Flash Info
prev next

à La Une »

Vœux de nouvel an : la Primature sacrifie à la tradition

6 janvier 2020 – 16 h 16 min Commentaires fermés sur Vœux de nouvel an : la Primature sacrifie à la tradition | 786 views

Le personnel de la Primature a présenté ses vœux de nouvel an au Premier Ministre son Excellence Monsieur Christophe Joseph Marie DABIRE ce lundi 06 janvier 2020 à Ouagadougou. Les collaborateurs du Chef du Gouvernement …

Lire l'article »
Actualités

Grands dossiers gouvernementaux

Chronique du Gouvernement

Chronique du Gouvernement du Burkina Faso

Conseil des Ministres

Ordre du jour et compte Rendu du conseil des Ministres

Les communiqués gouvernementaux

Les communiqués venant du SIG.

Le calendrier gouvernemental

Suivi de l’ensemble des activités gouvernementales.

Acceuil » à La Une, Actualités, Chronique du Gouvernement

CHRONIQUE DU GOUVERNEMENT : Où va l’argent de la croissance ?

Soumis par par 9 novembre 2011 – 6 h 03 minPas de commentaire | 3 710 views

 

La question « Où va l’argent de la croissance ? » pose la problématique de la répartition de la richesse nationale créée. Elle préoccupe plus d’un burkinabé dans la mesure où malgré la croissance observée sur plus d’une décennie, une bonne partie de la population ne dispose pas du minimum pour la satisfaction de ses besoins de base. Il est donc naturel que les populations s’interrogent sur la destination de la richesse nationale. Certes, la préoccupation de savoir « Où va l’argent de la croissance » est légitime, en ce qu’il ne s’agit pas d’une richesse privée mais de la richesse de toute la nation.

 Toutefois, cette question laisse percevoir quelques ambigüités sur la notion même de la croissance, lesquelles ambigüités fondent les multiples préjugés des populations sur la répartition de la richesse nationale. Il est donc important de définir au préalable la notion de « croissance » afin de mieux éclairer les populations sur « ce qu’est la croissance » et « ce que la croissance n’est pas ».

 1- La notion de croissance

 Ce qu’est la croissance La croissance économique mesure l’évolution de l’activité économique d’un pays sur une période donnée. Elle correspond pour une nation à l’augmentation de la production globale, qui s’entend celle de toutes les unités économiques présentes dans le pays. Plus précisément, elle traduit la richesse supplémentaire créée dans un pays d’une année à l’autre. A titre illustratif, si l’on suppose que le secteur agricole passe d’une production en valeur de 100 milliards de francs CFA en 2010 à 110 milliards de francs CFA en 2011, alors le secteur agricole aura ainsi créé une richesse supplémentaire de 10 milliards de francs CFA (analyse en valeur) et de 10% (analyse en pourcentage). On dira donc que le secteur agricole a une croissance de 10% sur la période 2010-2011. En appliquant le même raisonnement à tous les secteurs et en additionnant la richesse supplémentaire créée par l’ensemble des secteurs d’activités (secteur primaire, secondaire et tertiaire) ou l’ensemble de la population (entreprises, producteurs des secteurs informel et agricole…), on obtient la croissance économique de tout le pays. En somme, à travers la croissance, on tente de mesurer l’accroissement de la richesse de l’ensemble des acteurs de la nation d’une année à une autre.

 Ce que la croissance n’est pas

 Il importe de préciser que la croissance, contrairement à une idée largement répandue à tort, n’est pas forcément de « l’argent liquide » ou de « l’argent frais » disponible ou encore de l’argent à la disposition de l’Etat. Définie comme la somme des améliorations de la production de tous les agents économiques, elle peut s’exprimer pour une bonne partie en termes de volume, par exemple la production de mil, de sorgho, de maïs, etc., directement consommée par les agriculteurs. De ce fait, la croissance économique peut être de la richesse en nature et non pas de « l’argent frais » disponible. La croissance n’est pas non plus forcément de l’argent à la disposition de l’Etat car la richesse générée est d’abord une propriété des agents économiques qui l’ont créée, et dont l’Etat n’en prélève qu’une portion pour ses besoins de redistribution. Après avoir défini la croissance, il est important de montrer les mécanismes de répartition de ses fruits.

