’intègre au mécanisme démocratique, jusqu’à en devenir un des quatre piliers (Woodrow, 1996)[3]. Le quatrième pouvoir est devenu un enjeu démocratique

Si l’être humain vit comme un être libre, c’est grâce à l’information, qui lui permet de comprendre son environnement et d’y réagir. Chacun reconnaît que : « Qui détient la connaissance détient le pouvoir ».

Or, outre les trois pouvoirs traditionnels, l’acteur principal dans une démocratie reste le peuple. Les citoyens sont amenés, tout au long du processus démocratique, à faire de choix (vote, référendum) qui affectent l’ensemble du pays. Pour se décider, ils se basent sur les médias desquels ils espèrent l’éclairage nécessaire à une particpation consciente à la vie de la nation, de l’Etat. C’est la transfiguration du sujet en citoyen dont parle Francis Balle.

C’est donc le choix éclairé de chacun sur des questions importantes qui permet de maintenir l’équilibre démocratique (Bagdikian, 2000).

 

Les médias constituent donc pour Gaëlle Grognet, un mécanisme démocratique indispensable : la transmission de l’information qui permet à chacun de participer à la chose publique. D’autre part, les médias se sont eux aussi démocratisés au fur et à mesure que la démocratie progressait. Leur accès est devenu bon marché, aisé et équitable sur tout le territoire.  Leur pluralisme aide aujourd’hui au fonctionnement de la démocratie, dont il est une condition essentielle : si les sources d’informations sont nombreuses et variées, le citoyen a plus de chances de se faire une opinion éclairée.

Faire l’opinion, dans l’arène politique, consiste à assurer la « fonction d’agenda » : les médias modifient ainsi l’ensemble du jeu politique, et pas seulement le vote, qui n’en est que la traduction périodique.

Les médias, devenus à la fois juge et partie, exercent une double influence. Sur l’opinion d’abord, en sélectionnant les problèmes qui vont retenir son attention. Sur les politiciens, ensuite, en favorisant, par conséquence, les partis les plus aptes à répondre aux enjeux sélectionnés. Résultat : les campagnes électorales portent rarement sur ce qui préoccupe les électeurs, mais sur ce qui préoccupe la classe politico-médiatique. Un jeu de pouvoirs qui fut très bien illustré pendant l’élection présidentielle de 2002 en France : l’insécurité, thème principal de la campagne dans les médias, et l’arrivée au deuxième tour du candidat d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen. Le public, effrayé par l’accumulation de reportages sur l’insécurité, a fini par voter pour le candidat qui, à leurs yeux, les protégerait des menaces extérieures.

II.  LA RIVALITE ENTRE LE NOUVEL ESPACE PUBLIC CREE PAR LES MEDIAS ET LES TRADITIONNELLES TRIBUNES DEMOCRATIQUES

  2.1 L’ERE DE L’AGORA, DES FORA ET DES ESPACES PUBLICS TRADITIONNELS

L’espace public désigne, selon le professeur Bernard Lamizet[4], d’abord, un lieu dans la cité : l’urbanité grecque nomme agora ce que les Latins nomment forum, et qui désigne le lieu de la sociabilité par opposition au lieu de la famille. C’est pourquoi ce lieu est aussi celui du commerce, c’est-à-dire de l’économie urbaine, des logiques de circulation et d’échange, en même temps que de visibilité des institutions et des pratiques politiques. Il s’agit de lieux de rencontres, d’une géographie ouverte, censée favoriser les échanges et les confrontations, qui va, dès le début, servir de cadre aux usages de la rhétorique : comme le Speaker’s Corner, à Hyde Park, dans le Londres contemporain, où n’importe quel orateur peut haranguer la foule, il existait des tribunes et des lieux de prise de parole qui ont véritablement institué la parole publique et l’argumentation politique.

      Dans l’espace public, la visibilité des acteurs sociaux ne tient pas seulement à leur usage de la parole et de la rhétorique, mais aussi à la reconnaissance de leur activité propre : c’est aux fonctions que l’on exerce dans l’économie et dans la vie publique que l’on est reconnu par les autres, et, par conséquent, ces activités s’exercent dans tout l’espace public, qu’elles concourent à définir. Dans l’espace public, les activités professionnelles (métiers), institutionnelles (mandats) et militantes (engagement) sont les deux formes majeures d’activités qui spécifient les acteurs qui les exercent et contribuent à fonder leur identité. Les stratégies de visibilité des acteurs publics, les formes selon lesquelles ils exercent leur activité professionnelle, font, par conséquent, partie des formes de l’espace public. C’est le rôle, en particulier, des uniformes, des fêtes, et des rituels de faire reconnaître les activités des acteurs sociaux dans l’espace public. Ils font, à ce titre, partie des formes de la communication politique.

