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Le Burkina Faso en bonne voie pour maximiser les retombées socio-économiques du secteur minier

23 octobre 2019 – 8 h 22 min Pas de Commentaire | 48 views

Le Premier ministre Christophe Joseph Marie DABIRE a marqué de sa présence à deux grands évènements de référence destinés à attirer des investisseurs au Burkina Faso. Il s’agit respectivement de la 4ème édition de la …

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• Discours du Premier ministre sur la situation de la nation

Soumis par par 13 octobre 2011 – 17 h 24 minPas de commentaire | 8 385 views

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les  Députés,

 Vous comprenez mon émotion, tout l’honneur et le privilège que je ressens en m’adressant pour la première fois à votre prestigieuse Assemblée.

En me présentant  devant vous, honorables députés, je n’ai d’autres ambitions  que de m’acquitter d’un devoir républicain : celui de vous rendre compte de la gestion des affaires de l’Etat, conformément à l’esprit de notre Constitution.

C’est en ma qualité de Chef de gouvernement, et au nom du principe d’imputabilité si cher à la bonne gouvernance, que j’ai l’honneur et le privilège d’accéder à cette tribune. Je voudrais pour ce faire, Excellence Monsieur le Président et honorables députés,  solliciter votre indulgence si le bilan tel que présenté  ne répondait pas à toutes vos attentes.

Avant tout propos, je voudrais vous adresser mes salutations distinguées et mes chaleureuses félicitations pour l’immense travail législatif que vous n’avez cessé d’abattre  depuis le début de cette législature.

L’expression de ma satisfaction pour le travail ainsi accompli serait bien incomplète, si je n’accordais pas tout particulièrement à vous, Monsieur le Président, une mention spéciale pour la maîtrise avec laquelle vous assurez la direction de cette auguste Assemblée.

Mes compliments vont aussi aux autres membres du bureau de l’Assemblée qui vous assistent dans cette noble et exaltante charge.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 Mon adresse à votre auguste Assemblée m’offre également l’agréable occasion de réitérer mes sentiments de profonde et sincère gratitude au Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE qui a bien voulu m’appeler aux fonctions de Chef de gouvernement de notre pays.

Avec humilité certes, je n’en ressens pas moins une fierté et un honneur de conduire l’action du gouvernement  sous son leadership éclairé.

En cet instant solennel, je voudrais donc lui exprimer toute ma reconnaissance et toute  mon admiration  et lui affirmer ma loyauté et ma totale disponibilité à l’accompagner dans cette difficile mais combien digne mission d’édification d’un Etat démocratique, moderne et aspirant légitimement à l’émergence économique.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Ce discours sur la situation de la nation qui aurait dû intervenir depuis le premier trimestre 2011, n’eût été les évènements que nous avons connus, sanctionne le dernier bilan du pacte politique et social, « le progrès continu pour une société d’espérance », que Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE a noué avec le peuple burkinabè en 2005 et dont le programme actuel « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent » n’est qu’un logique continuum.

C’est pourquoi, en ce moment précis, je voudrais rendre un hommage à mes devanciers qui se sont tous illustrés par la compétence avec laquelle ils ont accompli leur mission dans  des contextes souvent difficiles. Je voudrais saluer en particulier mon  prédécesseur et ami  Son Excellence Monsieur  Tertius ZONGO, qui pendant près de quatre ans durant a œuvré, auprès du Président du Faso, à la concrétisation de ce programme.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Pays connu pour sa stabilité politique et institutionnelle, sa paix sociale et la maturation progressive de son processus démocratique depuis l’avènement  de l’Etat de droit en 1991, notre pays le Burkina Faso a été confronté au cours des mois de février à juin 2011 à une crise sociale sans précédent qui a troublé la quiétude sociale, ébranlé les institutions républicaines et nos certitudes, remis dangereusement en cause l’autorité de l’Etat et la sécurité collective du pays. L’image du Burkina Faso, forgé au fil des années et au prix de nombreux sacrifices, en a été, malheureusement affectée, tant au plan régional qu’à l’échelle internationale. Les troubles ont inquiété les partenaires du Burkina Faso et surpris les autres pays de la sous-région.

Cette crise s’est notamment traduite par des manifestations d’élèves et étudiants et de militaires dans plusieurs localités du pays et a entrainé des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.

Je voudrais avoir en cet instant une forte pensée pour toutes les victimes de ces évènements et pour toutes leurs familles. Puissent les âmes des personnes qui ont perdu la vie reposer en paix. Puissent  ceux qui ont été blessés dans leurs chairs ou ont subi des traumatismes de toutes sortes trouver ici nos mots de réconforts les plus sincères. Je pense en particulier à toutes les femmes qui ont été touchées dans leur intimité par des hommes sans foi, sans moral et sans loi. Je voudrais les rassurer que les investigations se poursuivent sur les auteurs de ces barbaries, et qu’ils répondront de leurs actes crapuleux devant la justice.

Nous pensons aussi, à toutes celles et à tous ceux qui ont perdu leurs biens. Malgré  l’appui de l’Etat, certains pourraient   ne pas se relever de si tôt.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Pour bien saisir la portée et les limites de l’action de mon gouvernement   depuis sa formation le 20 avril 2011 il importe d’apprécier au préalable la juste mesure de la crise que nous avons  vécue au cours du premier semestre de l’année en cours.

Cette crise, qui a éclaté  dans un environnement  international et régional marqué par des bouleversements sociaux et des mouvements de contestation dans plusieurs pays, nous invite, tout naturellement, à réfléchir sur ses causes profondes et à envisager des mesures audacieuses et utiles à moyen et à long terme pour préserver les acquis politiques, économiques et socioculturels de notre pays.

Malgré la violence des manifestations des jeunes, et  malgré l’intensité des  mouvements sociaux,  les mutineries des militaires et des policiers, intervenues dans plusieurs garnisons de notre pays, ont été le fait marquant de cette crise.

Alors que des négociations étaient en cours pour la réouverture des universités et le retour à la normale dans les lycées et collèges, un groupe de militaires du Camp Sangoulé Lamizana de la ville de Ouagadougou, protestant contre une décision de justice qui condamnait cinq des leurs pour des problèmes de mœurs, sont descendus dans la rue dans la nuit du 22 au 23 mars 2011. Tirant des coups de feu en l’air et pillant des commerces, ils entendaient dénoncer ce qu’ils ont considéré comme une injustice à l’égard de leurs camarades, et exiger leur libération immédiate.

Dans la nuit du 30 au 31 mars 2011, des soldats du Régiment blindé de la garnison de Fada N’Gourma, imitant leurs camarades de Ouagadougou, sont allés libérer de prison un des leurs condamnés deux mois plus tôt par les tribunaux pour agression sur mineure. Le 31 mars, ils sont descendus dans les rues et ont tiré des coups de feu en l’air, pillé des commerces, dépouillé des passants de leurs biens, avant de faire mouvement vers les villes de Koupéla et de Tenkodogo où ils ont perpétré les mêmes actes.

Ces manifestations de militaires se sont progressivement étendues à d’autres garnisons du pays, se transformant ainsi en de véritables mutineries, dont les plus importantes sont :

–   les manifestations de soldats du Régiment de sécurité présidentielle, dans la nuit du 14 au 15 avril 2011 dans la ville de Ouagadougou ;

–   les manifestations simultanées de policiers dans plusieurs villes notamment à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma, Banfora, Tenkodogo, Kaya et Dédougou, dans la nuit du 27 au 28 avril 2011 ;

–   les manifestations de soldats des villes de Fada N’Gourma, de Tenkodogo, de Gaoua, de Dédougou et de Kaya dans la nuit du 29 au 30 avril 2011 ;

–   la mutinerie de soldats de la garnison de Bobo-Dioulasso, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2011, puis au cours des journées des 1er et 2 juin 2011 ; ces manifestations ont été des plus violentes et des plus insoutenables pour la population, puisque les mutins ont tiré des coups de feu en l’air, pillé des commerces en ville, vidé et saccagé les magasins de l’armée et infligé diverses violences aux populations civiles.

 

Les discussions engagées par les autorités avec les différents groupes de militaires ont permis de constater qu’ils avaient tous des revendications à caractère social, liées notamment à des primes non versées, à des versements d’indemnités ou à des problèmes de commandement.

Toutefois, l’on s’interroge encore, comment notre armée, comme  l’a si bien décrit Son Excellence Monsieur le Président du Faso, « bâtie sur des valeurs de discipline, de courage, de loyauté à la République, de respect de la personne humaine, qui font la fierté de l’ensemble des burkinabè » a-t-elle pu sombrer dans cette dérive ? 

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Face à cette situation qui nous conduisait vers le chaos,  Son Excellence Monsieur le Président du Faso a privilégié la voie du dialogue.  Après son adresse à la nation le 30 mars 2011, le Chef de l’Etat a entrepris dès le lendemain, des consultations directes avec les différentes couches de la société. Il s’est entretenu   avec les autorités coutumières et religieuses, les représentants du corps de la justice, les différents corps de l’armée et des  forces de sécurité, le monde des enseignants, les élèves et les étudiants, les acteurs du secteur privé, etc. Dans le but de ramener la paix, il procédera à la dissolution du gouvernement et opérera d’importants  changements dans le commandement militaire. C’est dans ces circonstances que le Président du Faso a bien voulu m’honorer de sa confiance en me nommant le 18 avril 2011 à la tête du gouvernement. Le nouveau gouvernement, sur les orientations du Président du Faso, s’est  fixé quatre objectifs majeurs :

–         premièrement, œuvrer à ramener la paix sociale au Burkina Faso ;

–         deuxièmement, restaurer l’autorité de l’Etat ;

–         troisièmement, mettre en œuvre le programme politique du Président du Faso : « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent » ;

–         quatrièmement, améliorer la gouvernance politique, économique et administrative.

Ces objectifs que nous nous sommes fixés répondaient, comme vous en convenez, à des impératifs  d’ordre politique, sécuritaire, économique et social. Aussi avons-nous pris un certain nombre de mesures sur lesquelles j’aimerais revenir.

A – DES MESURES D’ORDRE POLITIQUE ET SECURITAIRE

Afin de juguler rapidement la crise et de favoriser l’apaisement du climat social, tout en préservant les acquis démocratiques, mon gouvernement prenant appui sur l’exemple de Son Excellence Monsieur le Président du Faso a engagé des concertations avec les différentes couches sociales, économiques, professionnelles et politiques en vue d’une analyse approfondie des problèmes soulevés et de parvenir à des solutions concertées, consensuelles et durables.

Dans cette dynamique de dialogue, j’ai rendu successivement des visites de courtoisie aux autorités coutumières et  religieuses. J’ai reçu les premiers responsables des partis de la majorité et de l’opposition. Je me suis entretenu avec les représentants du Patronat, les dirigeants des centrales syndicales et des syndicats autonomes, les représentants de la coalition contre la vie chère, les représentants des organisations de la société civile, nos partenaires techniques et  financiers, etc.

J’ai été édifié par ces rencontres sur les sources de la crise, les attentes du peuple mais aussi encouragé par toutes les personnalités avec lesquelles je me suis entretenu.

Convaincu que les solutions de la crise se trouvent d’abord dans le dialogue politique et social, j’ai effectué le 12 mai 2011 un déplacement à Koudougou pour rencontrer les forces vives de la région du Centre-Ouest qui a été l’épicentre de la crise. Tirant les leçons de ce séjour riche en enseignement, nous avons mis en place des équipes composées de membres du gouvernement qui ont effectué des tournées dans l’ensemble des régions afin de présenter les regrets du gouvernement sur les préjudices subis et dialoguer avec les populations dans le but de rechercher l’apaisement du climat social et consolider la paix.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le gouvernement a été obligé de recourir à l’usage de la force pour mettre fin à la mutinerie de la garnison de Bobo Dioulasso. Les mutins de cette ville ont le plus terrorisé les populations en pillant systématiquement boutiques et magasins et commettant des actes inqualifiables à travers la ville. Par ailleurs, ils ont refusé tout dialogue avec le commandement militaire, préférant utiliser des armes lourdes de façon irresponsable se croyant fort pour tenir tête à nos forces de défense et de sécurité. Je voudrais saluer le professionnalisme avec lesquels, ils ont été mis hors d’état de nuire par les troupes venues de Ouagadougou et de Dédougou appuyés par la gendarmerie.

Une enquête judiciaire fut diligentée non seulement pour évaluer l’importance des dégâts subis dans les casernes, mais aussi et surtout pour identifier tous les soldats et les forces de sécurité qui ont directement pris part aux différentes mutineries dans le respect strict de  toutes les procédures légales en la matière. D’ores et déjà, il a été décidé la radiation pure et simple de 566 soldats des effectifs de l’armée. A ce jour, 308 autres reconnus, comme meneurs,  sont actuellement arrêtés et détenus en prison.

Dorénavant, et cela doit être entendu par tous, l’Etat assumera fermement ses responsabilités vis-à-vis de ceux dont l’inclination est d’œuvrer à l’insécurité et au trouble de la quiétude des citoyens. Il mettra tout en œuvre pour assurer la défense de l’intégrité territoriale et la protection des intérêts de la nation.

C’est le lieu de rappeler les excuses présentées par la haute hiérarchie militaire, au nom de l’Armée, aux différentes victimes affectées par cette situation et à l’institution judiciaire. C’est aussi l’occasion de réaffirmer son engagement à un plus grand respect des valeurs républicaines par l’ensemble des personnels militaires et paramilitaires.