 2- la répartition de la croissance La problématique de la répartition des richesses créées est une question relativement complexe qui continue d’alimenter les débats tant au sein des populations qu’entre praticiens et chercheurs. Cette complexité tient notamment aux interactions entre la croissance et la répartition des richesses. Tout d’abord, pour qu’il y ait répartition de richesses il faut qu’il y ait création de richesses et donc croissance économique. A l’inverse, la répartition joue aussi un rôle sur la croissance qui est, entre autres, le résultat d’une répartition des richesses. Autrement dit, une bonne répartition des richesses est un facteur essentiel de motivation à même de générer plus de croissance économique. Qui doit donc être le plus motivé pour favoriser la création de richesses ? A ce niveau, deux courants s’opposent : Pour le premier courant de pensée, la répartition devrait favoriser le facteur travail en mettant l’accent sur les salaires de tous ceux qui travail. En effet, des salaires plus importants stimuleraient plus de demande de biens produits et donc à l’incitation à la production qui aboutirait plus de croissance économique. Pour le second, la répartition devrait mettre l’accent sur le facteur capital en rémunérant mieux les chefs d’entreprises, c’est-à-dire les agents économiques à la base de la création de la richesse, les motivant à entreprendre davantage et à créer d’autres sources de revenus supplémentaires.

 Les types de répartition de la richesse créée Globalement, on distingue deux (02) modes de répartition des fruits des richesses :
la répartition primaire ou directe et la répartition secondaire ou redistribution.

 • La répartition primaire correspond à la rémunération des agents économiques ayant participé à la création de la richesse. Elle se fait directement au sein des entreprises entre les actionnaires, les travailleurs, l’Etat et l’entreprise à travers respectivement le paiement des dividendes, des salaires, des impôts et taxes et l’amortissement qui permet le renouvellement des investissements pour le développement de l’entreprise. Dans le cas spécifique du secteur agricole, la force de travail est généralement celle de la famille. De plus, contrairement aux autres secteurs, le secteur agricole notamment l’agriculture de subsistance ne fait pas l’objet de taxation de la part de l’Etat. Par conséquent, toute la croissance générée est la propriété du ménage qui l’utilise selon ses besoins. Au sujet du prélèvement fiscal opéré par l’Etat, sur la période 2000-2010, les impôts et taxes n’ont représenté que 12% de la richesse nationale créée. Il est donc important de remarquer que l’essentiel de la croissance économique générée reste aux mains des acteurs qui l’ont produite, à savoir les entreprises et les producteurs individuels.

 • Quant à la répartition secondaire ou la redistribution par l’Etat, elle vise à modifier la première, dans le but de réduire les inégalités de revenus entre les couches sociales et de favoriser plus de justice sociale. L’impôt y joue un rôle important, les impôts et taxes prélevés sur la richesse créée permettant de financer aussi bien le fonctionnement des administrations que les interventions publiques aux profits des populations. Les dépenses courantes de l’Etat comprennent pour une grande part des salaires dont le niveau reflète bien son rôle de plus gros pourvoyeur d’emplois au Burkina Faso. A ce titre, il contribue énormément à la résorption du chômage et à la lutte contre la pauvreté. En 2010 par exemple, plus de 245 milliards de francs CFA ont été distribués en termes de salaires. En outre, l’Etat a procédé à la distribution de manuels scolaires aux élèves dans le cadre de la gratuité de l’éducation de base et pourvu les cantines scolaires. Des efforts notables sont perceptibles également au niveau de la santé à travers la prise en charge partielle ou totale des soins d’urgence, des accouchements, de certaines maladies et des opérations de vaccination à caractère national. Par ailleurs, en vue de dégager plus de ressources à consacrer aux investissements, des efforts sont déployés en vue de rationaliser les dépenses de fonctionnement à travers un meilleur contrôle de l’utilisation des véhicules de l’Etat, des consommations d’eau et d’électricité.

 S’agissant des investissements, l’Etat y consacre une part importante de ses ressources à travers le financement des infrastructures sociales de base et de soutien à la production. Au niveau des secteurs sociaux de base que sont l’éducation de base et la santé, les efforts de l’Etat portent sur la construction d’écoles et d’infrastructures sanitaires. Les secteurs de soutien à la production ne sont pas en reste avec les nombreux chantiers de bitumage de routes, de pistes rurales et de barrages ainsi que l’aménagement de périmètres irrigués. Les fruits de la croissance prélevés par l’Etat à travers les impôts et taxes servent donc à financer notamment des dépenses de soutien à la production dans le but d’obtenir plus de richesse mais aussi les différentes actions de développement au profit des populations. La question qui reste posée, est pourquoi la pauvreté persiste malgré la croissance et les multiples efforts fournis par l’Etat ?

 3- Croissance et pauvreté Malgré le niveau de croissance relativement soutenu, la pauvreté continue de peser lourdement sur les populations. Plusieurs facteurs couramment évoqués peuvent expliquer une telle situation. Toutefois, l’essentiel peut se résumer à la faible qualité de la croissance économique due aux raisons suivantes :

 la faible mécanisation du système de production agricole ;
la forte dépendance de l’économie à l’égard des conditions naturelles ;
la forte dépendance à l’égard du reste du monde ;
la forte poussée démographique qui annihile les gains de croissance ;
le faible taux d’alphabétisation des populations notamment rurales peu enclin au changement de comportement ;
la faiblesse de la communication ;
le mauvais réinvestissement des revenus obtenus de la part des populations.