      Pour le professeur Lamizet, la visibilité des événements et des acteurs politiques s’inscrit enfin  aussi dans ce que l’on peut appeler l’espace public symbolique ou virtuel : il s’agit des journaux, des médias audiovisuels, des médias électroniques, dans lesquels la circulation des informations et la diffusion des formes de la communication constituent autant de modes de visibilité de la sociabilité politique.

2.2 L’ERE DE LA MEDIACRATIE

L’autorité des journalistes[5] repose sur un travail continu et fragile de légitimation de la parole journalistique. Cette relation de pouvoir problématique entre le journaliste et l’homme politique, imprime sa marque à l’ensemble des éléments constitutifs du magazine politique de télévision : sa “matérialité” comme ses dispositifs scéniques, narratifs et filmiques. Pour faire autorité, le journaliste invoque au moins cinq registres relativement distincts de justifications. Comme tout discours, cette auto-justification emprunte elle-même les catégories du récit (la diégèse) et se prête en cela à une analyse structurale (D. Memmi) : le journaliste reçoit au titre de représentant de la chaîne ou du média (le destinateur) la compétence pour rechercher une “vérité” (l’objet de valeur) et la rendre à “l’opinion publique” (destinataire). Dans cette quête et face à l’homme politique (l’anti-sujet), le journaliste peut encore être aidé par ses propres connaissances et instruments ou ceux d’autres locuteurs (adjuvants). Schématiquement, pour se pourvoir d’une autorité suffisante, le journaliste peut épouser le rôle du destinateur autrement dit du média (organisateur), mais aussi successivement (et parfois simultanément) les rôles des autres actants du récit : celui de l’anti-sujet (l’adversaire politique), du destinataire (“l’opinion publique”), de l’objet de valeur (la “vérité publique”) ou de l’adjuvant (le “savoir”).

C’est même sans doute, soutient B. Lamizet,  l’espace public virtuel offert par les médias qui est véritablement le lieu originaire de la communication politique, puisque c’est dans cet espace-là que se construisent la visibilité et l’intelligibilité du fait politique.

Ainsi le développement des médias est venu perturber le dispositif fondateur de la communication politique. Il s’instaure, ici, un dispositif dialectique ; sans doute n’est-il pas possible de définir, sur ce point, une véritable causalité. Ce sont, dit B. Lamizet, à la fois, les médias, par leur multiplication et l’amélioration de leur efficacité et de leur diffusion, qui sont venus battre en brèche l’organisation de la communication politique que l’on peut qualifier de présentielle comme nous l’avons souligner plus haut. Le déclin de l’importance de la représentativité personnelle des acteurs politiques est à l’origine du transfert vers les médias de leur relation politique aux citoyens. Ce n’est, sans doute, dans les banquets ni dans les préaux d’école, comme dirait bien François-Henri de Virieu, mais bien plutôt dans les médias, affirme B. Lamizet que se construit, aujourd’hui, l’audience d’un acteur politique et sa reconnaissance par les électeurs et les citoyens. La médiatisation de la vie politique s’accompagne de ce que l’on peut appeler une délocalisation et une dématérialisation de l’activité des orateurs et des dispositifs de représentation.

      Cette délocalisation, liée au développement du rôle des médias, signifie une perte de réalité des espaces publics de la communication et de la représentation. Dans la mesure où elle est, désormais, essentiellement mise en œuvre par les médias, la représentation politique se déroule dans des espaces qui n’en sont pas, dans des espaces qui n’ont plus de matérialité tangible. Dans le champ de la communication médiatée, on ne se rencontre pas avec les acteurs politiques dans le moment effectif d’une rencontre et d’une présence réelle ; tout y est affaire de représentation. Dans ces conditions, l’espace public est dissous, et se voit remplacer par un espace public médiaté, dont l’existence est subordonnée à l’usage des médias par les citoyens.

      À la radio, la rhétorique est une rhétorique de la parole. C’est dans la reconnaissance de la voix que les acteurs politiques sont identifiés (c’est pourquoi, à l’époque de la radio, les acteurs politiques avaient des voix, reconnues, attendues, mais aussi imitées et moquées par les humoristes). Cette importance caractéristique de la voix dans la communication politique a été, particulièrement, illustré par des orateurs de radio comme Roosevelt, Churchill ou de Gaulle, contemporains de l’avènement du rôle de la radio comme dispositif de rhétorique de masse. La radio a retrouvé, d’une certaine façon, l’importance antique de la voix dans la communication politique – en y ajoutant l’importance de l’identification, garantie par la diffusion d’une parole enregistrée. La diffusion de la parole a, ainsi, rendu son pouvoir d’identification à la reconnaissance de la voix, qui, par ailleurs, fait apparaître les acteurs politiques comme des personnes singulières, dont on peut se sentir proche, avec qui peut s’inscrire un véritable transfert de nature affective.

