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18 mai 2019 – 16 h 25 min Pas de Commentaire | 83 views

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Panel 1 – Medias et démocratie : rôle et responsabilité de la télévision de la radio et de la presse écrite dans l’implication citoyenne-le cas de la télévision.

Soumis par par 21 novembre 2013 – 18 h 18 minPas de commentaire | 5 174 views

Medias et démocratie : rôle et responsabilité de la télévision de la radio et de la presse écrite dans l’implication citoyenne-le cas de la télévision.

Communicateur: Remis Fulgance DANDJINOU

Introduction :

L’idéal démocratique repose sur la conception que le pouvoir politique procède du peuple souverain. Il ne peut donc y avoir de démocratie sans une implication du citoyen c’est à dire sans un citoyen actif. C’est pourquoi la citoyenneté politique postule autant la jouissance des droits civiques attachés à la nationalité et/ou à la résidence (droit de vote, l’éligibilité les libertés publiques, l’accès aux fonctions de responsabilité) que le devoir de s’impliquer dans la vie politique et d’y participer.

Il ne peut pas avoir d’implication sans le sentiment d’appartenir à un groupe et sans disposer de moyens pour se faire entendre (moyens institutionnels et non institutionnels).Il ne peut avoir d’implication sans la mise à disposition d’informations pour murir et forger sa décision et sa prise de parole. Le défaut de savoir, le sentiment d’être marginaliser et de ne pas avoir voix au chapitre crée l’exclusion, les réactions de rejet et de repliement sur des identités particulières et différentialistes.

Le 30 juillet 2013 à Ouagadougou à l’occasion du cinquantenaire de la télévision nationale le Docteur Mahamadou OUEDRAOGO  a donné une conférence publique sous le thème « Média publics et démocratie au Burkina Faso : rôle et responsabilités de la télévision publique dans l’implication citoyenne ». Il a dépeint l’évolution de la télévision nationale de 1963 à nos jours (création en 1963 à la fermeture le 3 janvier 1966-reprise en janvier 1969). Il a traité de l’évolution de la  mission d’information, d’éducation et de distraction à ses débuts, à celle de  sensibilisation, de mobilisation et de conscientisation à partir de 1983, au retour en 1991 de la première mission celle d’information, d’éducation et de distraction avec cependant une évolution induite par la concurrence d’avec le privé.

Aussi notre analyse du rôle et de la  responsabilité de la télévision dans l’implication citoyenne, sera axée sur la télévision privée  autour de trois points :

–         Un aperçu de la télévision privée au Burkina Faso

–         La notion de participation citoyenne

–         Les acteurs en présence

I. Bref aperçu de la télévision privée au Burkina

Le paysage télévisuel privé burkinabé est composé de quatorze (14) télévisions commerciales, une (1) télévision associative, six(6) télévisions confessionnelles. Il s’agit du nombre de fréquences attribuées qui a ce jour sont en diffusion effective ou non exploitées[1]. La première télévision privée à émettre est une télévision confessionnelle Canal Viim Koega. Elle a commencé à émettre en 1996 après l’épisode des essais non autorisés de TZV de Mustapha Ladji THOMBIANO. Canal 3 créée en mars 2000 est la première télévision privée commerciale. Elle n’émettra cependant qu’en décembre 2002, précédée par SMTV qui mit ses programmes à l’antenne dès juin 2002.

A l’exception de Impact TV (télévision confessionnelle) ayant une diffusion satellitaire, toutes les télévisions privées ont une diffusion hertzienne n’offrant qu’une couverture locale. Cette couverture concerne en général une  seule ville et au mieux quatre villes du Burkina Faso( le cas de SMTV ). Ces télévisions sont confrontées  à :

–         la faiblesse des ressources financières

–         aux disfonctionnement de la régulation de la publicité

–         au peu de formation des journalistes et des techniciens

–         à l’absence d’une vision claire sur les moyen et court termes

–         au manque de professionnalisme du management et des équipes dirigeantes.

