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Union économique et monétaire ouest-africaine : Un niveau de récoltes globalement satisfaisant

18 mai 2019 – 16 h 25 min Pas de Commentaire | 84 views

Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles, Salifou OUEDRAOGO,  a participé à la huitième réunion du comité de haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le …

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PANEL 1 « MEDIAS ET DEMOCRATIE : ROLE ET RESPONSABILITE DE LA TELEVISION, DE LA RADIO ET DE LA PRESSE ECRITE DANS L’IMPLICATION CITOYENNE »

Soumis par par 21 novembre 2013 – 18 h 24 minPas de commentaire | 6 153 views

COMMUNICATION : « LE CAS DES RADIOS PRIVEES, PUBLIQUES ET ASSOCIATIVES DANS L’ANCRAGE DEMOCRATIQUE »

Communicateur: Guy Constant EHOUMI, Journaliste, Président de l’ODEM/BENIN

Introduction

La nature des relations entre les composantes d’une cité est mue par la nécessité absolue imposée à l’homme  de tenir compte de ses semblables. Le fait qu’il ne saurait vivre en vase clos, c’est-à-dire sans parler ou échanger avec d’autres personnes qui l’entourent  conforte la thèse selon laquelle, il a inévitablement besoin des services des semblables pendant qu’il en offre lui-même consciemment ou inconsciemment. Certains penseurs ont pu de ce fait conclure que l’homme est un  animal social. Ce qui veut dire qu’il ne peut vivre qu’en société ou simplement avec des semblables.

Dans cette relation entre les hommes, plusieurs théories de collaboration ont été développées dans le seul souci de garantir aux hommes, de meilleures conditions d’échanges voire de vie.

Ainsi a-t-on fini par inventer la démocratie comme système pouvant organiser les relations entre les hommes vivant dans une même cité et condamnés à vivre ensemble. Ce système a établit des institutions avec des missions ou des rôles particuliers dans la gestion de la cité. On pourrait schématiquement retenir que dans une démocratie, il existe un pouvoir qui gère, l’Exécutif, un pouvoir qui trace les règles de vie dans la cité et contrôle le gestionnaire, le Législatif, et un pouvoir qui sanctionne tout manquement aux règles établies, le Judiciaire.

Mais pour que tout cela se passe harmonieusement, il y a un pouvoir longtemps ignorer et qui a fini par s’imposer à tous les autres pouvoirs à cause des avantages ou mêmes des inconvénients que les différents pouvoirs tirent de ses actions.

Les médias, pour ne pas les nommer ont fini par s’imposer comme interface d’échange d’informations entre les différents pouvoirs sur les activités de chacun.  De plus en plus on appelle les médias, le quatrième pouvoir. Car, ils  peuvent contribuer à faire ou à défaire un homme, un pouvoir, ou contribuer à construire ou à détruire  une société ou toute une nation.

Au nombre des composantes des médias, nous avons à côté de la presse écrite, de la télévision et de la presse en ligne, les radios.

Ces dernières reconnues  presque partout comme les moyens d’information les plus usités par les populations, portent l’information plus loin à un très grand nombre de citoyens. Mieux, les radios utilisent assez facilement les différentes langues dans lesquelles s’expriment les populations.

La présente communication intitulée « LE CAS DES RADIOS PRIVES PUBLIQUES ET ASSOCIATIVES DANS L’ANCRAGE DEMOCRATIQUE », voudrait développer le rôle et la responsabilité particulière des radios privées, des radios communautaires et des radios publics dans leur implication citoyenne nécessaire  dans un système démocratique en Afrique pour  contribuer à construire et à maintenir la paix.

Plan

 I-Définition de termes et concepts

Pour mieux aborder la présente communication, nous allons d’abord préciser la compréhension des termes et concepts que nous auront à développer.

1 -Média

 Le terme média désigne, dans l’acception la plus large, tout moyen de diffusion ou naturel ou technique, permettant la communication, soit de façon unilatérale, soit de façon multilatérale par un échange d’informations, selon le site wikipedia.org.

Pour l’Internaute. com, le média est un support de diffusion de l’information. Et ici les exemples cités sont : Presse , radio, Télévision, internet.

Et quand on passe à la définition liée au Marketing, les Medias sont définis comme un ensemble des supports qui relèvent d’un même mode de communication.

Les 5 grands médias actuels sont : la presse, la télévision et le cinéma, l’affichage, la radio, l’internet.

Nous retenons à ce niveau de définition qu’il faut entendre par média, un ensemble de support  qui permet de transmettre l’information.

Au nombre de ces médias, nous retrouvons la Radio qui fait l’objet de la présente communication.

2-La Radiodiffusion 

Allons directement à la définition d’une station de radiodiffusion pour retenir qu’elle  est une transmission à distance, par le biais d’ondes électromagnétiques, d’émissions  sur une fréquence donnée à caractère uniquement audio (seul du son est émis) générée par un ensemble d’appareils, à savoir :  l’émetteur, le pilote ( conducteur), l’amplificateur et, optionnellement, le codeur Radio data system (RDS).