Du reste, le commandement  a été instruit par Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Chef suprême des armées et Président du Conseil supérieur de la défense, pour adopter des mesures garantissant le maintien de la discipline inhérente à toute armée républicaine.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Comme vous le savez, cette crise a éclaté suite à la mort, le 21 février 2011, de l’élève Justin Zongo. Les élèves de Koudougou  qui ont donné le ton aux manifestations  étaient convaincus que leur camarade est décédé des suites de sévices qu’il aurait subis dans un commissariat de police de la ville de Koudougou.

Si au début le gouvernement n’a pas su se faire comprendre sur ce drame, il a tout de même saisi la justice pour qu’une instruction soit ouverte sur cette affaire ainsi que sur toutes les autres victimes tombées lors des premières manifestations.

Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de soulagement  que nous avons accueilli le jugement de cette affaire le 23 août dernier. L’officier de police Roger Narcisse Kaboré et les assistants de police Bélibi Nébié et Bema Fayama, reconnus  coupables de  « coups mortels et complicités de coups mortels », ont été condamnés respectivement à huit et dix ans de prison ferme.

Mon gouvernement dès sa constitution avait fait de l’aboutissement de ce dossier l’un des engagements majeurs  de sa crédibilité devant l’opinion publique. Nous avons déployé les moyens nécessaires tout en respectant scrupuleusement l’indépendance de la justice dans l’instruction et le jugement de l’affaire.

Vous me permettez, Excellence Monsieur le Président et Honorables Députés, de saluer notre justice pour le travail remarquable qu’elle a mené jusqu’à l’aboutissement de cette affaire. Elle confirme une fois de plus l’abnégation avec laquelle les magistrats exercent leurs missions dans des conditions souvent difficiles.

Ce jugement exemplaire doit servir de leçon pour tous les agents dépositaires d’une parcelle de l’autorité. Le gouvernement n’accordera aucune tolérance à tout agent public qui dans l’exercice de ses fonctions se rend coupable d’abus de pouvoir et de violation flagrante des droits humains.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Toujours sur le plan politique, le gouvernement, conformément à l’engagement de son Excellence Monsieur le Président du Faso, a entamé le processus de réformes politiques, en mettant en place le Conseil consultatif sur les réformes politiques (C.C.R.P.). Notre volonté a été de voir les représentants de toute la classe politique et de la société civile prendre part aux travaux de cette structure. Nous regrettons l’absence de certains à ce dialogue politique mais nous respectons leur choix. Nous remercions tous les partis politiques, les organisations de la société civile et tous les autres représentants des  couches sociales qui ont librement pris part au processus et ont apporté leur précieuse contribution au vaste chantier des réformes politiques. La session du C.C.R.P. qui a clos la première phase de ses travaux le 14 juillet 2011 a remis officiellement son rapport à Son Excellence Monsieur le Président du Faso le 21 juillet 2011.

L’on retiendra surtout  que, malgré les divergences d’appréciation sur un certain nombre de questions, les membres du C.C.R.P., animés par un esprit constructif, sont parvenus, sur la majorité des points, à un consensus dynamique. Nous saluons cette maturité politique dont ils ont fait preuve et la pertinence des recommandations qui ont été faites.

Le processus de consultations continue avec les rencontres régionales qui débutent la semaine prochaine. J’exprime le vœu qu’elles se tiennent dans la sérénité avec le même esprit de liberté mais de construction qui ont caractérisé la session du C.C.R.P. de Juillet à Ouagadougou.

Mon gouvernement s’engage pour sa part à maintenir et à renforcer  le dialogue  avec toutes les forces politiques et les organisations de la société civile en vue de consolider la paix sociale et le processus démocratique.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

  B – DES MESURES D’ORDRE SOCIAL ET ECONOMIQUE

 

La crise que nous avons vécue a mis en lumière le désarroi des populations face à la vie chère. C’est pour cela que mon gouvernement a pris un certain nombre  de mesures économiques et sociales,  pour permettre à nos concitoyens de faire face au renchérissement du coût de la vie.

Les mesures portaient sur les produits de première nécessité et le relèvement du pouvoir d’achat des travailleurs.

Pour parvenir à une décision consensuelle sur la baisse des prix des produits de première nécessité, j’ai fait mettre en place un cadre de concertation composé des représentants de l’Etat, des opérateurs économiques et des associations de consommateurs. Je voudrais saluer l’efficacité des participants à ce cadre de concertation, leur esprit de conciliation et de construction. Toute chose qui a permis de prendre les importantes décisions que nous connaissons tous. Ce mécanisme de négociations sera désormais institué et renforcé à chaque fois que nous devrons prendre des mesures pour lutter contre la vie chère.

Le gouvernement s’est également engagé à renforcer la métrologie, à poursuivre les discussions sur d’autres produits de première nécessité, à approfondir les réflexions sur les questions de monopoles, de protection des unités industrielles locales, et de création des centrales d’achats.

Les autres mesures phares ont porté sur :

–   la suppression de la taxe de développement communal ;

–   la réduction du taux d’imposition de l’Impôt unique sur les traitements et les salaires (I.U.T.S.) de 10 % ;

–   la régularisation des avancements des fonctionnaires avec l’engagement du gouvernement à apurer toutes les corrections des avancements de 2008 et antérieurs au plus tard en juin 2011 et celles de 2009 au plus tard en septembre 2011. 

Toutes choses qui sont effectives au moment où je vous parle.

 

Il en est de même de l’apurement des dossiers sociaux ayant fait l’objet d’accord définitif au sein du comité paritaire Etat-syndicat qui a été effectif au cours du premier semestre 2011. Pour les autres cas, des discussions permettront de parvenir à un échéancier lors des prochaines rencontres Gouvernement/Syndicats.

Au regard de nombreux mécontentements sur la question, le gouvernement a décidé de suspendre les opérations de lotissement sur l’ensemble du territoire national, afin de procéder à une évaluation, à un assainissement du dispositif actuel, en vue de l’adoption de nouveaux mécanismes transparents de gestion du patrimoine foncier.

La prise en charge des dépenses induites par ces mesures ont consisté en un réaménagement budgétaire, tout en préservant l’espace budgétaire initialement prévu pour les secteurs sociaux. Ce réajustement du budget pour répondre à la forte demande sociale a donc également pris en compte le souci du gouvernement de préserver la stabilité des finances publiques et, de façon plus générale, les équilibres macroéconomiques. Une loi de finances rectificative a été adoptée à cet effet par votre Auguste Assemblée le 25 mai 2011.

Le budget ainsi révisé est aligné et est conforme avec le profil des agrégats budgétaires (recettes, dépenses, déficit budgétaire) convenu lors de la deuxième revue du programme soutenu par la facilité élargie de crédit du F.M.I. De même, les procédures d’exécution des dépenses liées à ces mesures ont respecté la réglementation financière en vigueur. Ces différentes mesures ne devraient pas remettre en cause les engagements pris à l’égard des partenaires techniques et financiers du Burkina Faso.

Certains de nos partenaires se sont inquiétés de l’impact de toutes ces actions sur l’équilibre budgétaire. Je  puis une fois de plus les rassurer que les mesures financières n’ont pas réduit le financement des programmes sociaux et elles n’ont pas non plus  aggravé notre déficit budgétaire. Vous en avez eu la preuve avec les deux avant-projets de loi de Finances rectificatives soumises à votre haute approbation en juillet et en septembre derniers.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Je voudrais vous affirmer du haut de cette tribune que dans le cadre de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), le gouvernement entend maintenir les dispositions idoines pour la mise en œuvre des programmes de développement, notamment l’appui aux secteurs sociaux dans la perspective de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (O.M.D) tel que convenu avec les partenaires au développement. Tous les engagements pris par le gouvernement seront respectés.

Ainsi nous avons organisé le 14 juin dernier avec l’ensemble des partenaires au développement la dernière revue du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté lancé à l’occasion la SCADD. Nous restons également attachés à la bonne exécution du programme économique et financier soutenu par la facilité élargie du F.M.I. Les finances publiques seront dans ce cadre consolidées à travers les réformes convenues dans le plan d’actions sectoriel triennal de la stratégie de renforcement des finances publiques suivant les termes de l’aide mémoire conjoint issu de la revue du 25 février 2011. Malgré le contexte difficile, les règles et procédures des finances publiques continueront à être observées conformément au cadre juridique qui les gouverne.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Les différentes mesures prises par le gouvernement ont permis d’apporter des réponses immédiates aux problèmes urgents et d’apaiser le climat social. Toutefois, conscient de la nécessité de traiter les causes profondes de la crise et d’apporter des solutions appropriées aux préoccupations légitimes des Burkinabè, le gouvernement envisage des mesures à moyen et long termes pour y remédier et pour créer des conditions d’une stabilité durable dans le pays. A cet effet, il prévoit d’importantes réformes tant au niveau économique et social qu’au plan politique et à l’échelle des Forces de défense et de sécurité. J’aurai l’occasion de vous exposer les grandes lignes de cette orientation lors de ma Déclaration de politique générale.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’analyse des causes profondes et des conséquences de la crise vécue par le Burkina Faso au cours des mois de février, mars, avril et mai 2011 permet de tirer les enseignements suivants :

–         le contexte international et régional a profondément changé et exige désormais des gouvernants une gouvernance adaptée et la prise en compte des aspirations profondes des peuples à davantage de liberté et de bien-être ;

–         le Burkina Faso reste très vulnérable aux chocs exogènes et devrait développer davantage ses capacités de résilience afin de préserver ses acquis socioéconomiques et démocratiques et d’assurer son développement durable ;

–         la société burkinabè a fondamentalement changé, du fait de la montée d’une nouvelle génération composée essentiellement de jeunes ouverts au reste du monde, familiarisés avec les technologies de l’information et de la communication et soucieux de la réalisation rapide de leurs intérêts matériels ;

–         les Burkinabè sont, aujourd’hui, profondément attachés à la justice et à l’égalité entre les citoyens et rejettent, par conséquent, l’injustice, l’inégalité et l’impunité ;

–         les Burkinabè accordent une grande importance à la bonne gouvernance, dans la gestion des affaires publiques et sont de plus en plus hostiles à la corruption, à l’abus des biens publics et à l’enrichissement illicite ; ils attendent, par conséquent, de leurs gouvernants un comportement vertueux, dicté par l’impératif de la satisfaction de l’intérêt général ;

–         ils nourrissent de nombreux espoirs à l’égard de l’Etat et de ses démembrements et attendent d’eux la contribution à la satisfaction de leurs besoins fondamentaux en matière de sécurité, d’alimentation, de logement, de justice et d’éducation ; ces attentes traduisent, en même temps, leur attachement subséquent  à la nation burkinabè ;

–         contrairement à un sentiment largement partagé, le Burkina Faso n’est pas à l’abri de la violence et de l’instabilité ; la paix sociale, qui constitue sa principale richesse, n’est pas un acquis définitif et peut être remise en cause à tout moment soit par des erreurs de gouvernance soit pas le comportement des citoyens ;

–         l’armée nationale, qui a toujours fait la fierté des Burkinabè, mérite d’être réformée pour y assurer une plus grande cohésion, l’ordre et la discipline, afin de lui permettre de mieux assurer sa mission régalienne qui est de défendre le territoire national et de protéger les institutions républicaines.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Ces événements graves indiquent à souhait que la marche humaine se heurte parfois à de terribles épreuves, à des drames lourds  et à des imprévus tragiques.

C’est dire, hélas, que les cheminements des communautés humaines  ne sauraient  toujours être de paisibles et longs  fleuves tranquilles ; sans houles  et  sans orages.

Ils recèlent parfois d’événements qui en disent long sur la récurrente et inépuisable question de la nature humaine. Et ils portent aussi bien la marque du temps qui passe mais également le sédiment d’épreuves, d’événements passés qui plongent dans des racines multiséculaires et qui ressurgissent à la faveur de circonstances et opportunités aussi nombreuses  que variées.

En ce sens, je voudrais lire la crise  que nous avons vécue quelque part  comme une résultante  de notre processus démocratique et de nos politiques de développement, l’essentiel étant que nous en tirions les leçons pour aller de l’avant.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’actualité nous a obligés à nous appesantir sur le bilan de l’année en cours. Elle ne saura cependant éluder le bilan de l’action gouvernementale durant l’année 2010.

Les Burkinabè ont des aspirations légitimes. Ils  attendent des réponses des dirigeants que nous sommes. Ils veulent savoir l’état de la gouvernance de leur pays et  si leur pays est en bonne intelligence avec le reste du monde.  C’est leur droit et c’est aussi notre devoir de leur rendre compte, eux qui ont plébiscité le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, en novembre 2005. C’est pourquoi, du reste, les principales charpentes du présent discours prennent assise sur les grands axes du programme politique « Le Progrès continu pour une Société d’Espérance ».

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Comment pouvons-nous faire le bilan de l’action passée, alors qu’une autre actualité focalise toute l’attention du monde rural en ce moment ?

Notre pays dispose suffisamment de terres agricoles pour satisfaire aux besoins alimentaires et économiques de l’ensemble de nos concitoyens. Cependant, les adversités naturelles auxquelles le pays est confronté chaque année mettent à rude épreuve les efforts du gouvernement et ceux de nos vaillants producteurs.