      À la télévision, en revanche, la rhétorique est mise en scène dans l’espace théâtralisé d’une représentation visuelle. On pourrait parler, à la télévision, d’une rhétorique double – de l’image et de la parole. La télévision impose aux orateurs le souci de leur mise en scène, de leur costume, des lieux de la prise de parole, et, de cette façon, elle apparente la rhétorique politique à la recherche d’une mise en scène. En complétant l’esthétique de la parole et de la voix par celle du décor, du geste et du costume, la télévision achève la théâtralisation de la rhétorique politique, en faisant d’elle un véritable spectacle. C’est sur la dramatisation théâtralisée de la communication politique à la télévision que joue, par exemple, de Gaulle, en 1961, en paraissant dans son uniforme de général de brigade, pour dénoncer le putsch des officiers d’Alger.

Force est de constater qu’avec le développement discret mais fertile des initiatives de débat public, la toile est de mieux en mieux tissée. Dans les forums hybrides qu’on trouve sur internet se construisent des savoirs et des identités à même de pallier aux insuffisances de la démocratie délégative ou participative. Mais le web reste une immense friche à déchiffrer. On peut supposer que le débat public y est plus à son aise. Le rôle d’internet en l’occurrence est important. Il permet à la parole de circuler davantage et à la foule anonyme de faire passer des messages.

De Google aux sites communautaires, en passant par le téléphone portable, avec la convergence numérique et l’émiettement des médias, pas de doute, tous les ingrédients du chamboulement de l’espace public sont réunis. Combien d’initiatives associatives et de microproductions collectives ont pu, grâce à la toile, se faire connaître !
Selon un scénario établi par le Millenium Project, Internet aura radicalement changé la donne de l’expression de la vox populi . « La démocratie devrait s’épanouir » affirme ce réseau mondial de prospectivistes. Le cyberespace deviendra le média de l’activité humaine. Les citoyens savent ce qu’ils veulent faire, et ce qu’ils doivent faire pour y parvenir. Les individus utilisent les réseaux globaux pour soutenir leurs valeurs ». Les barrières géographiques vont disparaître, puisque ceux qui pensent la même chose se retrouveront sur le net, à l’échelle mondiale. Et les organismes internationaux à commencer par les Nations Unies devront intégrer cette nouvelle dimension ».

Le sociologue, Manuel Castells, fut un des premiers à s’intéresser de près aux rapports des pouvoirs politiques avec Internet[6], introduit le concept de « mass self communication » qui va changer la dynamique politique. L’information circule depuis plusieurs émetteurs à plusieurs récepteurs à travers les blogs , les chats ou les forum. Aujourd’hui on compte quelque 72 millions de blogs dans le monde, 9% sont seulement à caractère politique. Mais selon ce sociologue, internet accroît l’intérêt et l’activité politique, il accroît également la croyance que chacun d’entre nous a du pouvoir, et cette seule croyance constitue déjà un réel pouvoir.

Une chose est sûre : la démocratie participative a beaucoup occupé la scène médiatique récente, laissant croire que c’est là notre horizon pour les années à venir, mais oubliant les dérives possibles que cette orientation, souvent légitime, fait peser sur la vie politique (relations de clientèles instrumentalisées par les intérêts particuliers, pouvoir des groupes de pression et des lobbys, occupation du terrain par les initiés des NTIC et « permanents de l’internet »…)

« La critique du déficit de participation de la démocratie représentative conduit souvent à un éloge de la démocratie directe », commente le sociologue Daniel Mothé. Préoccupé par les insuffisances de celle-ci, réservée de facto à de petits groupes de personnes disponibles, Daniel Mothé se demande à quelles conditions cette démocratie directe peut fonctionner et, à l’horizon, revitaliser la grande démocratie.

Pour qu’advienne un tel espace public, pour qu’il y ait débat, il faut comme le souligne le sociologue Paul Soriano, des références et des valeurs communes. Sans volonté et institutions politiques, l’agora électronique planétaire risque de dégénérer en gigantesque brouhaha » et favoriser un espace public trop fragmenté pour être un lieu d’échange. Le référendum n’est-il pas ingouvernable ? Ainsi voit-on se multiplier les blogs donnant à chacun l’illusion de parler à tous mais où l’auteur se parle surtout à lui-même. Certes Internet reste un dispositif de communication qui offre un espace public virtuel qui rivalise avec l’espace public traditionnel.

