Flash Info
prev next

à La Une »

Réhabilitation du Boulevard « Tansoba » : Le Président du Faso donne le top de départ des travaux

16 juillet 2019 – 16 h 09 min Pas de Commentaire | 100 views

Le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, a procédé ce mardi 16 juillet 2019, à Ouagadougou, au lancement des travaux de réhabilitation de la Rocade Sud-Est du Boulevard de Tansoba.
Long de …

Lire l'article »
Actualités

Grands dossiers gouvernementaux

Chronique du Gouvernement

Chronique du Gouvernement du Burkina Faso

Conseil des Ministres

Ordre du jour et compte Rendu du conseil des Ministres

Les communiqués gouvernementaux

Les communiqués venant du SIG.

Le calendrier gouvernemental

Suivi de l’ensemble des activités gouvernementales.

Acceuil » UACO 2013

Communication UACO 2013 – paix et démocratie en Afrique

Soumis par par 21 novembre 2013 – 17 h 06 minPas de commentaire | 4 997 views

Communication, paix et démocratie :en Afrique

Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO)

Novembre 2013  –  conférencier: Pr Serge Théophile BALIMA

 

 

En guise d’introduction

Le développement conjoint des médias et de la recherche sur la communication entraîne la multiplication des réflexions sur la démocratie en Afrique. Il s’y ajoute une prise de conscience de plus en plus grande du rôle des médias et de la communication dans le processus de bonne gouvernance. Les Associations de défense des Droits de l’Homme, les centres de recherche politique, les organisations de la Société civile contribuent activement à l’approfondissement de la réflexion sur la relation entre médias, paix et démocratie.

Le thème des présentes Universités africaines de la communication (UACO) confirme que l’enjeu de l’explosion de la communication dans les institutions des Etats en processus démocratique en Afrique.

Dans ce contexte, la relation du social au politique, les rapports entre l’histoire et l’organisation des médias, les moyens mis en œuvre dans les processus de bonne gouvernance concourent à la problématique de la paix et de la démocratie sur le continent.

 

Dans nombre de pays africains, les disparités sociales, liées notamment à la répartition inégale des ressources économiques, à l’absence de consensus sur les questions touchant à la démocratie et à la gouvernance, à des problèmes d’identité, d’idéologie ou de religion, risquent de déboucher sur de violents conflits. Toutefois, cette tendance au glissement vers la violence s’explique bien souvent par un manque d’information, des différences de niveaux d’éducation, une connaissance insuffisante de la culture de l’autre, l’ignorance des droits et des devoirs fondamentaux des personnes et l’incapacité d’exercer ces droits.

 

Pour ouvrir les débats qui s’annoncent passionnants et fructueux, je propose deux axes de réflexion introductive à ces présentes assises :

–       Quelle communication pour promouvoir la paix et la justice dans le contexte des Etats africains encore dans un processus de démocratie à parfaire ?

–       Comment consolider la paix sociale par la démocratie et la communication ?

 

I-            Quelle communication pour la promotion de la paix et de la justice ?

Communiquer publiquement pour la paix est d’abord un acte de volonté politique visant à faire de chaque espace territorial un havre de combats pour la stabilité des institutions démocratiques. Si cette volonté politique est affirmée en toute sincérité, sans calculs malins et sans forfaiture, l’objectif de la communication revient à mobiliser les moyens modernes de diffusion pour véhiculer des messages et des comportements de nature à promouvoir une culture de la paix, à créer un environnement propice au développemen*t durable.

Dans un tel contexte, les médias qui assument d’importantes fonctions dans le processus socio-économique, politique et culturel peuvent défendre les valeurs se rapportant à la tolérance, la démocratie participative, la bonne gouvernance, la justice sociale et le respect des droits de l’homme.

La défense de ces valeurs est un préalable indispensable au développement durable et elle pose en même temps aux médias et aux pouvoirs publics un défi particulier : éclairer l’opinion, encourager les comportements exemplaires et dénoncer les déficits démocratiques, les injustices et les travers sociaux.