Alors permettez-moi de changer la démarche habituelle et de vous faire la point exhaustif de la campagne agricole en cours et les mesures du gouvernement pour faire face à un éventuel déficit alimentaire dans certaines localités.

I – SITUATION PLUVIOMETRIQUE ET HYDROLOGIQUE

 

La campagne agro-sylvo-pastorale 2011-2012 qui tire à sa fin a été caractérisée par une installation difficile dans toutes les régions, et des poches de sécheresse plus ou moins prolongées au cours du mois de juin-juillet.

La campagne s’est installée définitivement dans les régions du Nord et du Sahel dans le mois d’août ce qui a permis une intensification des opérations culturales.

Les pluies se sont poursuivies normalement dans les régions de l’Ouest, du Sud-Ouest et du Centre-Sud au cours du mois de septembre. Les régions du Plateau central, du Centre-Nord, la partie nord de la Boucle du Mouhoun et Sud du Sahel ont connu des poches de sécheresse assez sévères durant les deux premières décades de septembre. Par contre, des pluies ont été observées dans plusieurs régions du pays durant la dernière décade de septembre et le début du mois d’octobre.

Du fait du retard dans l’installation des pluies et des semis, la pluviométrie devrait se poursuivre jusqu’en mi-octobre pour qu’on puisse espérer une production moyenne à bonne dans l’ensemble.

L’analyse de la végétation, basée sur les images satellitaires, montre au 31 août 2011 un déficit du couvert végétal dans les régions de l’Est, du Centre Nord, du Nord et de la Boucle du Mouhoun (AGRHYMET).

Des inquiétudes subsistent donc  sur les récoltes qui risquent d’être moyennes au regard du retard constaté dans le développement des cultures céréalières.

  • Ø Sur le plan de la pluviométrie

Le cumul pluviométrique du 1er avril au 30 septembre 2011 comparé à celui de la même période de 2010 montre que la majeure partie du pays est déficitaire.

Quelques zones néanmoins enregistrent une pluviométrie similaire à excédentaire et sont localisées dans les régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Est, de l’Est, du Sud-Ouest et des Cascades.

  • Ø Sur le plan de l’hydrologie

Par rapport à la situation de 2010 et à la même date, les principales retenues d’eau suivies accusent un déficit de remplissage plus ou moins prononcé en fonction des régions.

Par rapport aux 5 dernières années (2006-2010), le niveau de remplissage des principaux barrages au 30 septembre 2011 est très déficitaire pour les barrages de Bagré (déficit de 679,86 millions de m3, Kompienga (déficit de 435,98 millions de m3), Moussodougou (déficit de 13,43 m3) et normal pour les barrages de Ziga et de Loumbila.

Les barrages stratégiques que sont Ziga (rempli à 112,6 % de sa capacité), Loumbila (rempli à  95,9 % de sa capacité) et Ouagadougou (remplis à 85,3 %) et qui servent à l’alimentation de la ville de Ouagadougou en eau potable, enregistrent également un niveau de remplissage satisfaisant. Par contre, les barrages hydroélectriques de Kompienga (rempli à 28,7% de sa capacité totale) et Bagré (rempli à 60,6 % de sa capacité totale) présentent même à la date du 30 septembre 2011,  les taux de remplissage les plus bas depuis 2005.

II – APPRECIATION GENERALE DE LA CAMPAGNE

 

De façon générale, on observe un retard de cette campagne 2011-2012 comparativement à la campagne écoulée. Le tableau ci-dessous donne une idée de la situation générale de la campagne, en attendant les résultats des enquêtes statistiques en fin octobre.

Tableau 1 : Appréciation générale de la campagne agricole 2011-2012 par région

Région Appréciation générale de la campagne
01 Sud-Ouest Bonne dans le Ioba et Bougouriba et passable dans le Poni et le Noumbiel
02 Cascades Bonne
03 Hauts-Bassins Acceptable
04 Boucle du Mouhoun Acceptable
05 Centre-Ouest Bonne dans le Ziro et la Sissili et acceptable dans le Boulkiemdé et le Sanguié
06 Centre-Sud Acceptable
07 Centre-Est Bonne dans le Koulpélogo et le Kouritenga et passable dans le Boulgou
08 Est Bonne dans la Kompienga et passable dans les autres
09 Centre Passable
10 Plateau Central Passable
11 Centre-Nord Passable
12 Nord Passable
13 Sahel Acceptable dans l’Oudalan et passable dans le Soum, le Séno et le Yagha

 

  • Ø Situation alimentaire

Pour le moment, la disponibilité céréalière sur les marchés est globalement satisfaisante et en amélioration en raison de l’apparition des premières récoltes (maïs et arachide frais, igname, niébé) dans certaines régions comme la Boucle du Mouhoun, les Hauts-Bassins,  le Sud-Ouest et les Cascades.

En dépit d’une légère hausse saisonnière  constatée dans la plupart des localités,  les denrées restent accessibles aux ménages. Les variations à la hausse enregistrées sur les marchés de détail sont de l’ordre de  8 % pour le maïs, de 5 % pour  le sorgho, et  de  3 %  pour le  mil. Mais de façon générale, les prix sont restés globalement stables durant la période post récolte avec des niveaux de prix oscillant entre 13 000 FCFA le sac de 100kg en début de récolte à environ 17 000 FCFA en  fin septembre. 

La bonne maîtrise de la situation alimentaire globale a été rendue possible grâce aux multiples actions entreprises par le Gouvernement depuis la campagne précédente. Sont de celles-là la vente à prix social de plus 30000 tonnes de céréales aux populations vulnérables ; la  mise en place de boutiques témoins de vente de céréales par la SONAGESS en vue de lutter contre la spéculation ; la mise à la disposition des zones à risques préalablement identifiées des céréales dans une option de vente à prix social pendant la période de soudure ; l’appui des  producteurs de toutes les régions sous forme de semences améliorées et d’engrais.

III – MESURES ENVISAGEES PAR LE GOUVERNEMENT

 

Le gouvernement est conscient de la menace de crise alimentaire qui plane sur notre pays. Cette évidence nous interpelle et nous invite à prendre des mesures préventives afin de réduire la souffrance des populations des villes et des campagnes.

 

En attendant que l’atelier d’évaluation qui regroupera en fin octobre tous les acteurs de la campagne agricole nous permette d’avoir des données détaillées jusqu’au niveau des communes et des ménages, j’ai donné des instructions pour anticiper sur les mesures à prendre en vue de faire face aux situations difficiles que pourraient connaître les populations dans certaines localités. Ces mesures sont de trois (03) ordres :

1)   Production de maïs en culture irriguée

Grâce  à la promotion de la culture irriguée, le Burkina Faso dispose d’un potentiel de terres irrigables, de système d’irrigation et d’une main-d’œuvre  qualifiée fort appréciable. En vue de combler un déficit céréalier probable en raison du mauvais déroulement de la campagne humide, le Ministère de l’Agriculture et de l’Hydraulique envisage lancer une campagne de production du maïs sur environ 9000 ha de terres irrigables à travers tout le pays. Le maïs est le 3e céréale après le sorgho et le mil, et présente l’avantage d’avoir des rendements nettement plus importants.

Pour cette campagne spéciale, il sera fait appel la variété Bondofa, variété hybride mis au point par l’INERA, dont les rendements atteignent 7 tonnes/ha et plus, et qui est actuellement vulgarisé par les services agricoles. Le système de production sera basé non seulement sur les producteurs qui disposent de périmètres et de matériels à qui il sera apporté un appui en semence, engrais et carburant ; mais aussi une production en régie dans les grandes plaines par les structures de l’Etat que sont la Maîtrise d’Ouvrage de Bagré (MOB) et l’Autorité de la Mise en Valeur de la Vallée du Sourou (AMVS). Cette opération devrait permettre la production d’environ 50 .000 tonnes de céréales supplémentaires qui seront mises à la disposition des zones déficitaires à des prix sociaux.

Nous encourageons également les coopératives et groupements villageois à intensifier d’autres spéculations de contresaison comme la pomme de terre et le haricot vert.

Par ailleurs la SONAGESS sera fortement impliquée pour approvisionner en cas de besoin des boutiques témoins dans les zones déficitaires et aussi de permettre aux écoles de disposer de vivres dans les cantines scolaires.

2)   Vente de céréales à prix social

J’ai donné des instructions pour que  le dispositif national de sécurité alimentaire soit renforcé et mis en œuvre, en partenariat avec le CONASUR, pour positionner dans les localités à risques, des stocks alimentaires  à des prix sociaux. Le niveau de ces stocks ainsi que les prix seront déterminés à l’issue des résultats des enquêtes du système national de suivi de la campagne dans les tous prochains jours.

Pour ce faire, j’invite chaque région et chaque commune à identifier son potentiel et à présenter un projet porté par une ou des coopératives ou groupements villageois représentatifs. Les directions régionales de l’Agriculture soutiendront la dynamique par une assistance technique.

3)   Distributions gratuites

Le gouvernement met en œuvre depuis 2008, un programme national de filets sociaux, qui permet de mettre à la disposition des ménages les plus démunis, des vivres de façon gratuite. L’identification de ces ménages se fera de manière participative, avec l’appui des autorités communales, des ONG et nos partenaires au développement.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Il est évident que le gouvernement ne peut à lui seul faire face à la situation si elle venait à s’aggraver davantage. Aussi,  voudrais-je inviter tous les burkinabè à ne pas être des acteurs passifs ou enclins à émettre des critiques faciles qu’à agir. Ensemble faisons preuve de solidarité pour juguler rapidement une éventuelle crise alimentaire.

Peut-être que le Ciel entendra notre clameur et nous épargnera d’une nouvelle catastrophe naturelle. En tout état de cause, restons serein et évitons de tomber dans la panique qui fera le jeu des spéculateurs.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Avant de soumettre à votre appréciation le bilan de l’année écoulée, il me plaît de relever que durant l’année écoulée, grâce à votre sens élevé de responsabilité, le gouvernement a pu assurer et renforcer son partenariat avec votre auguste Assemblée avant, pendant et après les différentes sessions qui se sont succédé. Je puis vous assurer en ce jour que les différentes recommandations que votre institution a faites au gouvernement à l’issue de l’examen des projets de lois, notamment la loi de finances et des visites sur le terrain, ont contribué à améliorer l’efficacité de son action.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Sur le plan  politique, au nombre des faits saillants ayant marqué l’année 2010, l’on retiendra  l’élection présidentielle du 21 novembre et  la mise en œuvre de la loi portant institution du Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF).

L’adoption du statut du Chef de file de l’opposition est une avancée démocratique dans notre pays. Elle illustre la reconnaissance par l’État du rôle que joue l’opposition dans le renforcement de la démocratie. De même, l’État reconnaît que dans le jeu démocratique, l’opposition est une force de proposition alternative de la majorité au pouvoir. Mais un tel statut appelle non seulement le respect et les égards protocolaires à l’endroit de la personnalité incarnant officiellement l’opposition politique mais commande aussi à celle-ci un sens de responsabilité politique, de devoir républicain et citoyen dans l’exercice de ses fonctions.

Tout en respectant toute la liberté dont jouit l’Honorable député, le Chef de file de l’opposition et la noblesse de ses ambitions politiques, je ne peux manquer de saisir cette occasion pour déplorer le fait que, durant la crise, il ait appelé à une alternance forcée, toute chose qui aurait été un coup d’État constitutionnel. L’alternance politique doit se conquérir par les urnes.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Dans le souci d’une organisation rationnelle du territoire national, des réflexions ont été engagées pour un meilleur redécoupage du cadre spatial des collectivités territoriales en vue d’assurer une gestion harmonieuse et plus allégée des circonscriptions administratives et des collectivités territoriales. Après le redécoupage des communes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso en 2010,  nous avions espéré cette année le parachèvement  du processus pour les autres communes. Mais certaines difficultés sur le découpage des communes de  Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso  sont apparues et nous avons préféré suspendre le processus pour entamer dans les semaines à venir une large concertation avec les citoyens concernés.

L’administration du territoire trouve aussi son premier sens accompli dans l’identification de ses citoyens. C’est pourquoi, le gouvernement a poursuivi l’opération de délivrance massive et gratuite d’actes de naissance, jusqu’au 30 mars 2010. Malgré les difficultés qu’elle a connues, l’opération d’établissement des cartes d’identité nationales a été salutaire. Nous nous attèlerons à corriger les problèmes liés au délai de fabrication et de distribution des cartes.   

 

L’Administration du territoire trouve son deuxième sens accompli dans le développement harmonieux et équilibré du pays, c’est-à-dire dans la mise en œuvre d’un processus de développement qui efface progressivement et sûrement les disparités régionales. La célébration tournante de la fête de l’indépendance de notre pays participe de cette vision. En 2010, la célébration de cette fête marquant le cinquantenaire a été organisée avec succès à Bobo-Dioulasso, sous le thème : « 50 ans de construction d’une nation : souvenir et espérance ». En raison des évènements douloureux qui ont marqué notre pays en 2011, le gouvernement a décidé de marquer une halte tout en poursuivant les principaux investissements à Koudougou, ville choisie pour abriter les prochaines festivités.