La radio est un moyen d’information pour lequel, l’auditeur n’a pas d’effort particulier à faire dès qu’il peut mettre en marche son transistor. C’est aussi le média qui n’a pas besoin d’attention particulière de l’auditeur.

 Chaque station de radio est captée sur une ou plusieurs fréquences bien précises de la bande de réception.

 Certaines stations de radio utilisent plusieurs émetteurs pour couvrir une étendue géographique plus importante.

Nous pouvons aussi retenir qu’il existe plusieurs gammes de fréquence pour les stations de radio dont le nom indique à la fois ladite bande de fréquences et aussi la technologie employée pour la démodulation.

On peut citer :

-Bande de FM

  • BandeFM(Modulation de fréquence), plage 88 à 108 MHz (Bande II de la gamme de fréquences VHF) ou très haute fréquence.
  • Bande AM(Modulation d’Amplitude ) existe dans les variante Ode Courtes( Abbr :HF,OC ou SW, de 3 à 30 MHz), Ondes Moyennes (Abbr :MF, OM ou MW, de 300kHz à 3MHz) et Ondes Longues (Abbr :LF,OL ou LW, de 30 à 300kHz)

Plus la fréquence du signal est élevée plus sa portée est petite. Ainsi en bande FM on constate des portées allant de 20 à 40 kilomètres suivant la qualité de l’émetteur et en Ondes longues on peut atteindre plusieurs milliers de kilomètres.

 Malheureusement pour la quantité d’information transportable c’est l’inverse ; plus la fréquence est élevée plus on peut véhiculer d’informations. En bande FM on peut recevoir un signal stéréo ce qui n’est pas le cas avec les différentes plages des bandes AM.

Mais dans chaque pays, il existe désormais plusieurs catégories de radios.

Il y a des :

-radios associatives, non commerciales, tirant leurs principales ressources de subventions privées ou publiques. Les ressources publicitaires ne peuvent dépasser 20 % de leurs produits. Plus précisément, produits dits « courants » (Hors subvention, notamment.)

– radios commerciales, non affiliées à un réseau national identifié et ne desservant pas un bassin de population de plus de 6 millions d’habitants. Pour la plupart des radios privées commerciales.

radios commerciales rediffusant un programme national identifié, avec un programme local spécifique et de la publicité locale. Le plus souvent ce sont des  radios de service public qui ont un programme national et qui bénéficie de subvention de l’Etat au nom du service public qu’elles assurent.

3-La Démocratie :

Etymologiquement, le mot démocratie vient du grec dêmos qui signifie peuple, et kratos qui veut dire pouvoir ou autorité. La démocratie peut donc s’entendre comme le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple, cela sous-entend le principe de souveraineté sans qu’il y ait de distinctions dues à  la naissance, à la richesse, à la compétence. Le principe d’égalité y est donc attaché.

 En règle générale, les démocraties sont soit directes ou représentatives.

 Dans ce dernier cas, le pouvoir s’exerce par l’intermédiaire de représentants désignés lors des élections au suffrage universel.

Une définition qui tend à devenir normative est la célèbre formule d’Abraham Lincoln qui dit que  la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple et  pour le peuple ».

Autres principes et fondements de la démocratie :

-La liberté des individus ;

– La règle de la majorité ;

-L’existence d’une Constitution et  d’une juridiction ( Une Cour ou un Conseil constitutionnel) ;

-La séparation des pouvoirs (législatif, Exécutif, judiciaire)

-La consultation régulière du peuple par élection ou référendum

-La pluralité des partis politiques ;

-L’indépendance de la justice

4- Le Rôle :

 Le terme rôle évoque une notion d’implication. Par rapport à la présente communication, le rôle peut s’entendre comme  le genre d’action ou de comportement, à la place qu’on occupe.  C’est la fonction remplie par quelqu’un. C’est l’attribution assignée à une institution. : Le rôle du maire dans la commune.

Emprunté à la Sociologie, le rôle est ensemble de normes et d’attentes qui régissent le comportement d’un individu, du fait de son statut social ou de sa fonction dans un groupe.

5-La Responsabilité :

La responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances et conséquences comprises, c’est-à-dire d’en assumer l’énonciation, l’effectuation, et par suite la réparation voire la sanction lorsque l’obtenu n’est pas l’attendu.

 C’est aussi l’obligation ou la  nécessité morale de répondre, de se porter garant de ses actions ou de celles des autres. C’est le fait d’être d’une fonction.

En ce qui concerne les radios, nous pouvons aller jusqu’à évoquer la responsabilité civile qui est un domaine du droit et qui vise  à réparer le non-respect d’une obligation ou d’un devoir envers autrui. Il vise à indemniser une victime. L’objectif est d’indemniser le préjudice subi par une personne.

Notre sujet n’exclut pas non plus la responsabilité pénale qui fait répondre face à l’État de la violation d’une règle, menant généralement à une amende ou à l’emprisonnement.

