Jeudi 8 déc. – Panel I. THEME : « Les mutations technologiques et leurs impacts sur le secteur de la communication » Communication du Pr Yahaya DIABI « Multilinguisme, médias classiques, TIC et développement socioéconomique en Afrique subsaharienne»
Thèmes abordés :
Développement socio-économique moyens de communication et langues nationales en Afrique Subsaharienne
Medias classique et nouveaux usage des langues nationales (multilinguisme) pour le développement socio-économique en Afrique subsaharienne
INTRODUCTION GENERALE
L’information et la communication sont deux concepts inséparables qui ont toujours été combinés dans le temps et l’espace des peuples, des Etats et groupes de nations pour la politique, l’économie, la culture et le social. A cet égard, il n’ya pas de société ou d’Etat organisé (e) sans qu’elle (il) ne prenne en compte les modes, moyens et méthodes de transmission et de circulation, à bon escient, de l’information ascendante , descendante, horizontale et verticale.
La communication de cette information s’articule sur les langues, les moyens d’information (oral, écrit, audio et audiovisuel) à travers la lutte historique des médias. Aujourd’hui, depuis plus de 2 décennies , les Technologies (de l’Information et de la Communication TIC), dernière génération des médias , se présentent comme de nouveaux médias qui sont en passe de se substituer aux médias classiques (presse écrite, radiodiffusion , télévision et cinéma) qui ont toujours été le référentiel pour les leitmotives de développement socio-économique, notamment en Afrique subsaharienne en ayant recours aux langues européennes que sont le français, l’anglais, le portugais et l’espagnol.
L’enseignement dans nombre d’écoles primaires, secondaires et supérieures de pays indépendants au sud du Sahara se fait beaucoup plus dans les langues précitées sauf en Tanzanie où le swahili reste davantage la langue d’éducation à travers tout le système éducatif de ce pays. Et les actions médiatiques de développement de ce même pays ont recours à cette langue arabo-africaine (association de l’arabe et du bantu).
Pour bien appréhender la problématique du développement socio-économique, dans les Etats d’Afrique subsaharienne, des indépendances à nos jours, nous vous proposons, à travers notre sujet, deux axes principaux de réflexion et d’études :
– Le premier s’intitulera :
- Développement socio-économique, moyens de communication et langues nationales en Afrique subsaharienne
– Le second axe de notre réflexion s’articulera autour :
- Des médias classiques et des TIC (nouveaux medias) et l’usage des langues nationales pour la communication de développement socio-économique en Afrique subsaharienne.
I- DEVELOOPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE MOYENS DE COMMUNICATION ET LANGUES NATIONALES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE.
D’entrée de jeu , soulignons ici l’existence de plusieurs types de moyens classiques de communication depuis les années d’indépendance en Afrique subsaharienne sont en usage pour toutes actions de développement socio-économique : supports écrits, radiophonique et télévisuels.
I- 1. les supports écrits de développement socio-économique
Les moyens imprimés d’information sont les plus courants. Ils concernent principalement les publications de presse écrite quotidienne, hebdomadaire ou d’autres périodicités.
En Côte d’Ivoire, avant 1990, toute presse écrite, de toute périodicité, devait s’inscrire dans les actions de développement global. Et les journalistes, dans ces conditions étaient beaucoup plus ‘’des soldats du développement’’ que des ‘’sofas’’ comme ils se présentent depuis 1990 à la faveur du pluralisme politique.
Cette presse écrite de 1960 à 1990, comme vous vous en doutez, était davantage l’écho des mots d’ordre du parti unique de fait qui s’inscrivaient dans un schéma descendant semi-ouvert d’invitation des populations à s’inscrire dans telle ou telle pratique de changement social qualitatif .
Le constat final est alors que les populations cibles des messages de mutation sociale et de modernité en étaient doublement distantes.