 

Le gouvernement s’est toujours préoccupé de la vie des populations frontalières, en bonne intelligence avec les autres peuples. C’est ainsi qu’en matière de coopération frontalière, le Burkina Faso a signé avec les Républiques du Niger et du Bénin des compromis de saisine de la Cour internationale de justice de la Haye afin de régler définitivement les différends  frontaliers qui opposent notre pays à ces deux voisins.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

La sécurité étant un préalable à la réalisation des autres priorités, le gouvernement s’est employé en 2010 à assurer la sécurité des personnes et des biens grâce à la complicité avec les populations à travers la police de proximité.

Dans le domaine de la lutte contre le trafic et l’abus de la drogue,  des mesures de sensibilisation et de répression ont été prises. Le gouvernement travaillera à améliorer les résultats atteints en vue de préserver notre jeunesse de ces  fléaux.

Tout cela ne peut s’opérer sans un environnement adéquat dont les jalons ont été posés en 2010 par la construction d’infrastructures, le renforcement quantitatif et qualitatif des ressources humaines, l’adoption du document de Stratégie nationale de sécurité intérieure (SNSI) et du statut particulier du personnel de la Police nationale dont la mise en œuvre est en bonne voie.

Dorénavant, les efforts du gouvernement se porteront sur la  sécurité transversale dans l’optique de préserver les droits fondamentaux des citoyens et des collectivités, de veiller au respect de notre souveraineté et de consolider les institutions de l’Etat. Nos forces de sécurité bénéficieront de formations spécifiques à cet effet.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Si les évènements vécus cette année ont suscité une véritable déception envers nos forces de défense et de sécurité, nous ne pouvons pas cependant passer sous silence les actions qu’elles ont menées en 2010 dans le cadre de leurs missions. La contribution active des Forces armées nationales au développement socioéconomique de notre pays ne fait l’ombre d’aucun doute. Celles-ci ont été présentes dans tous les secteurs d’activités économiques et sociales où leur professionnalisme n’est plus à démontrer.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

La justice équitable est un attribut de bonne gouvernance. C’est bien sur la base de ce principe que le gouvernement a entrepris dans ce secteur, d’importantes réformes au cours de l’année écoulée dont la seule finalité est de faire de la justice burkinabè une justice crédible, équitable et accessible à tous. La Politique nationale de justice et son Plan d’actions  triennal 2010-2012 ont été adoptés en 2010 pour concrétiser cette vision.

Par ailleurs, au cours de cette année, outre les initiatives relatives à l’amélioration du traitement salarial des magistrats et à la formation des personnels judiciaires, les actions les plus significatives ont concerné l’ouverture des tribunaux de commerce de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou, ainsi que le Tribunal de grande instance de Diébougou,  portant à 24 le nombre de Tribunaux de grande instance fonctionnels. Dans le cadre de l’amélioration des conditions de détention, la maison d’arrêt et de correction de Diébougou a également été ouverte. Je déplore cependant que les travaux de construction des tribunaux de commerce de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou soient inachevés alors que le gouvernement avait des engagements fermes vis-à-vis de ses partenaires techniques et financiers.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

L’éducation aux droits humains et à la citoyenneté reste le principal moyen pour instaurer une véritable culture démocratique et de respect des droits humains dans notre pays. Dans ce sens, le gouvernement a organisé des campagnes de sensibilisation et de formation des Burkinabè, notamment des jeunes, aux principes des droits humains, élaboré un manuel d’éducation aux droits humains à l’école primaire et érigé le « Monument des droits humains » au secteur 15 de Ouagadougou.

 

Dans le domaine de la gouvernance administrative, notre action au cours de l’année 2010 s’est inscrite dans la poursuite de l’édification d’une société de développement solidaire, servie par une administration efficace, transparente et proche des usagers. Dans ce cadre, bien d’actions ont été menées dont  les plus essentielles sont :

–   la décongestion des actes de gestion des carrières des agents de la Fonction publique ;

–   la consolidation de l’égalité d’accès à l’emploi ;

–   la promotion de la qualité du service public ;

–   la promotion de la sécurité sociale avec la prise en compte des risques professionnels et la simplification des procédures de gestions des dossiers de retraite.

 

En vue de renforcer les  acquis de la modernisation de notre administration qui connaît des avancées notables, le gouvernement poursuivra ses actions tout en mettant l’accent sur :

–   l’amélioration de la gestion courante des carrières des agents de l’Etat par la prise à temps des différents actes de gestion ;

–   l’identification biométrique qui permettra, entre autres, d’avoir un répertoire fiable des agents de l’Etat et  de contrôler de façon électronique leur présence dans les postes de travail.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

L’importance de la communication est indéniable à l’équilibre et à la cohésion au sein d’une société. Aussi, voudrais-je ici saluer à sa juste valeur le travail abattu par les hommes et les femmes de la presse de tout secteur. Je relève la qualité de la couverture de l’élection présidentielle 2010, chacun dans la vision de sa ligne éditoriale. Par leur implication responsable,  les hommes et les femmes des médias ont contribué à la tenue de débats sereins et à l’expression d’opinions pluralistes, conformément aux  principes de la démocratie républicaine, sous l’œil bienveillant du Conseil supérieur de la communication. C’est avec cette même ardeur qu’ils se sont engagés dans l’organisation du cinquantenaire de notre indépendance, contribuant ainsi à donner l’écho et l’éclat nécessaires à la manifestation.

C’est aussi avec grande satisfaction que je constate que 2010 a été l’année de mise en œuvre concrète des grandes réformes attendues depuis longtemps. En effet, la carte de presse est aujourd’hui délivrée à de nombreux journalistes et l’application de la convention collective connaît un tournant décisif.

Dans le cadre de la subvention annuelle accordée aux médias, le gouvernement a mis à la disposition d’une soixantaine d’entreprises privées de presse  280 millions de F CFA en vue de les accompagner dans leur mission de service public. En outre, il a inscrit au titre de la loi de finances 2010 l’exonération des taxes et impôts sur l’importation des matériels spécifiques au profit de la presse privée.

Pour la presse publique, le lancement de la chaîne de télévision RTB 2 à Bobo-Dioulasso en octobre 2010, à l’occasion de la cinquième rentrée télévisuelle de la RTB, traduit la volonté du gouvernement de faire de la télévision publique un média de proximité, au service du développement des populations à la base.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En optant pour la décentralisation et la communalisation intégrale, le Gouvernement n’avait d’autre alternative que de favoriser l’appropriation des politiques publiques par les populations, et ceci dans tous les domaines, mais aussi de mettre à leur disposition les moyens d’action.

C’est bien dans cette perspective qu’il a adopté, en 2009, les textes portant transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux collectivités territoriales. Pour matérialiser cette volonté, des protocoles de transfert des compétences et des ressources ont été signés entre l’Etat et toutes les communes en 2010. Il s’en est suivi le transfert, au titre de l’exercice budgétaire 2010, de 17,6 milliards de F CFA destinés aux investissements et aux charges récurrentes liées auxdits transferts.

En somme, 5 milliards de F CFA ont été mis à la disposition du Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales. Cette somme a permis à 6 communes urbaines de mettre en œuvre leurs programmes d’investissements prioritaires respectifs, approuvés dans les contrats de villes signés avec  l’Etat.

Par ailleurs, le gouvernement a engagé un vaste programme de construction des sièges des communes et des conseils régionaux. A la date du 31 décembre 2010, 298 sièges de mairies de communes rurales sur 302 prévus ont été construits et équipés, tandis que 11 sièges de conseils régionaux sur 12 prévus ont été réalisés. La construction des derniers sièges de communes rurales est prévue dans le programme du Millenium Challenge Account (MCA). La réalisation des sièges des communes urbaines de deuxième génération, au nombre de 7 parmi les 15 communes rurales qui ont été érigées en communes urbaines en 2000, est en voie d’achèvement.

Je reste néanmoins conscient que malgré cet effort les attentes sont encore fortes en matière de décentralisation. J’aurai l’occasion d’annoncer l’ors de ma Déclaration de politique générale la semaine prochaine les grandes lignes des réformes qui interviendront pour impulser une dynamique nouvelle à notre processus de décentralisation.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Malgré un contexte international et sous-régional difficile, le Burkina a réalisé en 2010 des performances économiques appréciables.

Au niveau de l’économie réelle, le taux de croissance du PIB s’est établi à 7,9% contre 3,2% en 2009, soit un gain de 4,7 points de pourcentage. Cette croissance résulte de la bonne campagne agricole et du bon niveau des cours du coton et de l’or. La croissance économique observée est tirée principalement par le secteur secondaire avec une contribution de 4,1 points, celles des secteurs primaire et tertiaire sont respectivement de 2,2 et 1,6 points.

En termes de dynamique de croissance, le secteur secondaire a progressé encore plus vite, 19,1% en 2010, du fait des performances enregistrées au niveau des industries extractives et de l’activité d’égrenage du coton.

Quant au secteur primaire, il a progressé de 7,8% du fait de la forte augmentation de la production agricole et du regain de vitalité du sous-secteur élevage consécutifs aux divers appuis du gouvernement. Concernant le secteur tertiaire, sa croissance de 3,7% résulte des retombées des grands évènements organisés en 2010. Il s’agit du Salon International de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), de la Semaine nationale de la culture (S.N.C.) et de la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine des finances publiques, en fin décembre 2010, la réalisation des recettes totales et des dons s’est établie à 879,5 milliards de FCFA contre 771,5 milliards de F CFA en 2009, soit une progression de 14%. Cette performance résulte d’un accroissement important de 26,2% des recettes propres, comparativement à 2009.

Les dépenses totales et prêts nets ont augmenté de 23,2% par rapport à 2009 pour s’établir à 1 121,1 milliards de F CFA en fin décembre 2010. Les dépenses de fonctionnement se sont toutefois contractées de 5,4% par rapport à 2009 en raison du raffermissement de la politique de maîtrise du train de vie de l’Etat à travers une meilleure maîtrise des dépenses de consommation d’électricité, d’eau, de téléphone et de carburant.

Au total, la situation d’exécution des opérations financières de l’Etat s’est soldée par un déficit global de 241,8 milliards de F CFA, financé aussi bien par des ressources intérieures que par des apports extérieurs.

Au niveau des échanges extérieurs, la balance commerciale est ressortie déficitaire de 144,9 milliards de F CFA en 2010 contre un déficit de 227,5 milliards de F CFA en 2009, soit une amélioration de 82,6 milliards de F CFA. Cette situation s’explique par une hausse des exportations plus importante que celle des importations en raison de la forte augmentation des exportations d’or et du coton suite à l’embellie des cours sur le marché mondial.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

La préoccupation constante du gouvernement est d’améliorer, de manière notable, le recouvrement des ressources intérieures pour tendre vers la norme communautaire de 17% du PIB. Ainsi, suite à l’adoption en 2008 de la stratégie globale de réforme de la politique fiscale dont la finalité est de rationnaliser les incitations fiscales, de simplifier et de moderniser le système fiscal conformément aux standards internationaux, les travaux de finalisation des différents textes législatifs et règlementaires y relatifs se sont poursuivis en 2010.

L’approche «Unités de recouvrement » introduite en 2009 au niveau de la mobilisation des ressources s’est renforcée en 2010, pour une plus grande responsabilisation des différentes unités et une meilleure efficacité des services. La poursuite de la création des Perceptions spécialisées (P.S.) dans les ministères et institutions a contribué à accroître les capacités de recouvrement des recettes de services.

Par ailleurs, le renforcement des campagnes de sensibilisation et de communication sur la corruption, la fraude et le faux, les campagnes de sensibilisation sur le civisme fiscal, le contrôle de la destination finale des marchandises exonérées ont permis d’améliorer sensiblement la mobilisation des ressources.

La mobilisation de ces ressources repose sur les effets des mesures adoptées en 2009 et 2010 dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme globale de la politique fiscale. Elle s’appuiera également sur le renforcement des capacités des régies à travers les «Unités de recouvrement» qui se sont révélées efficaces. Les recettes de services devront également connaître une évolution positive grâce à un maillage plus important des ministères et institutions et le renforcement du dispositif de suivi.

Quant à la mobilisation des ressources extérieures, tirant profit de l’opérationnalisation du Circuit intégré des financements extérieurs (CIFE), l’année 2011 sera marquée, entre autres, par la mise en œuvre de la nouvelle politique nationale de coopération et du Plan d’actions national pour l’efficacité de l’aide (PANEA) révisé, la signature de nouveaux accords de financement et l’exploration de nouveaux partenariats.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

Le gouvernement fait de la transparence dans la gestion des revenus miniers un point d’honneur. Aussi a-t-il adhéré à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Après avoir obtenu le 15 mai 2009 le statut de « Pays candidat », le dialogue se poursuit entre les différents acteurs du secteur minier en vue de l’obtention du statut de « Pays conforme ».

La publication intervenue en début de cette année du premier rapport du Burkina Faso sur les paiements et les recettes provenant de l’exploitation de ses ressources minières s’inscrit dans ce processus et permettra à l’ensemble des citoyens d’être mieux informés sur l’apport du secteur minier au budget de l’Etat.

L’amélioration de la transparence dans les procédures de passation des marchés publics s’est traduite par l’introduction du Système d’information intégré des marchés publics (S.I.M.P.) dans le traitement et la transmission des dossiers de commande publique.

Les autres actions en matière d’exécution budgétaire ont porté sur la poursuite du renforcement de la déconcentration budgétaire à travers notamment la nomination de Spécialistes en passation des marchés (S.P.M.), à la rationalisation du contrôle de la chaîne des dépenses, à la mise en œuvre de la Maîtrise d’ouvrage déléguée (M.O.D.), au renforcement du contrôle physique des commandes publiques et à la réduction des dépenses de fonctionnement de l’administration, tout en mettant l’accent sur les investissements porteurs de croissance.