6- L’Implication citoyenne 

La participation citoyenne  concerne des projets annuels et des programmes pluriannuels, ayant pour vocation, d’une part, de renforcer les processus permettant d’impliquer toujours plus largement la société civile organisée et les citoyens dans la vie publique, et d’autre part, d’améliorer la nature et le contenu des échanges au sein de la société civile et entre société civile et institutions. La participation citoyenne est clé de la démocratie. Il suffit de le faire savoir aux différentes composantes de la société. Elle s’exprime souvent par les différents engagements des composantes de la société qui ont le droit et le devoir de participer à toutes les réflexions et décisions concernant leur vie et leur relation avec leurs dirigeants et mandataires.

7- La Paix 

La paix vient du terme latin pax. La paix peut être définie aussi bien au sens positif qu’au sens négatif. Au sens positif, la paix est un état de tranquillité et de quiétude.

La paix est l’état de concorde, d’accord entre les citoyens, les groupes sociaux. C’est l’absence de luttes sociales, de troubles sociaux, d’agitation, de bruit. C’est l’état d’un groupe, de personnes qui ne sont pas en querelle, en conflit. C’est l’état de tranquillité, de repos chez quelqu’un. Ce dernier jouit du calme intérieur, de la tranquillité d’âme.

 En revanche, au sens négatif, la paix est l’absence de guerre ou de violence. C’est l’état de pays, de nations qui ne sont pas en guerre de manière triviale. On peut aussi dire que c’est la cessation de l’état de guerre entre deux ou plusieurs belligérants.

Dans le domaine politique et pour le droit international, la paix est la situation et la relation mutuelle de ceux qui ne sont pas en guerre.

 Il s’agit, dans les deux cas, d’une paix sociale où sont entretenus de bonnes relations entre les communautés d’individus.

Nous pouvons nous arrêter à ce niveau sans évoquer les traités ou  accords établis entre les gouvernants dans le but de mettre fin à une guerre.

II- Les fondements de l’implication citoyenne des radios dans l’encrage démocratique

L’implication citoyenne des radios dans l’ancrage démocratique tire son fondement des systèmes de gouvernance établis dans chaque pays.

Le système adopté par la plupart des pays africains, mis à par les royaumes, du moins les pays  de la région ouest-africaine est le régime démocratique.

 Dans ce cadre, il y a d’abord et avant tout, l’environnement des relations internationales  qui a conduit à des conventions fondant la nature des droits et devoirs que les citoyens et les gouvernants doivent établir pour assurer des relations de paix. Du coup, les droits et devoirs conventionnellement adoptés indiquent les missions de chaque composante de la société.

A-Dispositions des conventions, lois et textes réglementaires

Partons d’abord du fait que le principe de la liberté de la presse est reconnu par le droit international.  Le principe du droit d’informer et d’être informé est précisé à  l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».

Ensuite, il y a le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté le 16 décembre 1966, et entré en vigueur le 23 mars 1976 ratifié par la plupart des pays Africains. En tout cas, le Bénin, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Togo, l’ont signé et ratifié.

Le pacte international dispose en son article 19 que « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions.

Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de chercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considérations de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. L’exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs spéciaux et des responsabilités spéciales. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires : a)au respect des droits ou de la réputation d’autrui ;b) à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. »

Le principe  de la liberté  de presse a été rappelé  à l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples adoptée le 12 juillet 1981. « Toute personne a droit à l’information. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements en vigueur ».

Tous les pays précités et d’autres de la Cedeao, ont aussi ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

L’on constate aisément avec ces différents textes que les radios qui ont pour mission essentielle de collecter l’information, de la traiter et de la diffuser ont la liberté d’exercer conformément aux textes en vigueur, et surtout avec la responsabilité de ne pas agir contre les droits et la réputation d’autrui, la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. Cela veut dire que dans nos Etats, les radios sont autorisées à s’informer et à informer.

En appui aux conventions internationales,  les pays africains ont pris des lois nationales et autres textes réglementaires pour encadrer ces droits internationalement reconnus aux radios.

Dans l’espace de la Cedeao, le Sénégal fut l’un des premiers pays africains à se préoccuper de l’évolution de la presse et de tous les attributs afférant au métier de journalisme. Les autres pays n’ont pas manqué de s’inspirer de son exemple.

Evoquons ici les quatre régimes de presse possibles dont deux despotiques (l’un autoritaire, l’autre communiste) et deux autres démocratiques (libéral et de responsabilité) dégagés par feu Professeur émérite, spécialiste des questions d’éthique journalistique et de l’étude des médias aux Etats-Unis , Claude-Jean BERTRAND.

 Le régime libéral né en Europe au siècle des lumières (18e) est depuis lors celui adopté par plusieurs âges. Un régime dit de responsabilité socialequi est le prolongement du régime libéral désormais en vogue, s’efforce d’associer liberté et qualité des médias. Les médias doivent être indépendants, donc être des entreprises commerciales à la recherche du profit, mais ils doivent aussi être responsables vis-à-vis des groupes de la société.