En effet, d’une part le support imprimé de la presse écrite est un média auquel elles ne sont pas culturellement habituées, d’autre part, ce dernier véhicule des messages en langue française à laquelle ces populations analphabètes n’ont pas été formées et encadrées. Du coup, il s’ensuit un boomerang de sorte que les objectifs de développement socio-économique n’atteindront jamais leurs nobles objectifs. Il y’a là une véritable distanciation physique et linguistique entre ces populations et la presse écrite, au demeurant exogène, dont les messages de développement les concernent, en principe, au premier chef.
I- 2. Les moyens sonores radiophoniques de développement socio-économique
En revanche, la radiodiffusion sonore, instrument de diffusion collective, s’il en est, s’intègre confortablement dans l’oralité des populations de l’Afrique subsaharienne. De sorte que le professeur André-jean TUDESQ intitulera un de ses ouvrages ‘’ l’Afrique parle, l’Afrique écoute’’
Oui, c’est à juste titre qu’il faut reconnaitre cette réalité socio-culturelle qui n’est pas loin de rejoindre cette autre réflexion du sage Ahmadou Hampaté Bah : ‘’ En Afrique lorsqu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle’’.
Comme vous le voyez, le bouche à oreille de l’oralité qui s’intègre dans le fonctionnement sonore de la radiodiffusion reste le véritable moyen de communication de masse en Afrique subsaharienne.
Et depuis les années d’indépendance dans nombre de ces pays, la radiodiffusion sonore est et reste aussi bien un instrument de maintien au pouvoir ou de conquête de pouvoir, comme un moyen privilégié de véhicule des mots d’ordre de développement socio-économique tous azimuts.
Ici, les messages sont plus diffusés en langues nationales de sorte que les populations ciblées sont plus à même de les comprendre et de les assimiler beaucoup plus facilement que ceux de la presse écrite.
Dans tous les cas, ces messages de développement socio-économique, diffusés aussi bien dans la presse écrite qu’à la radiodiffusion, apparaissent comme des diktats. En ce sens que les populations ciblées n’ont pas été généralement associées à leur élaboration en impliquant et les leaders d’opinion et les prescripteurs d’opinion nationaux et locaux qui sont , en fait d’incitation à la modernisation, les véritables chevilles ouvrières du changement social qualitatif escompté.
Et finalement, la presse écrite comme la radiodiffusion sonore dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne n’ont pas été utilisés à très bon escient, pour booster un développement socio-économique, fondé sur les aspirations profondes des populations analphabètes en langues européennes et marginalisées voire méprisées. Et Mahatma Gandhi dira à cet effet : ‘’Chercher à faire mon bonheur à ma place sans m’y associer au départ, c’est être contre moi’’.
Quand est-il de la télévision du développement socio-économique en Afrique subsaharienne ?
I- 3. La télévision et le développement socio-économique
Le moyen audiovisuel de la télévision à l’instar du cinéma est apparu comme l’instrument de diffusion collective qui aura fasciné les populations d’Afrique subsaharienne. Elle a fini, depuis son expansion de masse, par se substituer au cinéma en diffusant des films de cinéma. Au point que dans les villages et les quartiers populaires des cités urbaines, nous assistons à des groupes de personnes assis devant le petit écran dans les cours communes.
Aussi, la télévision, instrument de pouvoir comme la presse écrite, la radiodiffusion, jusqu’en 1990, était plus contrôlé politiquement par le pouvoir central, mais elle servait aussi de courroie de transition pour les mots d’ordre de développement socio-économique aussi bien en langues européennes (nombre de contenus de ses programmes proviennent du Nord) qu’en langues nationales.
Et comme, nous l’avons souligné plus haut, il s’en suit toujours une distanciation entre les contenus des messages descendants de développement socio-économique et les aspirations profondes des populations cibles ou ciblées. Et cette distanciation est aussi linguistique quand nombre des contenus de messages de développement socio-économique sont transmis en langues européennes.
II- MEDIAS CLASSIQUES ET NOUVEAUX ET USAGE DES LANGUES NATIONALES (MULTILINGUISME) POUR LE DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE.