 La décision dans la démocratie directe ne peut être laissée au peuple de l’instantané, sollicité par les sondages, souligne Marcel Gauchet.

Il n’en reste pas moins qu’une exigence nous oblige : exposer le débat public. Le travail du journaliste consiste pour l’essentiel à mesurer les effets de surexposition ou de sous-exposition, les effets d’ombres et de lumières, les « travers » de la participation, les manques de la représentation.

Alors, entre le système de la représentation instituée, celle des grands médias et le système de la participation alternative, y a-t-il une 3ème voie, pour stimuler l’activité démocratique, sans que soit remise en cause le fondement de la fonction politique ? C’est la question qui est au cœur de la démarche de Place-Publique. L’idée est d’œuvrer pour l’invention d’une démocratie d’initiative. Le projet est pour une grande part éducatif.

Face à l’insuffisance du politique, on peut trouver ici les voies d’un véritable dépassement vers une démocratie cognitive permettant de répondre aux défis de société qui s’imposent aujourd’hui (générations, environnement, science et société, espace public…)

Les nouveaux processus de concertation que sont les conférences de consensus ou de citoyens, les forums hybrides réunissant des experts divers et des citoyens ordinaires, les espaces associatifs développés sur le net par des consciences éclairées, autant de chemins vers cette démocratie d’initiative. Ces démarches hybrides s’accompagnent d’un nouveau type de rapports entre experts, citoyens, leaders d’opinions et décideurs politiques, administratifs, juridiques et économiques, mais également avec les journalistes.

Ces espaces publics d’information et de discussion sont les indices d’une nouvelle donne sociotechnique : ils remettent largement en question le partage entre spécialiste et profane, ainsi que la coupure entre le citoyen et son représentant traditionnel. Les expériences et les initiatives qui s’y développent favorisent des dispositifs innovants qui laissent place à la pluralité des savoirs et qui, en créant des configurations sociales improbables, permettent un renouvellement des procédures démocratiques.

Dans ces forums hybrides qu’on trouve sur internet se construisent des savoirs et des identités à partir de l’insuffisance de la démocratie délégative et de la « politique confinée ». « Mais le web reste une immense friche à déchiffrer, on commence seulement à savoir l’interroger, souligne le chercheur du CNRS Dominique Pignon. Il faut, dit-il, ouvrir la grand livre du web et rendre compte de toutes ses expressions. C’est la tâche d’un nouveau journalisme : rendre visible et lisible cette autre réalité » Force est d’admettre qu’avec le développement discret mais fertile des initiatives de débat public, la toile est de mieux en mieux tissée. Elle est aussi plus dérangeante, car elle remplit dans cet espace sa fonction première, celle de contrepouvoir.

« Quand la presse cessera de déranger les importants, il faudra s’inquiéter », disait le philosophe Alain. Telle est l’exigence démocratique des médias : porter les contrepouvoirs, exposer le débat public sur la place , contribuer à améliorer l’exercice des élus sans les lâcher, dresser ces nouvelles cartes de l’information pour être éclairé sur les choix. Rapporter des faits, rester lucide et le plus près de la vérité, exercer l’esprit critique, offrir des outils d’analyse aux lecteurs, apporter du sens ; tel est l’enjeu.

2.2.1 Le webmarketing politique

Barack Obama a remporté les élections présidentielles américaines parce qu’il aurait su utiliser, entre autres,  l’Internet pour en faire un moyen et une tribune favorable à son programme[7].C’est véritablement une OPA sur l’internet et les médias sociaux qu’Obama a fait pour remporter son élection.

Obama a avant tout remporté l’intérêt des jeunes, la génération  internet qui ont grandi avec internet et ne conçoivent pas la vie sans ce média. Cette population est traditionnellement résistante au marketing traditionnel. Obama a donc impliqué ces jeunes en suscitant leurs engagements à très grande échelle.

Une communication participative

Obama aura permis à la population de s’impliquer. Tout le monde peut faire partie de l’équipe de campagne de Barack, grâce à l’Internet le succès est partagé mais aussi les basses taches de campagne électorale.

Dès l’arrivée sur le site barackobama.com on est redirigé vers le mini site pour les dons et ensuite sur le site la fameuse partie Myobama.com qui permet à tout un chacun de trouver son bonheur, que ce soit via youtube, twitter, son propre blog, Facebook ou tout autre média social: Obama est partout.