Il apparaît cependant indispensable de revisiter notre système de passation de marchés publics qui, dans la pratique,  montre ses limites.

Face aux insuffisances de la gestion budgétaire actuelle, la démarche budget-programme apparaît de plus en plus comme un moyen d’améliorer l’efficacité et l’efficience de la dépense publique. En vue de dynamiser le processus de son implantation amorcé depuis 1997, il a été procédé en 2010 à la réorganisation du dispositif de pilotage et à l’élaboration de documents et guides d’orientation. A titre expérimental, des budgets-programmes de 7 ministères ont été élaborés et soumis à votre auguste Assemblée pour information. Le processus d’appropriation de la méthodologie d’élaboration du budget-programme au sein des ministères et institutions est déjà entamé et devrait aboutir à l’horizon 2015 à son implantation effective.

Par ailleurs, en matière d’animation et de conduite du processus de développement durable, le gouvernement concentre son action sur le renforcement du cadre de prévision et d’analyse en soutien à la programmation budgétaire et à la mise en œuvre des politiques économiques et financières. Cela devrait se traduire par la régularité des exercices de cadrage macroéconomique, le renforcement des capacités de modélisation, la réalisation des enquêtes trimestrielles et l’élaboration des bulletins de conjoncture. Au titre du pilotage du développement, l’ambition majeure du gouvernement pour la période 2011-2015 est de parvenir à une mise en œuvre efficace du plan d’actions harmonisé du programme présidentiel et de la SCADD pour l’émergence et le développement durable.

En outre, le gouvernement s’attèlera à la conduite du processus d’adoption du Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT), à l’élaboration de la politique de spécialisation régionale et de développement des pôles de compétitivité, à la finalisation et à la mise en œuvre du programme d’actions prioritaires de la politique nationale de population ainsi qu’à l’opérationnalisation du Partenariat public-privé (P.P.P.).

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Au cours de la campagne agricole 2009-2010, une production céréalière est ressortie à 4 560 millions de tonnes, soit une hausse de 26% comparativement à la campagne précédente dont 271 000 tonnes de riz, soit une hausse de 24%. Le taux de couverture des besoins céréaliers du pays est de 118% et l’excédent céréalier d’environ 1,1 million de tonnes. Cette situation d’excédent céréalier cache cependant des disparités régionales. A preuve, 27 communes rurales localisées dans 11 provinces de 4 régions ont été identifiées comme zones à risque d’insécurité alimentaire. Une telle situation a nécessité une opération de vente de céréales à prix social couvrant au total 20 provinces pour une quantité d’environ 40 000 tonnes.

S’agissant de la production du coton, elle a progressé de 11% au cours de la campagne précédente. Concernant particulièrement cette filière, il importe de souligner que malgré les prix attractifs du coton sur le marché mondial, le gouvernement reste préoccupé par la relance de la production cotonnière. Pour la campagne 2010-2011, le prix d’achat du coton graine au producteur était de 210 F CFA le Kg, en hausse par rapport à la campagne précédente où il était de 160 F CFA le Kg. En dépit d’une nouvelle hausse de ce prix pour la campagne 2011-2012, le portant à 245 F CFA le Kg, avec en perspective le versement d’une ristourne complémentaire en avril 2012, notre filière coton traverse une crise sans précédent qui nous interpelle tous.

C’est pourquoi, dans le but de sauvegarder le revenu des producteurs et de juguler cette crise, le gouvernement a décidé de l’octroi d’une subvention de 3 milliards F CFA pour soutenir le prix de cession des engrais aux producteurs et d’une enveloppe de 4,36 milliards de F CFA destinée à l’apurement de la dette interne des producteurs du fait des aléas climatiques enregistrés au titre des campagnes 2006-2007 et 2007-2008.

 

C’est l’occasion pour moi  de lancer, une nouvelle fois, à nos braves cotonculteurs un appel à sauvegarder les intérêts de la nation.  Le gouvernement s’engage à organiser dans les prochains mois les états généraux de la filière en vue d’asseoir un cadre de dialogue approprié.

Dans le domaine de l’hydraulique agricole, 3 474 hectares de bas-fonds et 316 hectares de périmètres irrigués ont été aménagés ; 1 552 hectares de périmètres irrigués ont été réhabilités. De même, 6 nouveaux barrages et 22 boulis  sont en construction et 7 barrages en réhabilitation.

La disponibilité des plans d’eau favorise l’activité halieutique dont la production a atteint environ 15 000 tonnes en 2010 contre 12 000 tonnes en 2009, soit une progression de 25 %.

Dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement, les réalisations ont permis de faire progresser le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural de  54,88% en 2009 à 56,63% en 2010 et en milieu urbain de 72% en 2009 à 75 % en  2010.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

En ce qui concerne les ressources animales, le gouvernement a adopté en 2010 une Politique nationale de développement durable de l’élevage (P.N.D.E.L.) et son Plan d’actions, ainsi que le Programme d’investissements du secteur de l’élevage (PAPISE) d’un coût total de 510 milliards de F CFA.

Dans le cadre de la sécurisation des activités pastorales, 35 zones pastorales et de pâture d’une superficie de plus de 180 000 hectares ont été délimitées, 1 500 km de pistes à bétail identifiées et  balisées, en vue de réduire les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.

L’accès des produits animaux aux marchés s’est amélioré. Plus de 2 millions de litres de lait collectés ont été transformés et commercialisés.

36 000 tonnes de viande ont été contrôlées sur les marchés. 34 millions d’œufs produits, 372 325 bovins et 2 695 420 petits ruminants ont été exportés sur pied dans la sous-région pour une valeur monétaire estimée à 321 milliards de F CFA.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

 

Dans le domaine de la préservation de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, le gouvernement a initié en 2010 la campagne de reboisement dénommée « un arbre pour le cinquantenaire », qui a contribué à la production de plus de 13,5 millions de plants et la mise en terre de plus de 10 millions de plants sur une superficie de 9 500 hectares. Le deuxième inventaire forestier national a démarré et les actions de récupération de terres dégradées se sont poursuivies et ont concerné plus de 2 400 hectares.

En matière de gestion de la faune, le gouvernement a renforcé le contrôle sur les concessions de chasse concédées au privé. Le tourisme cynégétique est en pleine expansion dans notre pays et fait partie des plus convoités en Afrique de l’Ouest. Il a enregistré 4 440 visiteurs étrangers en 2010.

Le gouvernement ne ménage aucun effort face aux problématiques environnementales émergentes. Cette volonté s’est traduite par l’installation à Ouagadougou d’une antenne de réception d’images satellites couvrant le territoire national et l’acquisition d’un girocoptère.

Dans tous les cas, le gouvernement poursuivra la mise en place des outils et instruments nécessaires à une gestion efficace de l’environnement. Il veillera également à accroître la contribution du secteur à l’économie nationale tout en préservant le capital naturel pour les générations futures.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Il est aussi un devoir régalien de l’Etat de créer les conditions propices à l’émergence d’un secteur privé compétitif et dynamique. La rencontre annuelle gouvernement/secteur privé qui se tient de manière régulière depuis 2001 traduit bien cette prérogative. La 10e édition de cette rencontre, tenue à Bobo-Dioulasso le 19 juillet 2010, a ouvert la réflexion sur la mise en œuvre du Partenariat public-privé (P.P.P.) en tant que alternative viable à la faiblesse des ressources publiques pour le financement du développement. Cette réflexion s’est poursuivie lors de la 11e édition, tenue le 18 juillet 2011. L’aboutissement de ce processus devrait se traduire, d’ici à la fin de l’année 2011, par l’adoption par le gouvernement d’une stratégie nationale de mise en œuvre du partenariat public-privé et par la mise en place d’un cadre de concertation gouvernement secteur privé sur les projets PPP. L’évaluation de ce cadre de dialogue après plus d’une décennie de fonctionnement s’impose aujourd’hui, en vue d’en améliorer le format et l’efficacité.

En tout état de cause, le gouvernement reste constant dans ses efforts d’amélioration du climat des affaires. Les mesures visant à faciliter la création d’entreprises se sont encore renforcées en 2010, avec la réduction du délai qui est désormais de trois (3) jours dans les Centres de formalités des entreprises (CEFORE) dont l’extension s’est poursuivie pour couvrir les régions du Centre-Nord et du Sud-Ouest. Au total, 4 400 nouvelles entreprises ont été créées dont 3 381 entreprises individuelles et 1 019 sociétés, soit une progression de 20,51% par rapport à 2009. Le Centre de facilitation des actes de construire (CEFAC) a délivré deux fois plus de permis de construire en 2010 qu’en 2009, soit 592 contre 284.

Cette constance des efforts du gouvernement en matière d’amélioration de l’environnement des affaires a valu au Burkina Faso d’appartenir à la famille des 5 premiers pays réformateurs d’Afrique et d’être le premier pays réformateur de l’UEMOA selon le dernier rapport 2010 « Doing Business Better » de la Société financière internationale (S.F.I.) de la Banque mondiale. La 1re édition du forum de développement des entreprises dénommé « Africallia », qui s’est déroulée  à Ouagadougou, les 20 et 21 mai 2010, est une autre forme de reconnaissance de ces efforts.

Le gouvernement a continué d’accorder la plus grande importance au secteur de l’artisanat. Ainsi, le processus de mise en place de la Chambre des métiers de l’artisanat du Burkina Faso, entamé depuis 2009, s’est achevé en fin 2010. Les élus consulaires ont été installés et un bureau a été mis en place avec la nomination d’une directrice générale. La 12e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), véritable vitrine du savoir-faire des artisans africains et d’ailleurs, s’est tenue du 29 octobre au 7 novembre 2010 sous le thème « Artisanat africain, jeunesse et emploi », pour illustrer les potentialités dont regorge ce secteur en matière de création d’emplois et d’occupation de la jeunesse.

L’adoption par votre auguste Assemblée le 29 janvier 2010 du nouveau code des investissements a permis l’enregistrement de 74 nouvelles entreprises agréées dont l’impact sur l’économie nationale en termes de valeur ajoutée et de création d’emplois est bien certain. Le gouvernement a  poursuivi la  mise en œuvre de son programme de restructuration et de mise à niveau du tissu industriel. Des entreprises telles que DAFANI, FILSAH en ont profité. Il a accompagné la mise en place d’une charte nationale des PME devant permettre de rendre les Petites et moyennes entreprises plus compétitives, et s’est attelé à l’élaboration de la politique Industrielle du Burkina Faso.

Sur le plan des échanges, la promotion du commerce intérieur s’est traduite par l’organisation de la foire régionale des Hauts-Bassins, du 24 au 30 octobre 2010 à Orodara. La fluidité de ces échanges est demeurée la priorité du gouvernement qui l’a si bien matérialisée avec la réhabilitation de Ouagarinter, l’achèvement de la réalisation de la Gare routière internationale de Bobo-Dioulasso et la poursuite des travaux d’aménagement de la zone réservée au Projet ZAD 2.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le programme de privatisation actuellement en cours d’exécution concerne un portefeuille résiduel de 5 entreprises que sont l’ONATEL, le BUMIGEB, le C.C.V.A., la Société d’exploitation de l’Hôtel Silmandé (S.E.H.S.) et la SONABHY.

En ce qui concerne l’ONATEL, le processus s’est poursuivi avec l’opération de cession de 20 % des actions par une Offre publique de vente (O.P.V.) en direction de l’actionnariat public national et sous-régional avec une décote exceptionnelle de 6,7% pour les nationaux ainsi que la cession de 3% des actions à la Société financière internationale. La cession de 6% du capital de la société aux salariés viendra boucler le processus.

Pour le BUMIGEB, le gouvernement a décidé de maintenir cette société sous la forme d’une société d’Etat et de privatiser seulement sa section commerciale. Le rapport relatif à la liquidation de cette section commerciale a été adopté par le gouvernement en décembre 2010, parachevant ainsi ce processus.

S’agissant du C.C.V.A., la première phase de la stratégie de privatisation consistant à la cession de 51% des actions à un investisseur stratégique, a été bouclée. La suite du processus portera sur la cession de 20% des actions au public et 4% aux salariés du C.C.V.A.

Au niveau de la Société d’exploitation de l’Hôtel Silmandé (S.E.H.S.), la stratégie de privatisation retenue est la location-gérance. Le processus a connu son aboutissement en décembre 2010, à l’issue des négociations avec l’adjudicataire provisoire désigné par le gouvernement le 18 novembre 2009. La totalité des droits des travailleurs a été payée. Toutefois, je tiens à préciser que ce dossier a connu une nouvelle tournure. En effet, le repreneur ne se sentant plus en mesure de conduire à bien le projet, pour raison de santé, a sollicité l’agrément de l’Etat pour une cession du fonds de commerce à l’hôtel Silmandé. Au regard de cette nouvelle situation, j’ai instruit les ministres concernés d’élaborer un dossier d’appel d’offres restreint pour la sélection d’un nouveau repreneur parmi des investisseurs potentiels déjà identifiés et ce, afin de relancer le processus de privatisation de l’hôtel Silmandé qui devrait connaître son terme au cours de l’année 2012.

