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Vœux de nouvel an : la Primature sacrifie à la tradition

6 janvier 2020 – 16 h 16 min Commentaires fermés sur Vœux de nouvel an : la Primature sacrifie à la tradition | 2 061 views

Le personnel de la Primature a présenté ses vœux de nouvel an au Premier Ministre son Excellence Monsieur Christophe Joseph Marie DABIRE ce lundi 06 janvier 2020 à Ouagadougou. Les collaborateurs du Chef du Gouvernement …

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Chroniques du Gouvernement: Pour une viande de qualité et accessible à tous

Soumis par par 28 décembre 2011 – 12 h 35 minPas de commentaire | 3 240 views

Depuis le début de l’année 2007, on assiste à une hausse générale des prix de produits de première nécessité dont la viande. L’indice des prix de produits alimentaires est passé de 139 à 219 entre 2007 et 2008. Qu’est-ce qui explique le phénomène ? Quelles en sont les conséquences sur les populations et que peut-on faire pour réguler les prix ?

Le Burkina Faso possède un important cheptel de ruminants domestiques. Ce cheptel est en constante croissance numérique, avec un taux d’exploitation assez appréciable.

Pour comprendre et expliquer l’envolée des prix des viandes, il est nécessaire de passer en revue les circuits de transformation et de commercialisation des produits animaux et l’organisation des opérateurs de la filière.

Il existe pour tous les produits animaux, deux types de circuits de mise sur le marché: une « filière courte », c’est-à-dire avec peu d’intermédiaires ou  sans intermédiaires et une « filière longue ».

Les filières courtes assurent l’approvisionnement de proximité, l’autoconsommation, le ravitaillement direct des centres urbains. Ces filières courtes échappent en partie, aux contrôles, tant d’un point de vue sanitaire, que statistique et fiscal.

Les filières longues correspondent aux transactions d’animaux passant sur les marchés à bétail et dans les abattoirs. Elles assurent notamment, l’essentiel de l’exportation et des abattages contrôlés.

De façon générale, les transactions de commercialisation du bétail au Burkina Faso se déroulent au niveau de différents marchés classés en 3 grandes catégories : les marchés de collecte, les marchés de regroupement et les marchés terminaux. C’est surtout dans cette dernière catégorie de marchés que les bouchers achètent les animaux pour les abattre et commercialiser leur viande dans les grands centres urbains.

Les marchés de collecte sont généralement localisés dans les grandes zones d’élevage, au niveau des sites de production et offrent des prix intéressants. Le bétail vendu à ce niveau est constitué des animaux, généralement  admis à la réforme : femelles hors âge ou stériles, animaux affaiblis ou malades, des mâles castrés, de jeunes taurillons de faible ou mauvaise valeur, des bovins de trait en fin de carrière. Les bouchers sont rares sur les marchés de collecte, bien qu’on en trouve, particulièrement qui s’intéressent aux petits ruminants.

Les marchés de regroupement se situent au sud des zones de production, le plus souvent dans des centres urbains « carrefour« , ou dans les zones propices, aux abords des grands axes routiers ou de la voie ferrée. Sur ces marchés de regroupement, les bouchers locaux sont à l’affût des sujets malades, accidentés ou affaiblis qu’ils achètent à bas prix et abattent pour la consommation locale. On y trouve un grand nombre de camions (non aménagés) qui assurent le transport du bétail (bovin et petits ruminants). Ces moyens de transport ne sont pas adéquats pour acheminer les animaux de boucherie dans de bonnes conditions vers les marchés terminaux.

Les marchés terminaux sont situés à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Pouytenga et Fada- Gourma. Ils sont fréquentés par les commerçants de bétail, les grands bouchers, les apprentis bouchers et les charcutiers.

Dans le circuit de la commercialisation du bétail, les bouchers se situent essentiellement, au niveau des marchés de regroupement et des marchés terminaux.

Des circuits d’abattage des animaux

En ce qui concerne les circuits de l’abattage, il faut souligner que la demande nationale en viande d’animaux domestiques (bovins, ovins et caprins) est couverte par les abattages officiellement contrôlés dans les abattoirs, les abattages rituels, les abattages familiaux (mariages, baptêmes, funérailles, etc.) et les abattages clandestins.

Les petits bouchers qui achètent les animaux dans les marchés de regroupement abattent peu de têtes pour ravitailler la population des localités où ils résident. Certains disposent de clients sûrs et réguliers (garnisons de l’armée, sociétés d’exploitation aurifère) et peuvent par conséquent, acheter régulièrement 5 à 6 bovins et une trentaine de petits ruminants chaque jour de marché. Par contre, dans les marchés terminaux, il existe de grands bouchers qui abattent un nombre important de bovins et de petits ruminants. Cette viande est livrée à des gros clients (restaurants, hôtels, charcuteries, armée, universités, hôpitaux etc.), et aux petits bouchers, apprentis bouchers qui la vendent aux consommateurs sur les différents marchés de quartiers, ainsi qu’aux grilleurs et rôtisseurs.

Les bouchers ont à leur disposition, différents types d’abattoir, à travers le territoire national qui sont : les abattoirs frigorifiques dans les villes de Ouagadougou (20 000 tonnes par an), Bobo-Dioulasso (2 500 tonnes par an), Dédougou (5 000 tonnes par an) ; des abattoirs secondaires et abattoirs séchoirs dans d’autres villes. Dans certaines localités par contre, on y trouve  soit des abattoirs de brousse soit des tueries.