Malgré ces limites, la télévision privée commerciale offre un plus dans l’espace audiovisuel burkinabé. Ces télévisions ont su s’adapter aux réalités qu’imposent  leurs capacités financières en mettant en valeur les éléments constituant leur avantage comparé. Cet avantage comparé est celui qui la ligne éditoriale qui prend en compte la pluralité des opinions. Cela implique une pro activité qui ne s’embarrasse pas des lourdeurs de la télévision publique. Les études de Médiamétrie de Canal France Internationale[2] (C.F.I) et du Centre National de Presse Norbert Zongo[3] (C.N.P.N.Z) font ressortir que les attentes des populations urbaines vis-à-vis des télévisions privées sont l’information, les informations pratiques et le divertissement. La télévision privée commerciale a donc développé ses atouts autour de:

–         la construction de grilles de programmes axées sur les productions locales nécessitant peu de moyens  et mettant l’accent sur le contenu informatif ou de divertissement local,

–         une meilleure réactivité dans le traitement de l’information

–         le développent d’une information de proximité

–         une plus grande ouverture de l’antenne aux personnalités de la société civile, du monde politique et au citoyen lambda

–         la promotion du débat contradictoire.

II. La participation citoyenne.

II.1. La notion de participation citoyenne

Le processus de mise en place de système politique démocratique au Burkina Faso a entrainé la nécessité d’une participation effective des populations tant dans la prise de parole publique que dans le processus de décision politique. Le processus de décentralisation a renforcé cette obligation d’avoir des burkinabé citoyens c’est-à-dire des acteurs dans la mise en œuvre de leurs choix et dans le contrôle de l’action publique.

La notion de participation citoyenne est liée à celle de la démocratie. Elle est découle de l’implication dans la collectivité politique de chaque individu de la cité.  La cité grecque est cette communauté de citoyens entièrement indépendante, souveraine sur les citoyens qui la composent et cimentées par des cultes et réglée par des lois[4]. Cette définition a progressivement évoluée et la participation citoyenne a aujourd’hui rapport avec l’engagement que chaque citoyen prend en tant que membre d’une communauté. Cet engagement prend alors différentes formes. Il s’agit autant de participer à la vie publique en étant membre d’une association, que  de participer à une manifestation ou de prendre part à toute action pour le bien être de sa communauté. La participation citoyenne dépasse donc le seul cadre de la participation à la sphère politique. Elle devient alors la participation à la construction du vivre ensemble dans une société. Au Burkina Faso, cette participation est restée formelle et peu usitée malgré la démocratisation de 1991. La crise de 1998 consécutive aux quadruples meurtres de Sapouy qui a vu l’assassinat du journaliste Norbert Zongo a servi de libérateur de la parole tant pour les professionnels de l’information que pour les populations.

L’accélération de l’actualité durant cette période, la mainmise du parti majoritaire et du gouvernement sur les médias publics (1998-2002) ont  fait de la presse privée dont la télévision privée commerciale un canal d’informations privilégié et un cadre d’expression pour les populations et les différents acteurs de la scène sociopolitique nationale.

La télévision a investi les domaines de la démocratie politique (les hommes politiques, les élus qu’elle met en scène quotidiennement dans ces reportages d’actualité et ces émissions) la démocratie civile (acteurs de la société civile) et le domaine de la démocratie  quotidienne où se retrouvent tous ceux qui au depart, participent en tant que témoins de leur propre quotidien. Elle a cassé ces espaces cloisonnés et fait entrer l’implication citoyenne au cœur du vivre ensemble.

II.2. Les enjeux de la participation citoyenne pour la télévision privée.

La participation est à la mode dans la télévision privée. Elle a même touchée la télévision publique qui s’y essaie avec  toute la retenue que lui impose son statut de télévision nationale tant dans la couverture du territoire que dans les obligations de prises en compte des différents courants de pensées politiques et sociologiques, que dans la volonté politique qui veut garder autant que faire ce peu ce media sous son contrôle.

L’international Association pour public participation [5]classifie en cinq niveaux la participation des citoyens au débat public. Ces cinq niveaux sont :

–         l’information: le citoyen est simplement informer.

–         La consultation : le citoyen est amener à donner son avis et/ou proposer des alternatives aux décisions prises ou à prendre.

–         L’implication : le citoyen est impliqué dans le processus de décision

–         La collaboration : le citoyen participe activement au processus de décision dans son ensemble et est reconnu comme un acteur  à part entière.

–         L’autonomisation : les décisions sont amenées et prises par l’ensemble des citoyens participants à la prise de décisions.

Dans un système politique qui donne peu la parole aux citoyens, les medias privées audiovisuels, la radio puis la télévision se retrouvent, en plus de leur mission d’information, à servir de cadre pour :

–         La consultation et l’implication du citoyen dans le débat public.

Elles obligent de fait à une collaboration car elles imposent dans les processus de prise de décision de par l’ouverture de leurs antennes aux citoyens ;  des populations qui bien souvent sont très peu prises en compte.