Les médias indépendants émergents ont un rôle important à jouer dans le processus de consolidation de la paix et de la démocratie. Les radios communautaires et les médias confessionnels peuvent répondre aux besoins d’information spécifiques des communautés qu’ils desservent et se faire les porte-parole de la communauté auprès des détenteurs du pouvoir.

Ainsi, par leur action, ces médias renforcent l’identité, la culture et l’histoire de la communauté, encouragent sa participation au processus de prise de décision.

Faisant ainsi, ils favorisent l’instauration d’un environnement pacifique. Mais encore faut-il pouvoir s’appuyer sur les hommes et les femmes de bonne volonté, sur les experts des débats politiques et sur les organisations de la société civile.

En d’autres termes, la contribution de la communication à la mise en œuvre de ce processus de paix et de justice dépend en partie de la situation sociopolitique des pays considérés. Elle est menacée par les facteurs suivants :

–       L’échec des efforts déployés par les acteurs en présence dans la recherche de consensus politique ;

–       Le faible niveau de participation populaire aux programmes de reformes politiques et institutionnelles ;

–       La marginalisation des masses importantes de la population avec pour conséquence de contribuer au désordre social et à l’instabilité.

 

A côté de ces contingences nationales, se pointe une autre menace pour la paix, née de la manipulation des médias transnationaux. Ces derniers sont eux-mêmes instrumentalisés par les lois du marché et par des calculs de stratégie politique qui les contraignent à entrer en conflits d’intérêt avec les régimes politiques dans certains Etats africains. Ils se ruent souvent sur des convergences construites qui traduisent un rapport de force politique à l’échelle internationale et non le reflet de la réalité africaine. Le racisme montant dans certains journaux européens, le forum mondial des opinions sectaires sur la toile sont des facteurs d’inquiétude pour notre humanité et en particulier pour les Etats africains.

Avec le temps toutes les sociétés éprises de paix et de justice s’aperçoivent aujourd’hui que les hommes et femmes politiques ne sont pas idéaux, que les journalistes se trompent, que les intellectuels s’égarent et vivent parfois en contradiction complète avec leurs propos. Un jour, elles découvriront que les scientifiques se prostituent pour des laboratoires, qu’ils se haïssent les uns les autres, qu’ils peuvent raconter n’importe quoi pour vendre du papier ou favoriser tel intérêt économique. Bref, nous vivons dans un monde toujours relatif à parfaire, à corriger sans cesse, dans un combat perpétuel pour la paix et la justice.

 

Cette vision d’un monde à parfaire implique une mise en œuvre de la communication sociale, une interdépendance entre médias et pouvoirs politiques, entre médias et pouvoir économiques, médias et instances culturelles et une acceptation courante de l’opinion publique.

L’opinion publique dont on parle s’exprime généralement par voie de médias. La presse donne aux citoyens les moyens de s’exprimer et permet de soumettre les points de vue à la discussion. Elle donne aussi aux citoyens des éléments de plus en plus nombreux pour qu’ils se forment un jugement en connaissance de cause. Et c’est ce jugement qui constitue, en quelque sorte, l’opinion publique.

Cette mission dévolue à la presse donne la mesure de sa nouvelle responsabilité sociale en Afrique : informer les citoyens et participer ainsi, de manière décisive, à la vie d’une démocratie.

Une telle entreprise nécessite que les industries médiatiques se démarquent de la manipulation. En Afrique, les incertitudes et les conflits de toute nature font prospérer les rumeurs et les rumeurs se muent en médias – mensonges institutionnalisés. Ces effets pervers compromettent la paix et gonflent la peur des lendemains à travers un catastrophisme intentionnel. Si la vérité absolue reste inaccessible, les professionnels de la communication doivent s’évertuer à rapporter non seulement les différentes opinions mais à expliquer la réalité, à éclairer celle-ci, à faire comprendre les faits, à sortir nos citoyens de l’ignorance qui entrave le bon fonctionnement de nos institutions et compromet la paix sociale.

