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23 janvier 2019 – 15 h 10 min Pas de Commentaire | 162 views

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Panel 1 – Média et démocratie: rôle et responsabilité de la télévision, de la radio et de la presse écrite dans l’implication citoyenne – cas de la presse ecrite

Soumis par par 21 novembre 2013 – 17 h 56 minPas de commentaire | 2 976 views

Communicateur: Rabankhi Abou-bakr ZIDA

 

Je me réjouis de l’honneur qui m’a été fait en me confiant le soin d’introduire le thème : «Médias et démocratie : rôle et responsabilité de la presse écrite dans l’implication citoyenne ».

Aussi, je me propose d’introduire la réflexion sur ce thème combien important pour un pays de démocratie en construction comme le Burkina Faso.

En effet, je n’ai pas la prétention de faire une communication magistrale devant cet aréopage de professionnels aguerris que vous êtes ainsi que les éminentes personnalités qui sont ici pour accompagner les professionnels de la communication en cette occasion particulière qu’est la 9e édition des UACO.

A cet égard, je m’emploierai à planter le décor propice aux apports des uns et des autres. Ceci afin de vous permettre de nous apporter des idées complémentaires à même d’enrichir la réflexion de base.

Mesdames et Messieurs,

Une réflexion sur la presse écrite et l’implication citoyenne sous-entend la prise en compte du public (les enfants, les jeunes, les adultes) dans la mesure où le constat d’une dégradation de la morale, d’une recrudescence de l’incivisme sont des lots quotidiens de notre société, toutes choses qui appellent à susciter un rebond de la citoyenneté.

D’entrée de jeu, pour que nous puissions nous comprendre sur l’essentiel, il me paraît utile de définir certains concepts. Entendez par médias, tout procédé permettant la distribution, la diffusion ou la communication d’œuvres, de documents, ou de messages sonores ou audiovisuels (presse, cinéma, affiche, radiodiffusion, télédiffusion, vidéographie, télédistribution, télécommunication…).

La citoyenneté, par contre, est le statut juridique qui permet à un individu de devenir citoyen. La citoyenneté donne accès à l’ensemble des droits politiques, tout en créant des devoirs, permettant de participer à la vie civique d’une société ou d’une communauté politique, par opposition au fait d’être simple résident. Elle peut se décliner en trois aspects fondamentaux :

-la citoyenneté civile qui implique la liberté d’expression, l’égalité devant la loi, le droit de propriété ;

-la citoyenneté politique qui est le droit de vote, le droit de s’organiser et d’accéder à toutes les fonctions ;

-la citoyenneté sociale entendue comme la résultante de l’accès aux droits économiques et sociaux.

 L’implication citoyenne par conséquent, peut se définir comme un processus d’engagement obligatoire ou volontaire de personnes ordinaires agissant seules ou au sein d’une organisation, en vue d’influer sur des décisions relatives à la vie de la communauté. C’est l’exercice de l’expression de la citoyenneté.

Cela réglé, ma présentation s’articulera autour de 3 points essentiels :

1- Quelle presse écrite pour quels citoyens ?

2- Presse écrite et citoyenneté, quels liens fonctionnels ?

3- L’influence de la presse écrite sur l’opinion publique.

 

1-Quelle presse écrite pour quels citoyens ?

Avant toute chose, il me semble essentiel, dans un

premier temps, de dresser un état des lieux même rapide de la presse écrite avant de nous interroger sur le fonctionnement de cette presse et de tenter d’identifier des possibilités d’actions du côté du citoyen, comme du côté de la presse.

*Du côté des lecteurs

-Premier constat : l’analphabétisme : une population à majorité analphabète donc incapable de lire la presse.

-Deuxième constat : la fascination exercée par l’audiovisuel qui tend à dominer par l’ampleur de son public la presse écrite.

-Troisième constat : la déception devant l’évolution de cette presse dont la qualité de l’information ne répond pas toujours à l’attente des lecteurs (rigueur, précision,

ouverture).

La presse écrite semble avoir adopté les attitudes de la presse audiovisuelle qui se caractérisent par la recherche effrénée du sensationnel et la réduction à des clichés, etc. La culture de l’audiovisuel a rejailli sur l’écriture des articles de journaux. Il s’en est donc suivi la dégradation

progressive de l’information, y compris dans les quotidiens dont la réputation de sérieux a été ébranlée par des traitements non aboutis de certaines actualités.

*Du côté de la presse écrite

Premier constat : une absence de choix tranchée. La presse écrite donne le sentiment d’un consensus mou, ce qui ne permet pas l’émergence d’un débat riche.

– Deuxième constat : une faiblesse financière. La presse écrite est donc de ce fait souvent à la merci de personnes ou de groupes dont le premier souci n’est pas une bonne information au service du citoyen. (En France, les groupes Dassault, Lagardère, LVMH, Pinault, etc., ne sont pas des professionnels de la presse, mais ils contrôlent une bonne partie des médias). Ils ont acquis les journaux dans une perspective économique d’investissement, de rentabilité, et de maîtrise de l’opinion. Pour revenir à notre contexte, notons que la presse écrite n’a pas les moyens de son développement, de sa croissance et de ses ambitions, ce qui a forcément des répercussions sur son contenu et ses méthodes.

-Troisième constat : une influence manifeste et grandissante de la publicité. La publicité est un financeur qui tient les journaux. C’est un financeur qui n’est pas neutre et donc qui a une incidence sur la qualité et le

contenu de l’information.