 

Enfin, le processus d’ouverture minoritaire du capital de la SONABHY sera lancé au cours de l’année 2012. Avec le retrait par le gouvernement de la SONABEL et de l’ONEA, de la liste des entreprises à privatiser, la mise en œuvre des stratégies de privatisation pour le portefeuille d’entreprises restant sera accélérée pour permettre la clôture des transactions et du programme au cours de l’année 2012.

En ce qui concerne la gestion des sociétés d’Etat, l’Assemblée générale a tenu sa 18e et 19e sessions respectivement les 24 et 25 juin 2010 et le 30 juin et le 1er juillet 2011. Malgré un contexte économique difficile, la situation économique de ces sociétés s’est améliorée au cours de l’exercice 2010. Elles sont ressorties toutes bénéficiaires. Le chiffre d’affaires global a connu une hausse de 14,05%, passant de 515,89 à 588,39 milliards de F CFA entre 2009 et 2010. Les dividendes à verser à l’Etat pour l’exercice 2010 s’élèvent à 8,84 milliards contre 1,03 milliards de F CFA en 2009. La contribution de ces sociétés d’Etat au titre des impôts et taxes s’élève à 12,60 milliards contre 9,55 milliards en 2009.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Le secteur des mines a poursuivi son regain d’activités au cours de l’année 2010. Les tendances observées au cours de ce premier semestre de l’année 2011, malgré la crise sociale qui n’a pas épargné ce secteur, nous poussent à l’optimisme.

En ce qui concerne particulièrement l’année 2010, elle a enregistré l’entrée en production de la petite mine de manganèse de Kiéré dans la province du Tuy, des mines d’or d’Inata et d’Essakane, respectivement dans les provinces du Soum et de l’Oudalan, portant ainsi à 7 le nombre de mines industrielles en exploitation dans notre pays. Ce nouveau dynamisme du secteur a permis de porter, comme je l’ai déjà souligné, le nombre d’emplois permanents de 3 000 à 5 000 et la production d’or de 12,15 tonnes en 2009 à 23,10 tonnes d’or en 2010. La production du premier semestre de l’année 2011 de 15,46 tonnes laisse augurer d’une production de plus de 30 tonnes à fin décembre 2011.

Quant à la contribution du secteur minier au budget de l’Etat, elle s’est établie en 2010 à 46, 51 milliards de F CFA réparti entre les recettes de services, les recettes douanières et les recettes fiscales. De janvier à mai 2011, cette contribution s’élève à 60 milliards de F CFA, confirmant l’essor de ce secteur. Avec plus de 440 milliards de F CFA de recettes d’exportation en 2010, l’or se positionne comme le premier produit d’exportation.

En 2010, 774 titres miniers valides ont été délivrés dont 11 permis d’exploitation industrielle et 480 permis de recherche. Le gouvernement continuera d’accompagner ce secteur dans son rôle moteur de la croissance. A cet effet, la Déclaration de la politique minière, le Guide de l’investisseur minier et le Code minier, dont les relectures sont en cours, prendront en compte à la fois les intérêts socio-économiques de l’heure et les contraintes qui freinent l’épanouissement harmonieux du secteur minier. L’étude de faisabilité pour la mise en place d’un Guichet unique des mines a été validée en octobre 2010 et le processus de matérialisation de ce guichet est en cours afin de créer les meilleures conditions de pratique de cette activité.

Je suis conscient que la crise a révélé aussi le malaise que suscite le développement de cette activité dans notre pays. Le gouvernement s’engage à apporter des changements dans notre politique minière pour qu’elle favorise non seulement l’expansion du secteur mais aussi qu’elle ne soit plus source de tension et de désaccord avec la population et qu’elle préserve notre environnement pour la santé publique des populations et le développement des générations futures.

J’ai procédé le 30 septembre dernier à la mise en place de la Chambre des mines du Burkina. La naissance de cette institution suscite de l’espoir sur l’assainissement et le développement du secteur minier.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine de l’énergie, le gouvernement a poursuivi ses efforts pour en accroître l’offre. En  2010, les travaux de construction des lignes d’interconnexion intérieures, permettant le raccordement des centres isolés de la SONABEL au réseau national unifié, ont été poursuivis en vue de réduire les coûts de production. Plus de 16  milliards de F CFA ont été investis pour la réalisation de ces lignes.

Dans le cadre du développement de l’électrification rurale, 66 nouvelles localités ont été desservies. Le gouvernement a également pris des dispositions pour sécuriser l’approvisionnement en énergie électrique du pays par la mise en chantier de la constitution d’une réserve de sécurité nationale  de 114 MW avec la construction de la centrale thermique de Komsilga de 18 MW dont le groupe a été finalement livré, et en perspective la réalisation de Komsilga 2 et 3 respectivement de 40 et 36 MW dans la zone de consommation de Ouagadougou. La capacité additionnelle de 20 MW proviendra du renforcement de la centrale de Bobo-Dioulasso.

Par ailleurs,  des dispositions nécessaires sont déjà envisagées par le gouvernement pour  le démarrage des travaux du Projet de renforcement des infrastructures et d’électrification rurale (PRIELER) qui permettra l’électrification de 150 nouvelles localités et le démarrage de l’électrification de 100 autres localités. 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Dans le domaine des transports, l’attention du gouvernement s’est focalisée, en 2010, sur la règlementation et le contrôle de l’exploitation des infrastructures routières ainsi que sur la promotion de la sécurité routière.

A cet effet, les actions visant la mise en œuvre de solutions pratiques pour une application effective du règlement relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle de gabarit, du poids et de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises dans les Etats membres de l’UEMOA et au Ghana se sont poursuivies. Ces actions ont permis de réduire de 75 à 34% le taux de surcharge des véhicules sur nos routes.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de sécurité routière, le dispositif institutionnel a été mis en place avec l’installation des membres du Conseil national de sécurité routière et la tenue de la première session de son assemblée générale. En outre, le poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé a été mis en service, en collaboration avec la Commission de l’UEMOA.

S’agissant de la facilitation de la mobilité urbaine, la Société de transports en commun de Ouagadougou (SOTRACO) a vu ses capacités opérationnelles renforcées avec l’acquisition de 10 bus de moyenne capacité. Par ailleurs, la relance des activités ferroviaires s’est matérialisée par :

–   le règlement effectif du problème des grades réels des travailleurs burkinabè de SITARAIL par le paiement intégral des droits ;

–   le règlement du contentieux financier avec SITARAIL relatif au paiement du droit d’usage ;

–   la rénovation de la gare ferroviaire de Bobo-Dioulasso.

Dans le domaine des transports aériens, les travaux d’aménagement et d’extension de l’aéroport auraient dû s’achever en 2010 n’eussent été  certains dysfonctionnements relevés dans l’exécution du marché. Je puis cependant vous assurer que je mettrai tout en œuvre pour l’achèvement des travaux le 31 décembre 2011.

Le projet de construction de l’aéroport de Donsin, qui constitue un investissement substantiel, connaît d’importantes avancées depuis la tenue, les 19 et 20 octobre 2010, de la table ronde des bailleurs de fonds.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Les efforts du gouvernement en matière de désenclavement interne et externe se sont traduits par :

–         l’aménagement des pistes, au total 3461 Km au cours de l’année 2010 et le premier semestre de 2011 d’un coût total de 30,22 milliards de F CFA ;

–         l’entretien périodique sur 816 Km de routes en terre et la réhabilitation des routes de Markoye-Frontière Mali et Markoye-Frontière Niger d’une distance de 63 Km ;

–         l’entretien courant de 14 739 Km de routes du réseau classé et 1900 Km de pistes rurales ;

–         les programmes de bitumages engagés au cours de l’année 2010 avec des avancées notables que j’ai pu apprécier personnellement en mai et juin 2011,  même s’il existe quelques difficultés ;

–         la construction des échangeurs de l’Est et de l’Ouest déjà fonctionnels.

Je déplore, néanmoins, le non aboutissement de certains travaux et la mauvaise exécution d’autres. Nous nous attelons à corriger ces insuffisances.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Sur le plan législatif et règlementaire, le secteur des télécommunications a enregistré des avancées avec la poursuite de l’élaboration des textes d’application de la loi portant réglementation générale des réseaux et services de communications électroniques au Burkina Faso et la promulgation de la loi portant gestion des noms de domaine sous le domaine de premier niveau sous l’appellation « .bf ».

L’offre de service des communications électroniques de base a enregistré une progression du fait de l’extension du réseau et des services téléphoniques. Au total :

–         335 localités ont été raccordées au réseau de téléphonie fixe ;

–         au moins 70% du territoire national sont couverts par les réseaux de téléphonie mobile ;

–         7 villes et localités disposent d’infrastructures d’accès à internet à haut débit (ADSL) ;

–         143 400 lignes pour la téléphonie fixe ont été enregistrées au 31 mars 2011, soit une télédensité de 0,91 téléphone pour 100 habitants ;

–         6 357 435 lignes pour la téléphonie mobile ont été enregistrées, soit une télédensité de 40,41 téléphones pour 100 habitants au 31 mars 2011 ;

–         une baisse des coûts de communications a été enregistrée ;

–         le renouvellement des licences des sociétés de téléphonie mobile a été opéré.

Un accent particulier a été mis sur le déploiement de l’Intranet gouvernemental avec la réalisation des travaux de génie civil en vue de l’extension du réseau de fibre optique dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya, Fada N’Gourma, Kaya et Ziniaré.

Mais je reste conscient avec vous, Honorables Députés, que la qualité du réseau de téléphonie mobile et d’Internet occasionne des désagréments  pour les usagers et un frein au développement. La loi doit être appliquée dans toute sa rigueur et les opérateurs doivent respecter le cahier des charges. J’invite l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes à faire en sorte que la qualité des services soit substantiellement améliorée dans les meilleurs délais.

En ce qui concerne la réforme du secteur postal, de nombreuses  actions ont été faites pour améliorer les performances dans ce secteur.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière d’habitat et d’urbanisme, le gouvernement mesure à sa juste portée l’enjeu de la maîtrise de l’urbanisation de nos principales villes et agglomérations en tant que véritables pôles de croissance. Ainsi, au niveau des aménagements des espaces, douze (12) communes urbaines et rurales ont été loties tandis qu’un relais-cité a été réalisé dans la ville de Bobo-Dioulasso.

Le gouvernement s’est attelé en priorité au cours de l’année 2010 à la gestion du relogement définitif des sinistrés du 1er septembre 2009 et à la poursuite de la réhabilitation d’infrastructures endommagées. Sur un nombre prévisionnel de 24 271 ménages sinistrés, 20 966 ont bénéficié de l’appui de l’Etat pour leur réinstallation sur les trames d’accueil de Yagma et de Basséko. En ce qui concerne la réhabilitation des infrastructures détruites par ces inondations, environ 600 millions de F CFA ont été consacrés aux canaux primaires d’écoulement des eaux de Zogona, de Wemtenga et du Moro Naba.

La satisfaction du besoin en logements des Burkinabè à travers le Programme 10 000 logements sociaux s’est poursuivie avec la construction de 530 logements à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Fada N’Gourma, Ouahigouya et Dédougou.

A l’occasion de la célébration du cinquantenaire de notre indépendance, Bobo-Dioulasso, ville culturelle par excellence, a connu des travaux de construction d’une maison de la culture de 2 500 places, qui malheureusement reste inachevée. L’infrastructure, d’un coût de 6,30 milliards de F CFA, est en cours d’achèvement. Cette ville a également bénéficié d’un hôtel administratif d’un coût de 1,25 milliard de F CFA, d’un marché de fruits et légumes de 1,45 milliard de F CFA, de la réhabilitation du stade « Wobi » ainsi que de l’édification du monument du cinquantenaire à hauteur de 203 millions de F CFA.

En vue de renforcer les capacités de maîtrise d’ouvrage public délégué, le gouvernement a créé, en décembre 2010, l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage délégué en bâtiment et aménagement urbain (ACOMOD-BURKINA). La période 2011-2012 connaîtra, à cet effet, la poursuite des actions de planification, d’aménagement et de valorisation des espaces urbains.

Dans le domaine du tourisme, plusieurs actions ont été menées avec succès par le gouvernement afin de rendre notre pays davantage plus attractif. Il s’agit, entre autres, de la validation des normes techniques de classement des restaurants de tourisme, de la valorisation des sites touristiques selon la stratégie Tourisme durable et de l’organisation et de la structuration des acteurs du secteur privé.

En ce qui concerne le volet aménagement et promotion des sites touristiques, les abords du site de Laongo ont été aménagés. L’hôtel de la Kompienga, les campements d’Arly, de Gorom-Gorom et de Djomga ont été réhabilités.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine de la santé, l’évènement majeur de l’année 2010 aura été, sans conteste, l’inauguration, le 25 octobre 2010, du Centre hospitalier national Blaise COMPAORE, qui a coûté 39,75 milliards de F CFA. Comme vous le savez, depuis le 1er septembre dernier, cet hôpital a ouvert ses portes.

Cette belle infrastructure, disposant d’un plateau technique aux normes internationales, permettra à coup sûr au budget de l’Etat de réaliser des économies substantielles sur les nombreuses évacuations devenues très onéreuses. C’est pourquoi, à l’occasion de la visite que j’ai effectuée le 20 juin 2011 dans ce centre hospitalier, j’ai appelé de toutes mes forces les responsables de cet établissement à œuvrer ensemble pour une bonne gestion et un service de qualité. 