 

II-           Comment consolider la paix sociale par la démocratie et la communication médiatique ?

 

En parlant de communication, paix et démocratie, les médias se trouvent forcément au cœur de cette problématique. Alors les médias sont-ils des contributeurs de la paix et de la démocratie dans ce continent d’inégalités et d’instabilité ?

Beaucoup d’analystes s’accordent à dire que le traitement de certains dossiers de l’actualité montre que les médias ne sont ni parfaits, ni justes.

« Sur l’ Afrique par exemple, un processus de sociologisation consiste à rechercher à travers le continent noir une explication qui renvoie toujours à des caractéristiques établies telles la mal gouvernance, la criminalité, les épidémies et les catastrophes interminables. Ainsi le désordre est attribué à l’Afrique, à ses hommes politiques, à ses fonctionnaires et à ses intellectuels, tous pourris, tous «foutus». Par ces clichés à répétition, les traits de personnalité associés aux citoyens africains sont du domaine de la dérision ou du dérisoire. » (Balima, 2010)

Cette vision exagérément standardisée est un facteur de trouble et d’instabilité parce qu’elle légitime la contestation, soulève les passions, galvanise les manifestants de tout genre, pousse une fraction de nos jeunes à glisser vers la violence.

Comment faire alors pour éviter ce piège fatal pour la motivation des jeunes générations africaines ?

A mon humble avis, il faut commencer par démocratiser la démocratie pour éviter qu’elle ne soit confisquée. Les expériences de la démocratie représentative, dans certains Etats africains, semblent montrer ses limites du fait de la professionnalisation des acteurs politiques et de l’omniscience des experts en manipulation des textes constitutionnels et des lois. Il faut donc mettre à la disposition des citoyens les moyens de débattre, d’exprimer leurs avis et de peser dans les décisions qui les concernent. Cela n’est possible que dans une démocratie participative.

Cette nécessité de revitaliser la démocratie s’appuie donc sur un rôle et un pouvoir nouveaux dévolus aux citoyens. Elle s’appuie sur une « citoyenneté active et informée » et sur une formation d’un public actif, à même de déployer une capacité d’enquête et de rechercher lui-même une solution adaptée à ses problèmes.

En ce sens, la participation citoyenne est intrinsèquement liée au droit d’accès à l’information juste et équitable. Ce faisant, les médias exercent un rôle politique, c’est-à-dire que leur action influence l’évolution des rapports de force en société. C’est pourquoi ils peuvent être des artisans de la paix ou de la guerre ou même des fossoyeurs de la démocratie.

 

Qu’est-ce que la paix ?

Est-ce seulement la situation d’un pays, d’un peuple, d’un Etat qui n’est pas en guerre ? Sont-ce les conditions de vie fondées sur l’entente entre citoyens et groupes sociaux ? Est-ce l’absence de troubles et de bruits ? Est-ce la paix éternelle celle que l’on trouve après la mort ? Est-ce la tranquillité physique des habitants vivant dans un Etat calme où rien ne change, où tout est statique et végétatif ?

Si l’on se réfère à la culture de la paix définie par les Nations Unies, elle est « un ensemble de valeurs, attitudes, comportements et modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s’attaquant à leurs racines par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les Etats (résolutions des Nations Unies A/RES/52/13 ».

 

Pour que la paix et la non violence prévalent, il faut agir sur les consciences, les esprits et les comportements des citoyens. Sur ce terrain, l’apport de la communication et de l’éducation est essentiel parce qu’il s’agit de promouvoir des valeurs, des comportements et des modes de vie qui vont dans le sens de la résolution pacifique des conflits. Il s’agit de promouvoir aussi le dialogue, la recherche du consensus et le non recours à la force.