Pour sa collecte de fonds la méthode Obama a été efficace : au lieu de prendre beaucoup de quelques généreux donateurs il aurait préféré prendre un peu de millions de personnes : pari réussi grâce à la simplicité de donner via son mini site de dons. Obama a fait appel aux techniques du webmarketing. Donner c’est bien,  mais ce qui est meilleur c’est que vos amis donnent et les amis de vos amis, notamment dans les communautés telles que celles des étudiants !

Les webmarketeurs de l’équipe Obama étant très pointus ils ont prévus aussi la possibilité de faire des dons en multicanalité même via son compte youtube en regardant la dernière vidéo de débat de Barack Obama.

 

Barack Obama et John McCain ont vite compris que leurs électeurs se gagnaient sur Google et les moteurs de recherche, ils ont donc profité de l’actualité et son suivi pour attirer de nouveaux prospects.

De l’autre coté  les détracteurs d’obama ont aussi fait appel à des liens sponsorisé des mots clés tels que “barack Obama terrorist” laissant suggérer qu’Obama a des liens avec un terroriste.

Cela a été bien maîtrisé par l’équipe de campagne d’Obama grâce à leur gestion fine de l’e-reputation et la présence multiple d’Obama sur les sites sociaux. En terme de liens :

–       barackobama.com dispose de plus de 3 millions de liens entrants

–       JohnMcCain.com dispose d’un peu plus d’un million de liens

En outre, plus vous avez de pages indexées, plus vous pouvez être potentiellement visible :

–       Le site d’Obama dispose de 11 200 000 pages indexées

–       Celui de John McCain a à peine 14 600 pages indexées
Obama surclasse son concurrent sur les moteurs de recherches (src: Google Trends) mais aussi dans les urnes.

 

Conlusion

BIBLIOGRAPHIE

  • Bernard Lamizet, Communication politique, Institut d’Etudes Politiques de Lyon, cours 2003-2004, P.26
  • CABASINO (F.), Formes et enjeux du débat public, Bulzoni Editore, p. 21-42
  • CARDON (D.) et HEURTIN (J.-P.), « La critique en régime d’impuissance » dans Espaces publics mosaïques, Rennes, PUR, 1999, pp.85-119.
  • CHANIAL (Ph.), Espaces publics, sciences sociales et démocratie, Quaderni, n° 18, p. 63-73
  • CHARTIER (Roger), Espace public et opinion publique, Les origines culturelles de la Révolution française, Paris, Seuil,, 1990, p. 33-52
  • DAHLGREN (Peter), ‘L’espace public et l’Internet, structure et espace de communication’, Réseaux, n° 100, 2000.
  • Eric DARRAS, L’institution d’une tribune politique. Genèse et usages du magazine politique de télévision, CURAPP-CNRS
  • FRANCOIS (B.), NEVEU (E.), Espaces publics mosaïques, Rennes, PUR, 1999., pp. 3-58).
  • HABERMAS, L’espace public, Introd., tr. fr., Payot, p. 13-37 et ch. VI-VII, p. 189-260
  • MISSIKA (J.-L.) et WOLTON (D.), La Folle du logis, Gallimard, p. 303-326
  • OZOUF (Mona), Esprit public, Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1978
  • Wolton, D. (2003). Les journalistes ont-ils encore du pouvoir? Hermès.
  • Woodrow, A. (1991). Information, manipulation. Paris : Editions du Félin.
  • Woodrow, A. (1996). Les médias, 4e pouvoir ou 5e colonne? Editions du Félin.

 

La théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu.

http://www.vie-publique.fr/ecouverte_instit/citoyen/citoyen_3_3_0q2.htm

Le Watergate, texte des émissions de la chaîne Histoire, la télé remue-mémoire. http://www.histoire.fr/pdf/watergatestory.pdf

http://www.histoire.fr/vert/html/watergate4_09.htm

Les médias contribuent-ils au débat démocratique?

http://www.vie-publique.fr/decouverte_instit/citoyen/citoyen_3_3_0_q1.htm

Viveret, P. Capitalisme informationnel et émergence d’une société civique planétaire. Tiré du dossier : Le savoir, un bien public mondial. (Janvier 2000). http://www.freescape.eu.org/biblio/rubrique.php3?id_rubrique=11

Eric DARRAS, L’institution d’une tribune politique. Genèse et usages du magazine politique de télévision, CURAPP-CNRS

La démocratie est-elle le moins mauvais des régimes in http://www.philocours.com/cours/cours-democratiec2.html page créée le 17/08/2003

 http://www.toupie.org/Dictionnaire/Mediacratie.htm

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