 En examinant l’ensemble de ces facteurs, la responsabilité et le rôle de l’Etat apparaissent importants dans l’explication de la situation de pauvreté dans laquelle vivent les populations. En effet, l’Etat ayant un rôle d’orientation et d’impulsion devrait adopter les politiques de développement économiques et sociales les plus adéquates pour infléchir les tendances défavorables. Il lui revient donc de revoir ses politiques économiques et sociales afin de créer plus de richesses et lutter durablement contre la pauvreté. Toutefois, cette responsabilité de l’Etat ne doit pas occulter celle de chaque agent économique (chaque citoyen). En effet, un facteur important de l’amélioration continue de la richesse et par conséquent de la lutte contre la pauvreté, est « l’attitude de chaque agent économique ou de chaque citoyen face aux ressources dont il dispose, si minimes soient elles ». Comme indiqué plus haut, l’Etat ne prélève chaque année qu’une faible part des richesses générées dans le but de motiver davantage les créateurs de richesses et susciter une croissance plus forte les années à venir.

 La grande portion de ces richesses reste aux mains des agents économiques. Le renforcement de la croissance et donc de la richesse dépend énormément de l’utilisation de la part de richesse détenue par chaque agent économique. Si ces ressources sont bien investies, la conséquence devrait être un renforcement de la croissance économique à court, moyen et long termes. A l’inverse, si cette richesse est mal utilisée, la croissance demeurera faible pour les années à venir. La responsabilité de la croissance étant partagée, le citoyen doit, par ses attitudes, accompagner l’Etat dans la création de richesses et de l’emploi à travers une utilisation optimale de ses ressources, en les canalisant bien entendu vers la création d’unités de production.

 4- Stratégies pour une croissance pro-pauvre : de la responsabilité de tous les acteurs Conscient de sa responsabilité dans la création de richesses et la lutte contre la pauvreté ainsi que des limites de certaines politiques économiques et sociales jusque là appliquées, l’Etat a adopté une Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) en 2010. « L’objectif global de la Stratégie est de réaliser une croissance forte, soutenue et de qualité, génératrice d’effets multiplicateurs sur le niveau d’amélioration des revenus, la qualité de vie de la population et soucieuse du respect du principe du développement durable ». L’ambition de croissance du Gouvernement est de réaliser un taux de croissance moyen de 10% sur la période 2011-2015. Le modèle de croissance accélérée proposé est basé notamment sur :

 la promotion des pôles de croissance (exemple du projet de pôle de croissance de Bagré qui offre plus de 500 000 ha de terres irrigables et pour lequel le Burkina Faso a reçu actuellement un financement de près de 57 milliards de FCFA) ;

 le développement des filières de production et la promotion des niches et des grappes d’entreprises (oléagineux, céréales, fruits et légumes, etc.) ; Toutes les actions à mener dans le cadre de la SCADD viseront surtout à promouvoir une croissance pro-pauvres, c’est-à-dire qui profite aux couches sociales vulnérables. Ces actions seront ciblées sur les secteurs sociaux et viseront la création d’emplois et l’augmentation des revenus des secteurs identifiés comme prioritaires notamment, le secteur agricole, le secteur des infrastructures et le secteur de l’artisanat qui sont les domaines de concentration par excellence des populations les plus pauvres et des personnes vulnérables. Ainsi, tout en accélérant la croissance, nous réduirons les inégalités pour assurer une croissance équitable. Il est important de rappeler que le changement souhaité ne passera pas seulement par un changement de stratégie au niveau étatique.

 S’il est vrai que l’Etat doit renforcer son système de gouvernance, il est également évident que, pour plus de croissance, les efforts de l’Etat doivent être accompagnés par le secteur privé et les populations dans leur ensemble (producteur individuel et travailleurs). Il faut résolument adopter une posture optimiste et se donner les moyens d’atteindre ses ambitions. Au niveau du secteur privé, les entreprises devront s’orienter vers des investissements novateurs et porteurs de croissance. Au niveau individuel, les populations doivent se départir des attitudes ou comportements qui limitent non seulement la croissance mais aussi ses effets, en canalisant mieux leurs ressources vers les meilleurs créneaux. En conclusion, l’on peut dire que la croissance a plusieurs dimensions (valeur, volume) et est le fait de tous les agents économiques qui à divers degrés y contribuent, les plus grands acteurs étant le monde de l’entreprise. L’Etat joue un rôle à part entière dans la dynamique de la croissance, à travers ses interventions de stimulation (incitations, grands travaux, etc.). A travers ses prélèvements sur la croissance à des fins de redistribution, il participe à la lutte contre la pauvreté et, par conséquent, au maintien de l’équilibre social. Critiqué par tous, mais toujours sollicité pour faire plus, il est un acteur incontournable dans le processus de création de richesses.

 

Ministère de l’Economie et des finances

Print Friendly, PDF & Email

Plus d'articles:

izmir web tasarim genital estetik