La tendance actuelle au niveau de la presse écrite, c’est de privilégier la dénonciation au détriment de l’enquête sur le terrain. La presse se fait ainsi l’écho de l’émergence de courants qui contestent l’ordre établi mais n’apportent pas la richesse, la précision, la finesse de l’approche que procure la rencontre avec les acteurs sur le terrain.

 

2-Presse écrite et citoyenneté, quels liens fonctionnels ?

Peut-on imaginer la presse écrite comme un vecteur actif de la citoyenneté, c’est-à-dire qu’elle favorise la capacité des populations à participer au plus près à l’élaboration des décisions qui les concernent, à tous les niveaux et dans tous les domaines de la vie en société ?

A première vue, cela semble une utopie : la grande majorité des journaux et magazines semble plutôt se soucier de bien d’autres choses que de cultiver l’esprit critique, d’inciter à l’action ou de contribuer au débat public démocratique. Quand bien même l’opinion  reconnaît que les médias s’efforcent à porter certains débats sur le devant de la scène, elle  leur reproche aussi d’en occulter d’autres.

C’est pourquoi, tout média citoyen soucieux d’être en conformité avec sa responsabilité sociale se doit d’avoir pour première préoccupation celle des effets de sa production sur l’action collective. Le rôle des médias demeure donc fondamental dans une démocratie.

Il faut donc engager des actions pour mieux comprendre ce qui se passe et réagir en vue de trouver des esquisses de solution au nécessaire débat citoyen sur le rôle de l’information dans la démocratie.

La vision générale par rapport au binôme Médias et Démocratie fait ressortir que les médias, c’est-à-dire l’ensemble des moyens de diffusion de l’information, sont un moyen d’expression essentiel pour les acteurs du jeu démocratique et jouent un grand rôle dans la formation de l’opinion publique.

En effet, dans un pays où les médias tels que le journal papier, la télévision, la radio, ou encore Internet, sont développés cela prouve tout au moins que la liberté d’expression est bel et bien réelle.

Cependant, ce monde médiatisé qu’est le nôtre reflète bien à quel point il est difficile de s’exprimer, de transmettre et de comprendre l’information, compte tenu de certaines pesanteurs comme l’accès payant.

Aujourd’hui, tout visiteur arrivant au  Burkina Faso peut constater tout de go, l’existence d’une grande liberté d’expression. Il lui suffit tout simplement de jeter un coup d’œil dans les kiosques à journaux pour le constater. La presse écrite, par exemple, peut être considérée comme un baromètre, reflétant quotidiennement la diversité des opinions des citoyens.

Tant dans la presse écrite d’Etat que la presse privée, nous pouvons lire des opinions diverses. Ce qui permet à chaque citoyen de s’informer et de se faire sa propre opinion sur tel ou tel sujet, aussi bien par rapport à la vie politique que dans tout autre domaine.

3-L’influence de la presse écrite sur l’opinion publique

La presse écrite est beaucoup plus le miroir des idées et des goûts de ses lecteurs que des opinions et choix de ses rédacteurs.

Dans notre société moderne où les autres moyens d’information assument concurremment avec la presse écrite le rôle de diffusion des valeurs sociales, et où l’opinion est aussi influencée par les innombrables contraintes de la civilisation de consommation dont les effets sur le mode de vie et donc sur les comportements sociaux sont considérables, l’influence de la presse écrite est moins directe et moins autonome. Certes, la presse continue à révéler certains scandales et à les exploiter mais elle est incapable d’entretenir ces grands mouvements d’opinion qui ont agité l’histoire.

Dans notre monde d’aujourd’hui, la presse écrite n’a plus vocation à canaliser les forces de la revendication politique, sociale ou économique, même si elle facilite leur expression.

L’influence de la presse ne reste cependant pas moins importante. L’analyse a montré que la presse écrite dans le contexte actuel est un indispensable facteur d’équilibre  de la vie sociale, tant en aidant les individus à purger leurs passions qu’en renforçant les liens d’appartenance aux différents groupes sociaux.

La presse écrite offre à travers son contenu rédactionnel et la publicité qu’elle véhicule des modèles de style de vie ou des références aux jugements individuels. Elle soutient plus aisément les modes que les idées, traduit mieux les sensibilités que les convictions, guide plus les attitudes que les comportements. Par là, elle exerce dans la vie quotidienne de ses lecteurs, une influence considérable qui compense largement celle qu’elle a perdue dans la vie politique.

Au niveau de la petite actualité, la presse écrite est toujours capable de créer et d’entretenir des mythes autour de certaines vedettes, de renforcer ou d’aider à renverser certains tabous moraux ou sociaux. Au niveau de la grande actualité, elle ne peut plus que conjuguer son action à celle des autres médias pour dramatiser les événements en période de crise.

La presse écrite reste une puissance, mais son action est désormais trop diffuse pour qu’elle soit encore un véritable pouvoir.

Conclusion

En dépit de tout, il convient de ne pas surestimer le rôle des médias en général et la presse écrite en particulier.

Car le vote, pour ne prendre que cet exemple ne dépend pas que de leur rôle, mais relève aussi d’autres déterminants, sociaux, économiques… Il ne faut donc pas confondre le média et la réalité qu’il reflète. Pour plus d’efficacité, le rôle des médias dans l’implication des citoyens,  l’éducation, est primordial, pour leur permettre de mieux comprendre les messages ; apprendre à lire le journal. Mais fort heureusement, cette analyse de la presse écrite ne traduit pas le sentiment général. On continue en effet d’entendre ce genre de phrase : « c’est vrai puisque c’est écrit dans le journal ».

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