Le régime adopté par le Sénégal et qui a inspiré les autres pays Africains est une conjugaison des deux derniers : le régime libéral de responsabilité qui règne dans une démocratie. Déjà en 1947, l’application de la loi française du 29 juillet 1881 jusque-là partielle est devenue effective. La constitution sénégalaise de 1963 en son article 8 garantit à chaque citoyen la liberté d’expression « chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume et l’image ». Cette garantie est une source où s’abreuve la liberté de presse. Une loi, encore appelée code de la presse a été votée à l’assemblée le 11 avril 1979. Jugée incompatible avec l’évolution démocratique du Sénégal, elle fut abrogée en 1986 par une autre loi, celle du 16 juin 1986 qui, à son tour fut remplacée par la loi du 22 février 1996 actuellement en vigueur. Selon cette loi « tout organe de presse peut être publié sans autorisation préalable et sans dépôt de cautionnement ». Les textes qui ont suivi en ont garanti les mêmes principes.

Les fonctions de la presse dans un régime libéral de responsabilité concourent à la consolidation de la démocratie.

 Selon le professeur en art et technologie, Aurélien LECLERC, six fonctions peuvent être dégagées.

La première fonction remplie par tout organe de presse est l’information. La presse doit tenir au courant des événements importants de notre environnement. Elle permet à l’auditeur d’évaluer les demandes des groupes et les réactions des gouvernants. La deuxième fonction, c’est le renseignement que les médias remplissent en offrant à tout un chacun ce qu’il cherche ou tente de faire. La troisième concerne la prise de position que peut faire un journal, une radio ou une télévision sur des sujets de grand intérêt comme en témoignent les éditoriaux, les commentaires et autres productions d’analyses. La quatrième fonction  est le  caractère distrayant que peut avoir la presse, notamment avec les rubriques sportives, mots-croisés, feuilletons, bandes dessinées, faits divers, chiens écrasés etc. La cinquième fonction est la fonction mobilisatrice parce que la presse développe un sentiment d’appartenance à une communauté, à une collectivité. La sixième et dernière fonction est instructive puisque la presse peut avoir un rôle éducatif. Elle aide ainsi le citoyen à se faire son idée de manière autonome.

Il en ressort, qu’il ne peut y avoir de presse libre en dehors d’une démocratie, tout comme l’on ne peut parler de démocratie sans presse libre. La presse si elle est débarrassée de contraintes, elle  peut assumer le rôle qui lui est dévolu.

Distinguons des lois quelques catégories de radios.

Il s’agit entre autres :

La Radio de service public 

La notion de radio de service public continue de subir des confusion à cause de la forme de tutelle exercée par les différents pouvoir exécutif  chargés de gérer en premier chef les affaire publiques dans nos pays.

Et il est important de rappeler que la radio de service public ne doit pas seulement s’entendre par seulement un changement de statut juridique. C’est plutôt un changement dans les missions, les contenus et les fonctionnements de ladite radio. Son statut et son fonctionnement ne doivent pas souffrir de confusion.  

Dans une radio de service public, il faut retenir que le patron qui dirige, c’est le public. Car, il s’agit d’abord d’un service au public et pour lequel le public paie. C’est l’argent public qui en grande partie fait fonctionner la radio. Contrairement à une radio d’Etat où c’est l’Etat qui est patron à travers un Ministère ou un comité ad hoc qui contrôle tout.

Dans nombre de pays africains, au lieu de permettre que le budget de la radio de service public soit autonome et directement voté par l’assemblée nationale, il y a une forme de tutelle créée sous le ministère en charge de la communication. Et s’est souvent par rapport à cette tutelle que les gouvernants tentent de dévoyer le rôle de service public. Or, la radio de service public devrait être responsable devant les représentants légitimes du public, à savoir ses représentants élus : la représentation nationale.

La radio de service public peut également recourir à des ressources financières privées dans une proportion d’au plus 20% des recettes, sous forme de publicité ou de parrainage (sponsoring) d’émissions. Les publicités sont souvent institutionnelles, émises par des institutions publiques, des collectivités locales ou des groupements d’intérêts. Elles peuvent également concerner des partenaires privés à condition qu’ils soient honorablement connus.

Mais il faut éviter la concurrence avec les radios privés et sauvegarder le programme d’une radio de service public.

De plus, la radio de service public ne cherche pas forcément  la rentabilité, mais doit chercher à couvrir le plus grand nombre possible de la population.

Elle dispose d’infrastructures, de personnels, de fréquences et d’une culture audiovisuelle lui permettant de réaliser  des programmes de qualité

La Radio Privée

La radio privée est l’autre moyen de diffusion de l’information  qui a une influence, aussi bien sur le plan économique, technique  que de la programmation. La liberté du marché fait souvent que la programmation de la radio privée est à la hauteur de sa part de marché assez importante. Les programmes de la radio privée visent toujours à  coller au plus près des goûts et des exigences du public.

 Dès que le principe de la radiodiffusion a été arrêté en Europe dans les années vingt, il a fallu trouver le mode de financement d’une programmation régulière.

Des exemples sont légions à travers le monde. En Europe par exemple, le cas de la British Broad-casting Company (BBC), née en 1922 est édifiant.  Elle regroupait au départ des acteurs privés de différents horizons dont le but était à la fois de développer un marché des récepteurs et de diffuser des programmes.