La télévision (privée) permet donc d’amplifier le niveau de participation et d’implication dans le débat public. Elle produit et diffuse les informations, elle sert de cadre de débat, de discussion et d’interpellation ; elle pousse à la construction d’un sentiment de codécision tant en terme d’acceptation que de refus d’une décision, d’une loi ou d’une situation.

Cette participation se construit depuis le simple reportage d’actualité sur les questions de proximité ou sur l’actualité nationale à l’ouverture des antennes dans le cadre d’émission à des associations œuvrant dans différents domaines. De nombreuses formules de « participation » existent dans la télévision privée burkinabé : les invités sur un plateau pour un débat TV, les réactions ou les questions des téléspectateurs  à un invité (téléphone, SMS, mails, …), les micros-trottoirs sur des questions d’actualité politique ou sociale …Ces différentes formes de « participation » sont souvent de simples réactions, vis-à-vis du producteur ou entre usagers. L’interactivité qui en résulte n’est parfois que la modalité sous la forme de laquelle s’exprime l’avis « en réaction ». Il n’empêche que la télévision montre des burkinabé qui agissent, qui initient, qui prennent possession des cadres de production et investissent les cercles de décision. Cette réalité nous oblige à regarder les acteurs et de voir si cette participation n’est pas source de risque pour la construction du vivre ensemble.

III. Les acteurs en présence

Le binôme producteur-consommateur

La participation suppose des acteurs qui interagissent… et qui se situent face à des enjeux communs.

Les producteurs de médias ont une finalité centrale, ils offrent un projet éditorial, un projet de communication. C’est souvent un projet économique, dont la viabilité peut être très précaire, notamment dans le domaine de la télévision privée. C’est donc un monde soumis globalement aux règles de la concurrence, que ce soit entre groupes de presse ; ou entre types de supports médiatiques. C’est aussi un monde qui va défendre une image de neutralité, d’impartialité, de précision, d’indépendance (en tout cas dans le sens où le journaliste est censé être extérieur à la réalité relatée).

Les citoyens, eux, constituent  une catégorie hétéroclite. Ils ont cependant en commun la capacité réelle faire des choix en raison de l’importance de l’offre de communication et de médias. Cette capacité à faire des choix s’impose à tous les supports : presse écrite radios et télévisions (publiques et privées, de réseaux commerciaux, « semi-publics ». A cela, il faut ajouter les offres liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.  Dans leur grande majorité cependant, les citoyens restent des sujets-consommateurs plutôt que des acteurs participatifs. Ils se laissent dicter leur choix comme dans la consommation de  masse par les artifices de la communication et de la manipulation des medias. Dans notre pays où ce qui est dit dans les médias à valeur de vérité absolue pour nombreux burkinabé, la télévision privée a saisi l’aubaine et surfe sur cette participation citoyenne parfois bien plus proche de l’interactif que de la véritable participation. Elle bichonne ces téléspectateurs, comme tous consommateurs car détiennent, à tout le moins, le pouvoir de donner ou retirer leur confiance à tel ou tel produit, fusse-t-il médiatique.

Le décideur social, économique administratif et  politique

La participation citoyenne par le biais des médias et de la télévision a changé ou tout au moins fait évoluer considérablement la nature des  rapports entretenus par le décideur social, administratif ,économique ou politique, avec la télévision. Ces responsables sont passés pour beaucoup du sentiment de condescendance (vis-à-vis de ces petites télévisions avec des moyens limités) à une perception de la télévision privée comme un canal essentiel de communication. La télévision privée montre :

–         Les limites de leurs actions (sociale, économique ou politique)

–         Les effets des décisions ou actes posés

–         les critiques et les récriminations des populations

–         les attentes des populations

–         les réalisations au quotidien des associations et individus pour régler des situations précises

La télévision montre que dans les autres pays les citoyens agissent de telle ou telle manière et qu’ils s’affirment en tant de participants a la prise de décision. Elle montre le mécontentement social et les visages de ceux qui expriment une position.

Le décideur social politique économique ou administratif a en partie perdu le contrôle qu’il avait sur son image et celles de ces actions. Il sait que désormais son action sera montrée sous un angle qui peut lui être défavorable. Il sait que ses actions et décisions peuvent être remises en cause par ceux pour qui elles sont sensées être prises. Une telle situation participe à créer le sentiment de redevabilité, d’imputabilité et de responsabilité.