Les instruments de diffusion collective que sont la presse écrite, la radiodiffusion, la télévision (y compris le cinéma) sont aujourd’hui classés au rang de médias classiques face à l’invention et à l’expansion généralisée et mondialisée des Technologies de l’Information et de la Communication ( TIC) que sont le self-media du téléphone portable et l’ordinateur portable ou fixe miniaturisé en internet, intranet ou extranet
II-1. Médias classiques langues nationales et communication pour le développement socio-économique
Les médias classiques, comme nous l’avons souligné plus haut, n’ont pas été parties intégrantes au développement socio-économique de nombre d’Etat d’Afrique subsaharienne pour les raisons évoquées ci-dessus.
Aujourd’hui, cette Afrique est à la recherche d’un développement socio-économique à la fois endogène en s’appuyant sur les valeurs des langues nationales ou sous-régionales, et exogène en s’ouvrant aux transferts des langues internationales et a ceux des Technologies de l’Information et de la Communication. Pour ce faire, celles-ci devraient, à très bon escient, s’appuyer aussi bien sur le contexte socio-politique ouvert comme sur les langues endogènes, substrats culturels des populations, génératrices, si elles sont écrites et imprimées comme les langues européennes ou orientales, de progrès individuel et collectif, comme l’histoire des peuples d’écriture n’a cessé d’illustrer ( les Latins,les Grecs, les Summériens, les Egyptiens, les Chinois, les Japonais, les Malais, les Indonesiens,les Indiens, et j’en passe).
Les médias classiques dans cette partie de l’Afrique subsaharienne n’ont pu être les miroirs authentiques et dynamiques des valeurs culturelles de nos populations davantage moulées dans des cultures européennes. Les nouveaux médias sont-ils prêts à prolonger les acquis non développementalistes des médias classiques, comme nous l’avons analysé plus haut ?
II-2. Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (nouveaux médias) et la communication pour le développement socio-économique par les langues nationales africaines.
Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), self-médias facilement transportables en tous lieux et en tous temps, sont des instruments scripto-audiovisuels, électroniques, de télécommunication, d’informatique à usages multifonctionnels.
En effet, les TIC, de par leur nature, sont des outils individuels et de masse qui sont susceptibles de se substituer à la presse écrite, à la radiodiffusion, à la télévision et au cinéma.
Dans ces conditions, les pouvoirs, les gouvernants des pays d’Afrique subsaharienne gagneraient, à notre sens, à mettre en place une politique hardie d’alphabétisation des masses et en langues européennes et en langues nationales en vue d’insérer réellement leurs peuples dans la civilisation de l’écriture et de l’imprimé.
Il s’agit, à cet égard, de regarder dans le rétroviseur des peuples qui ont davantage progressé dans leur développement socio-économique national et international. Et il ne sera pas alors exagéré de constater que l’écriture, maitrisée sur des supports de toute nature, donne plus lieu au développement de la connaissance léguée et reprise et révisée par les générations montantes avec plus d’esprit critique et de jugements de réalité. Et c’est cet héritage historique contenu sur des supports au travers d’un système d’écriture qui est et demeure le tremplin fondamental des peuples de progrès constants.
Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) organisées et structurées par des pouvoirs publics sont plus aptes à être aujourd’hui les canaux privilégiés de formation initiale et continue dont les messages seront reçus aussi bien individuellement que collectivement dans les villes et villages de l’Afrique subsaharienne tant en langues nationales que locales. Ce qui, a notre sens, fera des messages de développement socio-économique des référentiels adéquats et justes en ce sens qu’ils auront été les reflets des préoccupations à la base des populations. Ainsi, nous tendrons à un mouvement acceptable de changement social qualitatif, engendré davantage par ce processus ascendant de prise en compte des désidératas des populations communiqués dans leurs langues, dans la perspective de leurs propositions sur des modèles appropriés relatifs à leur modernisation constante.
Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), sont certes aujourd’hui des moyens de révolution socio-politique comme en Tunisie, en Egypte, au Yémen, ou ailleurs dans le monde, mais elles sont aussi et surtout des instruments à utiliser au mieux pour l’alphabétisation en vue du développement socio-économique à hauteur des cultures endogènes d’Afrique subsaharienne.
Pour atteindre cet objectif , les gouvernants des Etats d’Afrique subsaharienne, à notre sens, à tous les niveaux du système scolaire et universitaire ont une responsabilité historique : celle de recourir aux TIC comme le nouveau Bic et le nouveau support écrit pour engendrer un développement socio-économique émergent à l’instar de celui de la deuxième puissance économique du monde qui est la Chine, naguère a classée parmi les pays du Sud en voie de développement socio-économique.
La Chine Populaire, pour arriver à ce haut niveau de développement national et international, n’est pas restée enfermée sur ses acquis socio-culturels endogènes, elle à dû s’ouvrir au monde occidental développé par la maitrise de son écriture et par le renouvellement constant de la science et de la technique apprise ça et là à l’instar du japon qu’elle a aujourd’hui détrôné.
II-3. Complémentarité indispensable entre Médias classiques et TIC pour un développement intégré fécond et fécondant en Afrique subsaharienne
Le multilinguisme dans chaque Etat d’Afrique subsaharienne est en réalité une richesse pour chacun des Etats où il y a toujours une langue dominante dans un ensemble de cantons, de pays, de régions où de provinces.
Les radiodiffusions locales, les télévisions nationales voire locales ne seront pas exemptées de recourir dans leurs programmes à l’essentiel de ce riche multilinguisme. La nouvelle presse écrite en langues nationales, par l’apport et l’appui des TIC, devrait accompagner les pouvoirs publics dans leur volonté de booster constamment le développement socio-économique par des messages appropriés en langues endogènes, inspirés et adaptés à partir des documents exprimer en langues européennes.
Et c’est cette complémentarité entre langues nationales africaines et langues européennes qui se présentent aujourd’hui comme un couple harmonieux, facilitateur, à bon escient, du développement socio-économique de nombre de nos pays d’Afrique subsaharienne.
Le miracle grec est bien issu de la synthèse entre la culture égyptienne antique et celle des grecs eux-mêmes. Il n’y a donc pas, à travers toute l’histoire de l’humanité des peuples qui aient progressé en s’enfermant sur eux-mêmes.
La complémentarité linguistique, est donc un ferment de renaissance culturelle. De sorte que cette complémentarité ne sera pas seulement linguistique, elle sera également fondée sur la conjugaison dans l’usage des médias classiques et des nouveaux médias pour ne pas tomber dans la contradiction entre Marshall McLuhan et Robert ESCARPIT. En effet, le premier présentait les médias électroniques audiovisuels, comme la panacée pour tout résoudre, quant au second, les médias écrits et imprimés sont éternellement irremplaçables et facteurs constants de progrès des individus et des peuples .
CONCLUSION GENERALE
Le développement socio-économique en Afrique subsaharienne, des années d’indépendance à 1990, à été largement directif en ce qu’il a été davantage descendant de la part des pouvoirs publics. Les médias classiques ont été les miroirs de cette réalité de système politique clos ou relativement semi-clos. Et , aujourd’hui à l’ère de la démocratie pluraliste, du multilatéralisme et de la mondialisation , caractérisés par plus de démocratie à la base et d’ouverture au monde, les médias classiques et les Technologies de l’Information et de la Communication en s’appuyant sur la combinaison des langues nationales et européennes, sont enclins à contribuer à la Renaissance d’une Afrique subsaharienne dont l’émergence socio-économique passera fondamentalement par la symbiose rationnelle entre les langues nationales ou locales et les langues européennes adoptées pendant la colonisation.
Cette complémentarité n’est pas sans souligner l’exemple du swahili en Tanzanie qui est une langue de culture, d’éducation et de développement socio-économique, adoptée depuis l’indépendance de ce pays subsaharien par le Mwalim Julius Nyerere, premier président de ce pays.
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