En 1927 elle est devenue publique et  le mot Company a été remplacé par Corporation. En France, entre les deux guerres, plusieurs radios privées ont pu se déployer et se financer grâce au marché publicitaire.

Pour la plupart environ 60% des dépenses sont investis dans les programmes, les techniciens, l’administration et la publicité. Les coûts liés à la diffusion du signal ne sont pas considérables. Ce qui coûte aussi cher ce sont le matériel et les frais de gestion.

Nos différents pays foisonnent aujourd’hui de radios parce que le poids économique de la radio dans le paysage général des médias n’est pas très important. Mais l’on ne saurait apprécier encore ce qu’il adviendra en 2020 ou 2025 lorsqu’on passera au numérique.

 

La Radio communautaire

Pour permettre de cerner assez facilement les contours de la radio communautaire, nous allons emprunter la définition proposée par l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec.

« La radio communautaire est un organisme de communication indépendant, à but non lucratif, à propriété collective, géré et soutenu par des gens d’une communauté donnée. Elle est un outil de communication et d’animation qui a pour  but d’offrir des émissions de qualité répondant aux besoins d’information, de culture, d’éducation, de développement et de divertissement de la communauté dont elle est issue. » Nous pouvons ajouter alors que la radio est libre, souvent rurale, citoyenne, populaire, éducative, participative.

Elle adopte le plus souvent les interventions interactives. Pour certains, c’est la radio des sans voix à côté des radios privées et des radios de service public.

Leurs ressources viennent de subventions privées ou publiques et leurs publicités ne devraient pas dépasser les 20% de leurs recettes.

B- Les chartes et codes de déontologie 

En plus des dispositions légales votées par les Parlements et promulguées par les Chefs de gouvernements de nos pays, y compris les décrets d’applications, il y a à l’interne des journalistes eux-mêmes des dispositions pour s’assurer un bon exercice du métier.

Nous avons ainsi dans plusieurs pays, des chartes ou des codes de déontologie de la presse qu’ont adoptés les journalistes. Quel que soit le nom qu’on a donné à ce document élaboré et adopté par les journalistes eux-mêmes,( Code ou Charte) il faut simplement retenir qu’il y figure essentiellement des dispositions relatives à la bonne conduite du journaliste, le devoir de bien collecter, de bien traiter l’information avant de la diffuser. Mieux, il est recommandé dans ces documents que le journaliste doit observer une retenu par rapport aux intéressements auxquels il pourrait être soumis de la part des personnes intéressées par son travail. C’est surtout le souci de la fiabilité, de l’impartialité et de l’équilibre de l’information qui est recherché.

Dans la plupart de ces codes il est aussi rappeler le devoir des employeurs vis-à-vis des journalistes pour les mettre à l’abri du besoin qui pourrait les pousser à la tentation.

Enfin ces codes réclament le libre accès aux sources d’information  et la sécurité du journaliste pour lui permettre de bien faire son travail.

Voilà au-delà des conventions et lois, le complément apporté par les journalistes à l’arsenal juridique qui indique et conforte le rôle des journalistes et des organes de presse et partant des radiodiffusions qui font l’objet du présent panel.

 

III- La manifestation du rôle  des radios dans l’encrage démocratique

A-Cas de la radiodiffusion de service public

La radio de service public selon sa définition n’est pas au service d’intérêts particuliers ou partisans, mais de l’intérêt général.

Elle vise le grand public en général, pris dans toutes ses composantes d’âge, de sexe, d’origine sociale ou ethnique, d’appartenance politique, philosophique ou religieuse.

Dès lors, ses différents programmes doivent alors le refléter. Le service public doit couvrir l’ensemble du territoire. Tous les contribuables étant égaux en devoirs, ils doivent l’être également en droits. Tout citoyen doit alors pouvoir   l’écouter où qu’il habite.

La radio de service public à pour rôle d’informer sur les sujets qui concerne toute la nation et sur les activités des différentes institutions, groupes constitués et  aussi éduquer et distraire dans les différentes langues des populations sur toute l’étendue du territoire.

Des chaînes ou des rubriques spécialisées doivent faire partie du  programme de la radio de service public pour satisfaire les différentes catégories: les jeunes, les adultes, les amateurs de la musique traditionnelle, les amateurs de la  musique de variété,  les fans de la culture etc..

Le service public doit considérer ses auditeurs comme des citoyens et non de simples consommateurs. La radio de service public doit alors entretenir le lien social,  rassembler et ne pas diviser les citoyens.

 Le contenu de ses programmes est d’orientation démocratique et culturel. Le contenu de son  information  doit être pluraliste. La radio de service public a un rôle de ciment culturel et social. Elle constitue un outil médiatique au service de l’échange d’idées, de l’enrichissement de la pensée. Elle doit travailler  honnêtement pour présenter autant que possible la réalité de tout le public qu’elle dessert. Son information doit être  pluraliste, dégagée de toute influence partisane.

La légitimité de la radio de service public est perçue comme un droit par le citoyen. Et cela oblige la radio à être la garante de la diversité des modes de vie, des goûts, des opinions. La radio ne doit pas être mise au  service d’un pouvoir, quelle que soit sa nature. Ses animateurs ne doivent pas s’inféoder au pouvoir, mais, s’efforcer au partage, à la diversité. La radio de service public doit être  représentative d’une certaine conception de la société basée sur le respect de la liberté d’expression.