Beaucoup d’autres infrastructures, concernant des C.H.R., des C.S.P.S. et des dépôts de médicaments essentiels génériques, ont été réalisées, concourant ainsi à l’accroissement de la couverture sanitaire nationale et à l’amélioration de la qualité des services de santé.

En matière de lutte contre le V.I.H.-SIDA et les I.S.T., d’importantes actions ont été menées par le gouvernement dont la plus essentielle visait le renforcement de l’accès aux soins par la disponibilité gratuite dans les formations sanitaires publiques des A.R.V. à compter de janvier 2010. Le nombre de malades sous traitement A.R.V. est ainsi passé de 26 448 en fin décembre 2009 à 30 485 au 30 novembre 2010.

En tout état de cause concernant cette pandémie, le gouvernement a adopté le 28 juillet 2010 un nouveau cadre stratégique de lutte contre le V.I.H., le SIDA et les I.S.T. couvrant la période 2011-2015 dont la finalité est de ramener le taux de prévalence à 1,12% à l’horizon 2015.

C’est le lieu pour moi de saluer l’engagement personnel du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE qui a été fort déterminant dans le plaidoyer et la mobilisation sociale contre cette pandémie. Je tiens aussi à féliciter les partenaires techniques et financiers pour leur disponibilité que je souhaite voir se renforcer pour la mise en œuvre du nouveau cadre stratégique.

Par ailleurs, l’accroissement des financements en faveur de la santé s’est matérialisé par la mobilisation de 18,07 milliards de F CFA pour la construction des 2 derniers C.H.R. de Ziniaré et de Manga, et de 3,94 milliards de F CFA pour la santé sexuelle et reproductive.

Dans le cadre du renforcement des capacités institutionnelles du secteur de la santé, le gouvernement a organisé les 2es états généraux de la santé en février 2010, la revue du secteur de la santé en mars 2010  et les 50 ans de politiques sanitaires au Burkina Faso dans le cadre du cinquantenaire.

En perspectives, le gouvernement s’attèlera, entre autres,  à :

–   la poursuite de la construction des centres hospitaliers régionaux (Ouahigouya, Tenkodogo, Manga et Ziniaré) et la normalisation des infrastructures sanitaires incomplètes ;

–   la poursuite de la formation de base des agents de santé et du recrutement du personnel en accordant la priorité aux régions déficitaires et en assurant la formation des spécialistes ;

–   la mise en œuvre du plan national de développement sanitaire (P.N.D.S.) à l’horizon 2020.

 

Je tiens ici à indiquer que suite aux visites que j’ai effectuées au CHU Souro  SANOU  le 27 mai 2011 et au C.H.U. Yalgado OUEDRAOGO le 20 juin 2011, le gouvernement a pris la décision d’accorder 600 millions de F CFA aux différentes formations sanitaires pour assurer le fonctionnement de leurs services respectifs et la spécialisation du personnel médical. Mais j’ai déploré la mauvaise gestion des hôpitaux, l’affairisme et le manque de conscience professionnelle qui y prévalent. Certes, nombre d’agents font leur travail avec beaucoup d’abnégation et d’amour mais nombre d’ente eux ternissent l’image de ce secteur vital.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine de l’action sociale et de la solidarité nationale, les actions les plus significatives au cours de l’année 2010 sont :

–   la lutte contre le  mariage précoce qui a permis de sensibiliser plus de 200 000 personnes dans 5 régions, ainsi que la prise en charge de 885 adolescentes ;

–   la mise en œuvre du plan d’actions national de promotion de l’élimination des mutilations génitales féminines dans la perspective de la « Tolérance zéro à la Mutilation génitale féminine d’ici à 2015 » ;

–   la lutte contre le travail des enfants dans les mines et carrières,  qui a permis le retrait et la prise en charge de 2 139 enfants dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, du Plateau central, du Centre et du Sud-Ouest.

Par ailleurs, la mise en œuvre du programme de filets sociaux de sécurité d’un montant d’environ  228  millions de F CFA a permis de doter des personnes handicapées de 310 tricycles simples, de 40 tricycles motorisés et de 135 prothèses auditives ; 30 000 orphelins et enfants vulnérables et près de 18 700 personnes nécessiteuses, indigentes et exclus  sociaux ont été accompagnés ou assistés sur les plans psychologique, financier et matériel.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Nous avons encore tous à l’esprit les pertes en vies humaines, la détresse de nombreuses familles burkinabè et les dégâts matériels incommensurables, consécutifs aux inondations du 1er septembre 2009. Cette catastrophe a nécessité la mise en œuvre de programmes d’assistance humanitaire d’urgence et de réhabilitation des sinistrés, dont le bilan au 31 décembre 2010 s’établit comme suit :

–   2 625 contributions d’un montant global de 18 926 366 125 F CFA, soit une subvention de l’Etat de 13 210 411 848 F CFA, et 5 715 954 277 F CFA de contributions volontaires, composées de 4 770 955 361 F CFA en espèces et de 944 998 916 F CFA en nature ;

–   la remise de 617 226 689 F CFA directement au niveau de l’Hôtel de Ville de Ouagadougou et dans les 5 arrondissements.

Le montant cumulé des  dépenses s’élève à 18 752 860 080 F CFA. Elles ont permis,  entre autres :

–   la prise en charge gratuite des sinistrés durant 6 mois dans les domaines de l’alimentation, de l’hébergement, des soins sanitaires, de la scolarisation, de l’hygiène et de la sécurité ;

–   l’aménagement de 30 012 parcelles sur les sites de Yagma et de Bassinko, l’ouverture  de  voies  et la réalisation de 25 forages ;

–   la distribution gratuite de parcelles et d’une aide de 50 000 F CFA à chacune des 20 966 ménages et locataires ;

–   la distribution de ciment et de tôles aux sinistrés ;

–   la réhabilitation des ouvrages de franchissement tels les ponts et les digues de barrages endommagés ;

–   la réfection ou la construction/reconstruction des établissements d’enseignement et des structures sanitaires, telles que l’école de Yagma, l’hôpital du district du secteur 30, le centre des aides familiales, le mur de l’Hôpital Yalgado OUEDRAOGO ;

–   le renforcement des capacités des services de l’Etat par l’acquisition de la logistique, de matériel et de fournitures de bureau.

Une  aide matérielle et financière a également été accordée aux sinistrés des autres localités du pays.

En 2010, cet élan de solidarité s’est encore manifesté au profit des populations sinistrées des  régions du Sahel, du Centre-Nord, de l’Est, du Plateau central et des Hauts-Bassins.

En cet instant solennel, je tiens, au nom du Président du Faso, à réitérer ma sincère gratitude aux Burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur, aux communautés étrangères vivant au Burkina Faso, aux pays amis du Burkina, aux partenaires techniques et financiers, à la communauté internationale, en un mot à tous les donateurs, pour cet élan de solidarité à l’égard de notre pays.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le gouvernement a une claire conscience que la réalisation d’un développement durable et équitable passe nécessairement par l’amélioration des rapports entre les genres. Aussi, après l’adoption de la politique nationale genre en 2009, s’est-il attelé en 2010, à la formulation d’un plan d’actions opérationnel et à la mise en place effective du Conseil national pour la promotion du genre. En la matière, vous vous souviendrez que votre auguste Assemblée a adopté, en 2009, la loi sur le quota genre dont le processus d’élaboration des décrets d’application connait bien des avancées.

En outre, le gouvernement a poursuivi ses actions spécifiques en faveur de la promotion de la femme, au nombre desquelles l’on peut retenir :

–   la célébration des différentes journées internationales dédiées à la femme ;

–   l’organisation du Forum national des femmes à Bobo-Dioulasso ;

–   la présentation du 6e rapport de la Commission nationale chargée du suivi des engagements en faveur des femmes (CEDEF) à Genève ;

–   le lancement de la décennie 2010-2020 de la femme ;

–   l’octroi de 44  moulins à grains, de 400 charrettes et de vélos à des associations et groupements villageois de femmes.

Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre du Plan d’action de la politique nationale genre et veillera à l’application de la loi sur le quota genre en vue de renforcer la participation des femmes aux élections législatives et municipales de 2012.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En 2010, le gouvernement a poursuivi son programme de réalisation des infrastructures scolaires à l’école primaire. Les ressources publiques mobilisées en faveur du secteur de l’éducation de base, en hausse continue, se sont élevées à 125,10 milliards de F CFA.

Ces nouvelles infrastructures ont permis un accroissement des élèves d’environ 8% dont 11,4% de filles à la rentrée 2010-2011.

En conséquence, les principaux indicateurs se sont améliorés, le Taux brut de scolarisation (T.B.S.) est passé de 74,80% en 2009-2010 à 77,6% en 2010-2011, et le taux d’achèvement de 52,1% en 2010-2011, dont 42,50% de filles.

L’allègement des charges aux ménages demeurant une préoccupation du gouvernement, il a procédé à la distribution gratuite de  plus de 2 millions de manuels et de fournitures scolaires, à la subvention des cotisations A.P.E. des filles et à la prise en charge des cantines scolaires, pour un montant de près de 14 milliards de F CFA.

Dans le domaine de l’alphabétisation, l’ouverture en 2010 de 9 658 centres d’alphabétisation, tous niveaux confondus, la construction de 23 Centres d’éducation de base non formelle (C.E.B.N.F.), l’équipement de 55 autres et la construction de 22 Centres permanents d’alphabétisation formelle (C.P.A.F), ont permis de toucher 304  563 apprenants, dont 61,63% de femmes avec un taux de réussite de 91,50%. L’élaboration du Programme national d’accélération de l’alphabétisation (PRONAA) permettra d’atteindre un taux d’alphabétisation de 60% à l’horizon 2015.

Le gouvernement amorcera la deuxième phase de la réforme du système éducatif à travers la mise en œuvre du Programme de développement stratégique de l’éducation de base (P.D.S.E.B) et du Programme national pour l’accélération de l’alphabétisation (PRONAA). En outre, il poursuivra la construction des infrastructures scolaires, celle de l’ENEP de Dori  et de celle de Tenkodogo, le transfert des ressources financières aux communes et la mise en œuvre des mesures visant à alléger la charge des ménages à travers la gratuité des manuels et des fournitures scolaires, la subvention pour la prise en charge des cotisations des filles inscrites au C.P.1 et le maintien de la généralisation des cantines scolaires.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, le gouvernement a pris en 2010, d’importantes mesures d’ordre institutionnel, telle la loi portant statut des enseignants-chercheurs, des enseignants hospitalo-universitaires et des chercheurs. Par ailleurs, il a adopté la politique sous-sectorielle des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique  et le plan d’actions pluriannuel 2011-2015 du schéma directeur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. 

En outre, le gouvernement a maintenu ses efforts de réalisation d’infrastructures. Les effectifs de l’enseignement secondaire général et technique ont connu un accroissement de 15% dont 42,5% pour les  filles de 2008-2009 à 2009-2010.

Le Taux brut de scolarisation (T.B.S.) au post primaire est en hausse de 3,3 points et celui du secondaire de 0,2 point. Le nombre d’établissements d’enseignement secondaire général, technique et professionnel s’établissait à 1 260 en 2009-2010, soit 100 établissements de plus qu’en 2008-2009.

Dans la dynamique de soutien à ce secteur,  le gouvernement a alloué, au titre du budget 2010, environ 3,5 milliards de F CFA pour le paiement des heures supplémentaires et des vacations, la subvention des établissements privés conventionnels ainsi que  l’achat de vivres au profit des cantines scolaires. 

Au titre  de l’amélioration de la qualité de l’enseignement, il convient d’indiquer la hausse significative du nombre des enseignants (14,3%), le démarrage effectif de la formation 150 enseignants de l’enseignement technique et de la formation professionnelle à l’Université de Koudougou, le recrutement de 769 autres agents (inspecteurs du secondaire,  conseillers pédagogiques, conseillers, attachés, assistants d’orientation et d’éducation, agents de soutien) et la mise à disposition de 185 000 manuels scolaires au profit des établissements publics et privés.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Au niveau de l’enseignement supérieur, les effectifs ont connu un accroissement de 9% grâce à l’ouverture des pôles universitaires de Fada N’Gourma et de  Ouahigouya, la formation à distance doctorale en système de production forestière à l’Université polytechnique de Bobo-Dioulasso, la construction et l’équipement d’infrastructures dans les  Universités de Ouaga I, Ouaga II et Koudougou.

En 2010, les actions déployées en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur se sont  traduites par :

–   le recrutement de 40 enseignants et de 5 chercheurs au profit du C.N.R.S.T. ;

–   la réhabilitation des cités et restaurants universitaires ;

–   la mise en place du système « double flux » pour les sections universitaires à forts effectifs ; 

–   la poursuite de la mise en œuvre du système L.M.D. avec 2 075 étudiants inscrits en 2009-2010.

Sur le plan de la fourniture des services sociaux, l’ensemble des aides sociales (bourses, aides et prêts FONER, alimentation et hébergement des étudiants) octroyées aux étudiants en 2010 se chiffre à 11,17 milliards de F CFA, soit 22% du budget du département en charge des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique.