 

Si la communication peut y contribuer, il faut que les responsables politiques développent une culture de l’écoute dictée par des objectifs précis :

–       Le développement économique et social durable ;

–       Le respect de tous les droits de la personne humaine ;

–       L’égalité entre les femmes et les hommes ;

–       La participation démocratique au processus de prise de décision ;

–       La compréhension et la tolérance vis-à-vis des différentes opinons ;

–       La libre circulation de l’information et des connaissances ;

–       La promotion de la sécurité à l’intérieur et à l’extérieur des frontières.

 

Si ces facteurs sont réunis, le contexte devient favorable à l’expression démocratique et au développement humain durable. Seule la garantie d’un environnement pacifique peut permettre aux pays africains de parvenir à la démocratie et au progrès social.

Dans l’approche thématique de ces neuvième (9ème) UACO, Communication et démocratie sont deux faces d’une même médaille.

Dans un contexte de démocratie, des avis sont donnés sur les projets et les actions, sur leurs avantages et leurs insuffisances. La démocratie permet donc la libre circulation des idées, des opinions et des informations qui sont les équivalents d’énergie dont les pays ont besoin pour constituer leur potentiel et leurs forces de propositions constructives. La communication, par médias interposés, peut faire comprendre aux citoyens la relation intime entre démocratie, liberté et responsabilité sociale. En d’autres termes, l’anarchie n’est pas recevable comme modèle absolu de démocratie parce qu’elle fait disparaître l’ordre social. Toutefois, la démocratie n’est pas non plus le régime de l’incompétence, ni la tyrannie des groupuscules.

Les médias et toutes les formes de communication publique doivent se convaincre qu’il n’y a aucune autre issue que de croire au peuple. Désespérer de lui, c’est de l’homme que l’on désespère. Il n’y a pas d’autre option de développement de l’Afrique que de compter sur les citoyens rassemblés en démocratie pour mieux vivre, en étant à la fois différents et semblables.

La liberté d’expression constitue donc le concept fondamental dans l’association communication et démocratie. Les liens entre médias et démocratie s’appuient sur la logique suivante : la souveraineté populaire fonde l’Etat démocratique et sa légitimité s’exprime dans la discussion publique. Celle-ci permet à la population de prendre connaissance des divers points de vue sur des sujets d’intérêt public, et d’avoir un jugement éclairé résultant de l’échange d’idées. La presse et les médias deviennent alors le terrain d’exercice d’un raisonnement public dans un espace public permettant l’expression de la société civile ou de l’opinion publique. C’est dire l’importance de la liberté d’expression pour la constitution d’une opinion citoyenne éclairée pour l’acquisition des connaissances, pour la gouvernance responsable et pour le bien être de la société.

 

En guise de conclusion

 

La liberté, la démocratie et la communication ont besoin d’être interprétée, elles n’existent pas par elle-même dans le vide et de façon infinie. Le sens accordé à ces trois composantes évolue sans cesse dans chaque contexte en allant vers plus ou moins l’infini selon que l’on progresse ou que l’on s’endort sur l’acquis.

La démocratie participative est une mise en œuvre de la communication participative. Elle n’est nullement réductible à la « démocratie d’opinion » en cela qu’elle crée les conditions nécessaires au déroulement d’un débat public ouvert et démocratique fondé sur la délibération collective. Un tel impératif délibératif se fonde sur une logique simple : meilleure est la qualité du débat, plus légitimes et efficaces sont les décisions qui en découlent pour le développement d’une nation.

La communication à elle seule ne peut résoudre les problèmes de paix et de démocratie dans ce monde. Mais pour autant faut-il désespérer de la communication ? Absolument NON.

Si l’idéal de paix, de justice et de démocratie est menacé de dégradation ou de perversion, les médias n’en sont pas les seuls coupables. Loin s’en faut. Ils ne font que rendre publiques les tares de nos sociétés extraverties en les amplifiant de façon particulière. C’est probablement la fin du modèle classique de la légitimité culturelle mais c’est aux hommes d’exercer le contrôle social des « médias cultures » à travers de nouvelles pratiques et de nouvelles approches de la représentation de l’Afrique.

 

Print Friendly, PDF & Email

Plus d'articles:

izmir web tasarim genital estetik