Elle doit travailler à faire connaître aux populations, la différence entre les différentes institutions de la République.

Son rôle est de faire savoir que dans un régime démocratique par exemple, l’Exécutif est présidé par le Chef de l’Etat qui a des ministres sous sa tutelle pour travailler.

Dans le même temps, la radio doit dire que l’Exécutif reçoit les moyens de son travail dans un régime présidentiel de l’Assemblée nationale. Et dire aux populations que l’Assemblée Nationale contrôle le Chef de l’Etat et les ministres. Donc, les députés ont le rôle de contrôler la gestion du gouvernement.

De même la radio doit faire savoir que le pouvoir judiciaire est chargé de sanctionner tous ceux qui ne respectent pas les lois votées par l’Assemblée Nationales ou qui gèrent mal les fonds publics.

Il revient à la radio de service public de faire comprendre aux citoyens dans tout le pays et même dans leurs langues que ce que réalise par exemple le gouvernement ne sont pas des dons personnels du Chef de l’Etat et de ses ministres, mais ce sont les moyens de l’Etat, de tout le monde qui leur sont confiés pour réaliser des programmes qu’ils ont promis. Et quand ils ne font pas bien, le citoyen, le public doit les interpeller.

Il en est de même en ce qui concerne les maires et autres élus locaux.

La radio de service public doit aussi informer et éduquer les citoyens par rapport aux comportements à avoir vis-à-vis de leurs devoirs civiques, en ce qui concerne surtout le respect des biens publics, des infrastructures réalisées que chacun doit contribuer à entretenir.

La radio de service public doit travailler à sensibiliser les citoyens à leur nécessaire participation aux débats nationaux et à la gestion de leur cité.

La fibre patriotique doit être fouettée régulièrement par la radio pour engager tous les citoyens au développement de la nation.

C’est à la radio de service public de dire par exemple que le policier n’est pas l’ennemie du citoyen, qu’il est dans un rôle républicain et qu’il n’a pas aussi le droit d’abuser de la liberté des citoyens.

Il revient aussi à la radio de service public de sensibiliser les parents, les enseignants, les formateurs sur leurs rôles et leurs responsabilités dans la formation des jeunes et par rapport au bon exemple qu’ils doivent donner.

Elle a aussi pour rôle de développer les éléments positifs des différentes traditions et faire ressortir les dérives qui ne renforcent pas la société.

La radio de service public a aussi pour rôle de véhiculer les messages de paix des confessions religieuses pour construire la société et la maintenir dans la paix.

La radio doit éviter de servir de courroie de transmission des messages conflictuels ou des antagonismes pouvant entretenir voire attiser le feu d’un conflit entre les populations, ou entre les différentes composantes de la société.

B-Cas de la radiodiffusion privée

1-La radio privée commerciale

La radiodiffusion privée commerciale est un organe qui  pour premier objectif d’occuper l’espace, d’offrir les informations les plus proches et qui satisfont les goûts et désirs des auditeurs en vue de tirer meilleurs profits.

A première vue, elle ne se donne pas pour mission de jouer un rôle de service public, bien qu’elle soit astreinte à des obligations d’équilibre de l’information et de sauvegarde de la paix , c’est-à-dire l’éviction des troubles dans la cité.

La radio privée commerciale offre le plus souvent un mélange d’informations, de musique et du sport. Environ 40 à 50% des informations sont de l’actualité, des magazines et des débats de façon générale. Les programmes culturels font entre 20 et 30% et les 20% qui restent sont consacrés au diversissement.

La radio privée s’offre beaucoup plus comme un agent au service des annonceurs et c’est surtout la publicité qui alimente ses recettes.

Dès lors, la radio privée peut penser qu’elle est totalement libre.

Or, dans les différentes conventions, il est précisé aux radios le cadre de leur travail et les lignes à ne pas franchir.

En principe, la radio privée à pour rôle aussi de collecter, de traiter et de diffuser l’information aux populations. Elle a aussi un devoir d’éducation, de distraction, mais aussi de contribution à l’édification d’une nation.

Mais il n’est pas rare de constater que les radios privées commerciales sont d’abord au service de leurs promoteurs. Lorsqu’il s’agit d’homme politique, la radio est engagée pour défendre ses intérêts. Souvent, elle organise des émissions ou des débats qui font l’apologie du camp de son promoteur et parfois même détruit l’image des adversaires politiques.

Lorsqu’il s’agit d’une radio promue par un opérateur économique, la radio sert à promouvoir les activités de ce dernier et de ses partenaires. Or, la plupart du temps, les opérateurs économiques ont aussi des protecteurs dans les arcanes du pouvoir. Ce qui se fait remarquer dans les productions de la radio.

Ce qui est le plus remarquable est que la radio privée commerciale dans sa démarche d’informer librement sur tout ce qui se passe, va souvent dans la sensibilisation des populations sur la mauvaise gestion des biens publics par les gouvernants. Elle dénonce des dossiers scandaleux, des tractations politiques tendant à confisquer le pouvoir souvent par le régime en place.