Ces importants efforts ont permis  de mettre à la disposition du marché du travail 65 595 nouveaux diplômés, soit une augmentation de 26% par rapport à l’année écoulée.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le Centre national de la recherche scientifique et technologique (C.N.R.S.T.) continue de prouver son efficacité. Ses résultats dans le domaine de l’agriculture et de l’environnement, de la santé, des sciences appliquées et technologiques et  des sciences des sociétés, sont forts appréciables. L’on retiendra, entre autres :

–   le transfert du gène Bt dans deux variétés de coton créées par l’INERA ;

–   la création de plates-formes de diffusion à grande échelle de variétés améliorées de maïs, de riz et de niébé ;

–   la mise au point de nouveaux types de technique de décorticage de céréales en milieu rural ;

–   le développement de techniques et équipements adaptés aux exploitations agricoles du Burkina ;

–   la réalisation d’études prospectives des potentialités des huiles végétales non conventionnelles en vue de leur utilisation comme carburant biodiesel ;

–   l’essai sur le vaccin R.T.S./G.S.K. contre le paludisme à Plasmodium falciparum et la valorisation des données de la médecine traditionnelle.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de promotion d’emplois, les actions du gouvernement ont porté en 2010 sur la consolidation de 10 395 emplois par les Fonds nationaux, et le placement de 2 040 volontaires par le Programme national de volontariat dans les structures publiques et privées.

La promotion de la formation professionnelle s’est matérialisée par :

–   l’adoption en octobre 2010 du plan d’actions de la Politique nationale d’enseignement et de formation technique et  professionnelle ;

–   la formation de 1 950 personnes et le renforcement de compétences de 1 560 travailleurs par le Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) ;

–   la formation de 11 017 jeunes dans le cadre de la mise en œuvre du programme de formation de 10 000 jeunes par an aux métiers ;

–   la mise en place effective du dispositif national de certification des qualifications professionnelles ayant concerné 962 jeunes ;

–   la construction et l’équipement du Centre de formation professionnelle de référence de Ziniaré d’une capacité de 1 200 apprenants, pour un coût total de 6 milliards de F CFA.

Dans le cadre de la consolidation du dialogue avec les jeunes, le Gouvernement a tenu le 5e Forum national des jeunes en février 2010, célébré la Journée internationale de la jeunesse en août 2010 et achevé l’installation des 13 Conseils régionaux de la jeunesse.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le cadre du renforcement du dialogue social, le gouvernement a poursuivi ses concertations avec les organisations de travailleurs et mis en œuvre progressivement les points d’accord suite aux différentes négociations. Ainsi en janvier 2010, des mesures sociales telles que la baisse des prix des hydrocarbures et à l’octroi d’une indemnité au profit des agents de l’Etat, mis en position de stage, ont été prises.

En outre, le gouvernement a entamé avec le concours de la Banque mondiale et du Bureau international du travail (B.I.T.) l’élaboration d’une Politique nationale de protection sociale (P.N.P.S.) qui prend en compte l’assurance et l’assistance sociales (les filets sociaux).

S’agissant de la réinsertion des travailleurs déflatés et retraités, le Fonds national d’appui aux travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR) a contribué à la création et à la consolidation de 310 emplois par le financement de 72 microprojets pour un montant de plus de 285 millions de F CFA. La Caisse nationale de sécurité sociale (C.N.S.S.), quant à elle, a servi plus de 13 milliards de F CFA à plus de six cent mille (600 000) assurés sociaux.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine des sports et des loisirs, l’action du gouvernement a consisté à renforcer les infrastructures et à soutenir les activités sportives et de loisir par :

–   la construction de 5 stades régionaux, 5 stades provinciaux,  2 plateaux omnisports et d’une arène de lutte répondant aux normes internationales ;

–   la mise en service du Palais des Sports de Ouaga 2000 ;

–   l’organisation effective des compétitions nationales dans toutes les disciplines sportives, ainsi que celles de l’USSU-BF avec une participation croissante des établissements, passant de 263 en 2009 à 300 en 2010 ;

–   l’organisation des grands évènements internationaux et continentaux tels que le Tour du Faso, la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe en handball, le tournoi international du cinquantenaire.

Tous ces efforts ont permis d’obtenir des résultats satisfaisants dans toutes les disciplines sportives.

Je  salue la participation honorable de nos Etalons, toutes disciplines confondues, aux compétitions africaines et internationales, notamment le sacre des Etalons cadets en football à la Coupe d’Afrique des Nations de leur catégorie, pour la première fois dans l’histoire du football burkinabè.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Dans le domaine de la culture, le gouvernement a œuvré au cours de l’année 2010 pour doter ce secteur d’une politique nationale, cadre de référence, afin d’assurer plus de cohérence et de synergie aux interventions en la matière.

S’agissant particulièrement du cinéma, le gouvernement a acquis du matériel de haute définition d’une valeur de plus de  380 millions de F CFA avec l’appui de l’Union européenne au profit du Studio-Ecole et des cinéastes. La cinémathèque africaine, endommagée lors des inondations du 1er septembre 2009,  a été  réhabilitée pour environ 470 millions de F CFA, sauvant ainsi ce patrimoine filmique du continent et de la diaspora noire. De même, les salles de cinéma « Burkina » et « Sanyon » ont été réhabilitées.

Le Burkina Faso peut se féliciter de  l’organisation régulière de grandes manifestations dans le domaine culturel telles que le Salon international du livre et de la presse écrite de Ouagadougou (SILO) et la Semaine nationale de la culture (S.N.C.), qui contribuent à son rayonnement.

Enfin, au niveau des arts vivants, un appui à hauteur de 100 millions de F CFA a été  apporté au cours de l’année 2010  à nos  artistes qui, par ailleurs, ont reçu du Bureau burkinabè du droit d’auteur (B.B.D.A.) environ 430 millions de F CFA de droits d’auteur.   

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le rayonnement international de notre pays est un des axes majeurs des ambitions du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE tel que défini dans son pacte politique : « Le progrès continu pour une société d’espérance ».

Je puis affirmer, avec fierté, que  2010 aura été pour notre pays une année au cours de laquelle il a continué de consolider sa place en Afrique et dans le monde tout en œuvrant pour la paix et l’intégration régionale.

Les  médiations conduites avec tact et réalisme par le Président du Faso,  ont permis la résolution de bien de crises dans la sous-région, en Côte d’Ivoire et en Guinée notamment. S’agissant de l’épineuse question du Darfour, les perspectives de fin des conflits sont bien heureuses.

Partisan de l’intégration économique régionale comme meilleur moyen d’insertion des économies nationales dans la compétition mondiale, le gouvernement n’a économisé aucun effort pour promouvoir la libre circulation des personnes et des biens, et l’intégration des communautés étrangères qui nous font l’amitié de vivre parmi nous.

Outre les nombreuses concertations bilatérales, notre pays a pris une part active dans de nombreux forums aux plans sous-régional, régional et international sur des questions aussi bien politiques, économiques que sociales.

Cet engagement soutenu au plan international vaut  à notre pays aujourd’hui d’être élu au sein de nombreux  organes des Nations unies. Au cours de l’année 2010 également, dans le souci de renforcer l’action diplomatique au service de la paix et du développement, des initiatives ont permis de poursuivre le renforcement des capacités des ressources humaines de la diplomatie burkinabè à travers le démarrage effectif des activités pédagogiques de l’Institut des hautes études internationales (I.N.H.E.I).

Suite aux différentes manifestations violentes des forces de défense et de sécurité au premier semestre 2011, le gouvernement, à travers le canal diplomatique, a initié des rencontres tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur du pays  afin de présenter ses excuses aux partenaires pour les exactions dont certains ont pu être victimes.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

Si le bilan de l’année écoulée laisse percevoir les efforts fournis par le  gouvernement, nous avons l’obligation de souligner que, malgré les bonnes intentions souvent exprimées, de nombreuses lacunes, des dysfonctionnements de notre système de gouvernance freinent  considérablement notre développement. Ce beau tableau ne saurait cacher la déception et l’incompréhension de nos concitoyens face à une certaine mal gouvernance toujours persistante. Le nombre de chantiers inachevés en 2010, la mauvaise gestion des deniers publics, l’absentéisme chronique dans les services publics ou les abandons de poste, la corruption et le gaspillage mis à nu  par les institutions de contrôle, appellent à un sursaut au risque de voir nos efforts s’annihiler. Mon gouvernement est décidé à apporter les corrections nécessaires pour redonner à notre pays les valeurs qui sous-tendent son nom.

Les Burkinabè sont laborieux et industrieux. Ils sont généreux dans leurs efforts lorsqu’il s’agit de construire une nation de liberté, prospère, digne et fière. Ils demeurent fondamentalement attachés aux valeurs de justice et d’équité. Le gouvernement a le devoir de garder cette flamme toujours allumée. C’est pourquoi, je considère la récente crise qui a ébranlé notre pays comme une alerte mais aussi comme une opportunité pour raffermir ces valeurs au profit d’un développement durable et équitable du Burkina.

Je voudrais, ici même, encore une fois, dire combien le Président du Faso, Son Excellence  Monsieur Blaise COMPAORE attache du prix à la bonne gouvernance, aux libertés d’association, de manifestation et d’expression.

Mon gouvernement mettra tout en œuvre pour aller au-delà des vœux pieux pour faire de la gouvernance un axe prioritaire de son action. Sans une bonne gouvernance, nous ne pourrons jamais atteindre les objectifs ambitieux de la SCADD et du Programme présidentiel.

La liberté est la matrice même de la démocratie. Sans liberté, notre société restera muselée et aucun progrès ne peut s’obtenir. Venant d’une profession où cette valeur est sacrée, je m’emploierai à ce  que les libertés garanties par la Loi fondamentale s’exercent effectivement. Toutefois,  le gouvernement  ne manquera pas de fermeté lorsqu’il s’agira de rétablir l’autorité de l’Etat quand celle-ci est menacée ; ceci dans l’intérêt, le seul intérêt du peuple burkinabè.

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

 

Le présent se tisse sur les bouts de corde des choix, des déterminismes  ainsi que des passifs assumés du passé. Le présent se doit donc de donner en relais le meilleur à l’avenir.

La force des nations est de secréter des élans cohésifs, réparateurs  et régénérant,  pour solder les comptes et  scruter l’horizon avec foi et détermination.

En ce sens, il importe que nous en tirions toutes les leçons, des plus acceptables aux plus amers pour fertiliser notre vision de l’avenir et mieux disposer des réalités des temps présents et des défis du futur.

Il convient d’avoir à l’esprit que ce qui est en jeu, ce qui est en vue n’est pas une catégorie sociale donnée. Ce qui est en jeu c’est le Burkina  post- cinquantenaire, le Burkina d’hier, d’aujourd’hui et surtout de demain, celui de tous les temps. Ce Burkina-là  ne nous appartient aucunement.

Pourtant, il nous revient la responsabilité historique de le léguer en héritage à nos enfants, à nos petits-enfants en travaillant à donner le meilleur de nous-mêmes, et en conséquence en nous investissant avec générosité et don de soi  dans ces dimensions les plus graves : La stabilité, l’équité, la justice et le partage équitable.

Ce Burkina Faso-là doit se dessiner aujourd’hui et se décline sous les traits du pardon, de la concorde, du sens des élans inclusifs. Pour ce faire, il nous faut puiser dans nos ressources intellectuelles et interpeller le ressort moral de l’identité profonde de notre pays.

 

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Terminant mon propos, je voudrais remercier les partenaires au développement qui ont accepté partager notre destin et nous assurer de leur disponibilité pour la réalisation d’un Burkina en progrès continu.

C’est le lieu pour moi d’exprimer toute mon admiration aux vaillantes populations  rurales qui, au cours de cette campagne agricole 2011-2012, refusent la fatalité pour affronter les réalités climatiques et l’aridité des sols, nourries par cette conviction que la terre ne ment jamais, qu’elle rend toujours à la hauteur des efforts consentis. En cette période d’incertitude pluviométrique, j’ai de l’admiration pour  nos braves paysans qui n’ont pas baissé les bras.

En parcourant les campagnes de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud, j’ai constaté à quel point ils se battaient pour faire face aux caprices de la nature. Je voudrais les rassurer  que, qu’elle que soit l’issue de la campagne, mon gouvernement a déjà pris les dispositions pour les protéger de la famine.

Puisque nous ne sommes qu’au début de la rentrée scolaire, vous me permettez d’exprimer mon admiration pour tous les travailleurs du monde de l’éducation. De génération en génération, ils œuvrent sans relâche à l’éducation et à la formation de jeunes burkinabè, bâtisseurs futurs de leur pays. Je suis conscient que l’Etat ne les rétribue pas à la hauteur de leur dévouement. Même si nous le voulons, en avons-nous les moyens ?

L’année écoulée, et particulièrement le premier semestre de celle-ci, leur a été éprouvante. Nous sommes engagés à améliorer leur situation et notamment leurs conditions de travail dans la limite soutenable de nos ressources financières.

Nous pensons aux élèves et étudiants qui ont déjà commencé à arpenter les chemins des écoles, des collèges, des lycées et des universités. Ils ont été au centre de la crise. Nous souhaitons pour eux une réussite scolaire. Le gouvernement a mesuré leur désarroi et s’attachera à trouver des solutions aux problèmes liés à leurs études.

 A toutes et à tous, nous souhaitons une bonne rentrée scolaire et une année studieuse et couronnée de succès.

 Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Merci pour votre patience. Je suis prêt à vous écouter et à apporter autant que possible des réponses à vos préoccupations qui sont aussi celles de tous les Burkinabè.

 Je vous remercie de votre aimable attention.

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