S’agissant des circuits de commercialisation de la viande, il faut indiquer qu’après l’abattage, il y a très peu de transformation alimentaire proprement dite au-delà de la viande fraîche issue des abattoirs. Cela est dû, d’une part, à une non maîtrise des techniques par les professionnels, mais aussi d’autre part, à des habitudes culturelles et culinaires locales et au faible pouvoir d’achat des consommateurs. La viande du Burkina Faso est très peu exportée, l’essentiel des exportations se faisant sous la forme d’animaux vivants.

Seuls les abattoirs frigorifiques de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso peuvent assurer la livraison de la viande fraîche avec des camions frigorifiques au niveau des boucheries et marchés urbains. Le recours à ces camions n’est pas obligatoire et les bouchers qui le souhaitent, peuvent enlever eux-mêmes leurs carcasses, à l’issue de l’inspection vétérinaire. Dans ces conditions, au niveau de toutes les catégories d’abattoirs, plusieurs types de moyens de transport sont utilisés : pick-up bâchés, fourgonnettes, charrettes asines, brouettes, bicyclettes, vélomoteurs et motos, etc. Les viandes sont entreposées à même le fond du véhicule ou sur un simple plastique, puis recouvertes avec une bâche usagée.

Pour la vente de leur viande, les bouchers disposent de plusieurs supports et cadres dont la qualité et l’envergure varient en fonction de l’assise financière des acteurs, de la clientèle visée et des zones géographiques. Ainsi on aperçoit : des boucheries traditionnelles dans pratiquement tous les villages et quartiers périphériques des grandes villes. La viande  y est vendue par tas et le prix fixé selon le bon vouloir du boucher, des boucheries aménagées et des étals de vente couverts au niveau de certains marchés urbains; à ce niveau, la viande est vendue par tas et le prix est fixé selon le bon vouloir du boucher ou par kilogramme, souvent avec un trucage de l’unité de mesure, des charcuteries modernes dans les deux plus grandes villes         (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso); à ce niveau, la viande est vendue au poids et le prix est souvent jugé élevé, mais expliqué par la qualité du produit.

L’organisation de la filière

Le commerce du bétail vivant est émaillé de plusieurs acteurs intermédiaires qui forment une chaîne continue composée de : collecteurs, convoyeurs à pied ou bergers, marchands, acheteurs – vendeurs ou « marchands de bétail », acheteurs – vendeurs intermédiaires ou courtiers ou négociants, intermédiaires logeurs, transporteurs (camions), marchands exportateurs, charcutiers, grands bouchers, petits bouchers.

Tous les professionnels de la viande qui ont recours aux services des différents abattoirs sont des bouchers. Mais, dans la pratique, on les distingue en :

grands bouchers : ce sont des opérateurs qui abattent un grand nombre d’animaux. Ils livrent à crédit, de très court terme, un tonnage important de viande à plusieurs apprentis bouchers ;

apprentis bouchers : ils prennent de la viande à crédit chez les grands bouchers pour vendre en détail dans les étals des marchés de quartiers ;

bouchers détaillant abattant : ils opèrent pour leur propre compte, de l’achat de l’animal à la vente de la viande aux consommateurs ;

les grilleurs : on les rencontre surtout en ville et quelques fois, dans certains villages. Ils grillent essentiellement, des morceaux de viande de petits ruminants et des brochettes ;

les charcutiers : ce sont des professionnels qui se trouvent dans les villes au niveau des supermarchés. Ils traitent la viande pour une clientèle particulière.

Tous les acteurs de la filière se sont regroupés dans plusieurs organisations (groupements, associations, syndicats..) pour défendre leurs intérêts. Ces organisations se sont fédérées en plusieurs unions nationales. Les producteurs, les commerçants et les transformateurs travaillent actuellement à créer des interprofessions, afin de mieux défendre la filière.

Les raisons de l’envolée des prix de la viande

L’envolée des prix de la viande dans notre pays est totalement dépendante de celle des animaux. Pendant les années antérieures à 2007, on a assisté à une fluctuation des prix des animaux avec des hauts et des bas. Cette fluctuation est devenue spectaculaire entre 2007 et 2008. A titre d’exemple, le pic des prix de taureau était de 166 700 FCFA entre 2000 et 2006 contre 228 179 CFA en 2007 et 319 537 FCFA en 2008. Le prix d’un bélier était de 44 000 FCFA entre 2000 et 2006 contre 57 456 FCFA en 2007 et 61 632 FCFA en 2008.

Une des raisons de cette hausse est vraisemblablement la hausse du prix du pétrole qui a entraîné la hausse des prix de transport et par conséquent, la hausse des prix des intrants.

D’autres phénomènes ayant entraîné des mortalités massives d’animaux entre 2004 et 2006 (grippe aviaire, peste porcine africaine) sont aussi à incriminer. Face à une telle situation, les tendances des acteurs à l’exportation pénalisent les consommateurs internes.

La principale conséquence est la baisse de la demande des populations en produits carnés, suite à un changement d’habitudes alimentaires. Il y a eu plus d’intérêt pour le poisson de mer plus accessible, du point de vue du rapport coût / quantité. Pour réguler les prix, des mesures incitatives à l’utilisation d’intrants locaux pour réduire les charges de production sont à encourager (cultures fourragères…). Des recherches dans la valorisation des potentialités locales en matière de savoirs, de savoir-faire, de produits alimentaires et de pharmacopée vétérinaire sont à encourager.

En attendant, la viande, autrefois un produit accessible au grand nombre, tend à devenir un luxe pour certains.  Une meilleure organisation de la filière s’impose. Cela passe nécessairement, par la maîtrise des circuits de la commercialisation, une meilleure organisation des acteurs de la filière, l’instauration d’unités de mesure uniformes pour la vente de la viande, etc.

Ministère des ressources animales

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