La responsabilité sociale du journaliste

Parler des acteurs en présence, c’est donc parler aussi de la responsabilité sociale du journaliste. Le journaliste a pour fonction sociale essentielle d’informer. Cette fonction impose une déontologie qui met l’accent sur les conditions et les modalités de la collecte du traitement et de la diffusion de l’information. La qualité du travail journalistique  se mesure au respect de ces règles. On pourra aussi en plus du respect de ces règles prendre en compte les effets sociaux de l’acte d’informer, regarder les effets sociaux plus ou moins positifs nés de la diffusion ou de la restitution de l’information. Cette méfiance en regard de l’image provient principalement de ce qu’elle ne peut retransmettre qu’une partie de la réalité. Cette question est d’actualité dans notre pays. Mais entre déontologie et responsabilité, quelle régulation peut-on se demander à l’image du professeur Bernard Delforce [6]. Le journaliste doit-il agir comme le défini Abdou DIOUF lors d’un congrès de l’UPF comme un passeur social en précisant que faire preuve de responsabilité sociale «c’est refuser de diffuser une information qui mette en péril toute la vie d’une nation, accepter de différer la diffusion d’une information pour sauver des vies, se fixer soit même ces propres barrières morales »[7]. On peut donc épiloguer des heures sur cette notion. Il est certain cependant que la télévision privée  doit, à l’image de l‘ensemble de la presse privée en général ; faire face à une pression une Conseil Supérieur de la Communication. La perception que le C.S.C a souvent de la notion de responsabilité sociale  n’est pas toujours partagé par certains medias. Toutes les vérités doivent-elles être dites ?

Conclusion

Dire que la télévision –la télévision privée – ne participe pas à la construction démocratique en cours au Burkina Faso sera  faire preuve de mauvaise foi. Dire qu’il ne faut pas surestimer son importance est cependant réelle car la télévision privée ne couvre encore que quelques centres urbains. Cette faiblesse est également le corolaire du contexte de travail, de la qualité des  acteurs et des conditions d’exercice du métier de journaliste.

Mais la télévision privée a recréé le débat contradictoire politique comme programme télévisuelle. Elle a  imposé la participation du téléspectateur dans les émissions ; elle lui a ouvert des fenêtres pour qu’ils s’expriment sur ses préoccupations et pour qu’ils interpellent ceux en charge des responsabilités publiques. Elle a montré le quotidien de ceux pour qui les élus et les responsables administratifs prétendent travailler. Elle a permis au citadin de devenir acteur de son quotidien et non plus un simple spectateur de sa propre vie. La télévision (notamment de  proximité) assure également une fonction latente : elle permet la (re)valorisation des individus, de  leur action dans leur vie quotidienne. Plus encore, elles les poussent à se forger une conscience politique en leur donnant un espace pour exprimer leurs opinions et tenir leur rôle de citoyen. C’est en ce sens qu’elle est véritablement une télévision participative.

Comme dit Ignacio RAMONET « c’est de la qualité de l’information que dépend la qualité de la démocratie. Quand la première se dégrade pas, la seconde ne tarde guère, elle-même, à  s’abimer »[8].

 

 

Bibliographie

www.iap2.org

www.csc.bf

IMMAR et CFI. Etude médias Burkina Faso 2008-Synthèse des résultats Ouagadougou et Bobo.78 pages

CNPNZ. Résultats d’enquête par sondage sur les medias dans les quatre principales villes du Burkina Faso : Ouagadougou, Koudougou, Bobo Dioulasso, Ouahigouya. février 2009.

Les cahiers du journalisme n°2

La gazette numéro 145-146 septembre/octobre 2010

Citoyenneté et sociétés Cahiers français n°281, mai-juin 1996

MAYER Nonna, PERRINEAU Pascal, les comportements politiques, A. Colin 1992

PERRINEAU Pascal, l’engagement politique, déclin ou mutation. A. Colin 1994



[1]Source : Conseil Supérieur de la Communication

[2] IMMAR et CFI. Etude medias Burkina Faso 2008-Synthèse des résultats Ouagadougou et Bobo.78 pages

[3] CNPNZ. Résultats d’enquête par sondage sur les medias dans les quatre principales villes du Burkina Faso : Ouagadougou, Koudougou, Bobo Dioulasso, Ouahigouya. février 2009.

[4] André Aymard.

[5] www.iap2.org

[6] Bernard Delforce « les cahiers du journalisme n°2 » pages16-30

[7] La gazette numéro 145-146 septembre/octobre 2010, page 2

[8] RAMONET Ignacio(1996) « Pour une information libre » le Monde diplomatique.

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