Par rapport à cela, elle est souvent traitée de radio de l’opposition.

2-Les radios privées non commerciales

Les radios privées non commerciales sont surtout des radios corporatistes, des radios confessionnelles qui jouent le rôle d’animation et de sensibilisation sur des doctrines ou des comportements culturels qu’elles veulent faire adopter par les citoyens. Souvent elles contribuent à apaiser les cœurs, à inviter les citoyens à l’amour du prochain, à la tolérance.

Mais certaines ne manquent pas de couvrir d’autres confessions de diatribes. Les organes de régulation et d’autorégulation des médias sont là pour les rappels à l’ordre ou les sanctions.

C-Cas de la radio communautaire

 » Lorsque la radio favorise la participation des citoyens et défend ses intérêts ; lorsque qu’elle répond aux goûts de la majorité, que c’est fait avec humour et que l’espoir demeure sa priorité ; lorsque qu’elle informe vraiment ; lorsqu’elle aide à résoudre les mille et un problèmes de la vie de tous les jours ; lorsque durant les émissions, les idées sont débattues et toutes les opinions respectées ; lorsqu’elle encourage la diversité culturelle et non l’uniformité commerciale ; lorsque les femmes transmettent des informations et ne représentent pas de simples voix décoratives ou encore un attrait publicitaire ; lorsque aucune dictature n’est tolérée, non plus que la musique imposée par les disquaires ; lorsque les paroles de tous et chacun sont entendues sans discrimination ni censure, cette radio est une radio communautaire. » Lit-on dans  Manual urgente para Radiolistas Apasionados, José Ignacio Lopez Vigil, 1997. Site Internet de l’AMARC (www.amarc.org).

Cela traduit tout en fait de ce qu’est le rôle d’une radio communautaire.

Mais il faut ajouter la notion de la proximité. Car, la radio communautaire et une radio au service d’une communautaire donnée. Les différentes expériences présentent des radios communautaires souvent limitées à l’espace d’une commune.

Et le rôle de la radio est d’accompagner le Conseil communal, l’Association de développement de la commune, les groupements de femmes et de jeunes. La radio est plus axée sur les activités des différentes communes qu’elle relaye.

La radio organise des débats, des émissions interactives pour permettre aux populations de parler à leurs dirigeants, ou aux dirigeants de s’adresser à leurs administrés.  La radio communautaire joue souvent le rôle de canal des « sans voix » pour  s’exprimer. Elle sert de porte-parole aux opprimés.

La radio communautaire accomplit une activité à but non lucratif. Comme elle est contrôlée par la communauté qui est son propriétaire, elle donne  l’occasion à la communauté d’agir dans son seul intérêt.

Elle participe à la formation et à la sensibilisation des différentes composantes de la commune. C’est le moyen de communication qui aide les populations à s’informer sur ce qui se passe dans leur proche environnement. Et donne aussi l’occasion aux membres de la communauté de s’exprimer et de renforcer aussi leurs liens malgré les différences de langues, d’ethnies, de cultes.

Le rôle de la radio communautaire est de diffuser des informations propres à la population.

La radio communautaire a pour rôle par exemple d’informer les communautés locales, sur la météo pour un bon suivi dans l’agriculture.

Elle a pour rôle de bien informer les populations concernant les élections locales, les programmes de vaccination, l’accès aux soins médicaux ou à l’éducation.

La radio doit aussi former les citoyens sur le processus démocratique et sur la tolérance nécessaire et permanente afin d’éviter les violences pouvant conduire à des conflits.

La radio doit concevoir des émissions de sensibilisation permanente qui forge le patriotisme.

Mais dans la réalité, si les radios communautaires satisfont aux attentes des populations plus ou moins, il n’est pas rare de constater que certaines radios dévient de leur objectif principal et deviennent le moyen au service du maire ou de l’Association de développement. Le Conseil d’administration poussé par des intrigues politiques finit par ne plus accorder l liberté de travailler aux animateurs des radios.

 

IV-Les obstacles à l’implication citoyenne des radios

Les radios en tant que véhicules d’informations, arborent souvent le manteau d’aiguiseur de conscience, de forgeur d’opinion, de veilleur, de dénonciateur, d’éducateur  et de formateur. Dans ce rôle, elles finissent par bousculer des intérêts souvent des hommes politiques ou des groupes constitués.

A partir de ce moment, l réaction de ceux dont les intérêts sont mis à mal développent des moyens pour les empêcher d’éclairer la lanterne des populations sur tout ce qui se passe.

Au-delà, d’autres gouvernants font en sorte que la radio ne serve plus d’autre cause que la leur en premier et plus que tout.

 

A-Pression et dévoiement du service public

Les radios de service public sont pour la plupart sont placées sous la tutelle du gouvernement à travers nos différents pays. Et comme si les différents dirigeants de part les pays s’entendent pour agir, les mêmes comportements sont développés vis-à-vis des radios de service public.

Les radios de service public sont souvent d’abord soumis à un régime financier qui ne suit pas toujours l’évolution du travail qui se fait et les nouveaux besoins qui se créent. Elles ont souvent de maigres ressources, des équipements obsolètes, des personnels parfois démotivés. Il y a une lourdeur de fonctionnement.

En plus de cela, il y a une torture morale que subissent les journalistes par rapport au rôle de propagandistes du gouvernement  et de censeurs des informations défavorables au gouvernement   qu’on leur demande de  jouer. Le défi majeur pour la radio de service public consiste à s’émanciper de la tutelle étatique. Il lui faut couper le cordon ombilical avec le pouvoir pour servir le peuple tout entier. C’est un travail progressif. Et les réflexions doivent être engagées partout pour amener tout le monde à s’entendre sur cette nécessité afin d’amener les Parlements à légiférer pour garantir l’autonomie financière et l’indépendance aux radios de service public.

 L’Afrique est en chemin et ne doit pas non plus se jeter la pierre puisque même dans les pays démocratiques, la tendance chez les politiques est de toujours peser sur les messages et activités des chaînes publiques. C’est surtout  pendant les campagnes électorales que l’exemplarité du  service public est mise à mal. Or, elle devrait être exemplaire par une couverture équitable et pluraliste. Les règles déontologiques interpellent ici les responsables de la radio de service public pour gérer les pressions et faire en sorte que le travail de la radio ne devienne pas source de menace de la paix ou de déclic pour les conflits.

 

 B-La Radio privée menacée

La radio privée est plutôt menacée par tous les moyens lorsqu’elle commence par déranger.

Il n’est pas rare de constater que la première arme dressée contre une radio jugée non favorable est la menace du redressement fiscal. Pendant ce temps le promoteur court dans tous les sens et quand il n’est pas solide financièrement il fait allégeance et devient une caisse de résonance du régime au pouvoir.

Des contrats de prestation de service sont mêmes signés pour que tout se qui sera dit sur le gouvernement lui soit favorable.

 Mais quand le promoteur à des reins solides, les travailleurs peuvent faire l’objet de menaces de toutes sortes. Certains journalistes ont même été agressés parce qu’ils ont fait leur travail normalement en donnant la parole à tout le monde et en permettant aux populations d’apprécier la gouvernance de leurs dirigeants.

Cela pose un véritable problème en ce qui concerne la sécurité des journalistes. Dans d’autres pays, c’est le siège de l’organe qui est saccagé.

C-La déviation de la mission  communautaire

Au niveau des radios communautaires il s’agit plutôt de déviation en ce qui concerne le rôle de la radio. Souvent ce sont les luttes politiques qui finissent par déteindre sur l’image et le rôle de la radio. Les membres du Conseil d’administration peuvent être les instigateurs. Ils peuvent venir donner des instructions aux journalistes pour travailler dans tels ou tels sens.

A partir de cet instant, la radio communautaire commence par servir des causes partisanes. Et les travailleurs de la radio sous la menace de perdre leur emploi, marchent sous les ordres de leurs dirigeants.

Parfois, c’est le maire de la commune qui entretient des journalistes de la radio qui sont à son service.

Les tracasseries et les  manipulations dévient la radio de sa mission premier d’organe de toute la communauté et au service de la communauté.

La radio devient ainsi un terrain de développement d’antagonismes puisque certains citoyens essayent aussi d’avoir des affinités au sein de la radio pour faire passer leurs opinions.

 

Conclusion

En somme, les pouvoirs politiques ou pouvoirs financiers sont souvent les menaces au plein exercice du rôle des médias et partant des radios. Les pouvoirs religieux et traditionnels ne constituent pas encore dans la majorité des obstacles majeurs.

Face à cette situation, il s’avère nécessaire que chaque acteur de la cité tienne compte de la présence de ses autres semblables à côté de lui dans tout ce qu’il fait ou entend faire. Chacun doit se convaincre de l’obligation de vivre ensemble dans le respect des droits de chacun de façon à reconnaitre le devoir commun de la contribution de tous à la création et à la consolidation de la paix qui est la seule façon de garantir des relations harmonieuses entre les fils et filles d’une même nation voire d’un même continent.

La défense effrénée de l’intérêt personnel  doit céder place à la considération, sinon l’amour de l’autre pour que l’Afrique relevée franchisse de grands pas de développement.

Il saute à l’œil que les radios sont de très grands et importants moyens d’information, d’éducation et de communication. Mais les différents promoteurs et acteurs de ces médias doivent accomplir leur travail en tant qu’acteurs de développement de la cité qui ont la lourde responsabilité de rassembler tous les jours, les citoyens autour des actions de développement et d’épanouissement. Ils doivent travailler à empêcher certains citoyens animés par la volonté d’être les seuls, les seuls chefs, les seuls riches, et  les seuls maîtres, et de détruire la société et la vie de plusieurs citoyens.

Ce sera l’engagement des radios qui au demeurant restent les tremplins pour le dialogue et la réconciliation  qui assurent  une démocratie pas seulement apaisée mais qui  créent partout la paix et travaille chaque jour pour la maintenir.

Annexes

Les conventions internationales relatives aux droits de l’homme et à la liberté d’expression.

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