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« Ne laisser personne de côté », un engagement du Gouvernement : Message du Ministre de l’Eau et de l’Assainissement, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau 2019

22 mars 2019 – 7 h 39 min Pas de Commentaire | 54 views

Le Burkina Faso, à l’instar de la communauté internationale, commémore le 22 mars de chaque année, la Journée Mondiale de l’Eau (JME), instituée par ONU-Eau, au regard de l’importance pluridimensionnelle de l’eau.
En effet, cette journée …

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Panel 2 – les pouvoirs publics et le traitement de l’information dans un contexte de pluralisme democratique

Soumis par par 21 novembre 2013 – 18 h 55 minPas de commentaire | 2 782 views

« L’auto régulation : rôle et place des observatoires des médias dans l’émergence de la paix sociale  ».

 

Communicateur: Ahmed M. KONE  Journaliste, Enseignant et Chercheur

Président de la Commission Presse Ecrite de l’OBM

 

Introduction

Partout, mais particulièrement en Afrique aujourd’hui, les journalistes travaillent presque toujours sous pression. Régulièrement, ils sont confrontés à des problèmes d’ordre éthique. Parmi les questions qui nous taraudent l’esprit :

–       Quelles sources privilégier face à une information jugée capitale ?

–       En quoi l’intérêt public prime-t-il sur la vie d’un individu ?

–       Faut-il toujours considérer qu’une source d’information doit rester anonyme ?

–       Faut-il oui ou non exploiter une « fuite » susceptible de menacer la sécurité d’un pays ?

–       Est-on en droit de dévoiler l’identité de la victime d’un viol, l’auteur et la victime d’un inceste, etc. ?

–       Comment traiter un sujet qui est susceptible de heurter la susceptibilité de ceux qui nous entourent ?

Les réponses, mêmes si elles ne correspondent pas toujours à notre manière d’appréhender une situation, sont généralement contenues entre autres dans des codes et des chartes que les journalistes se sont eux-mêmes donnés. Mais combien en prennent réellement connaissance ? Combien se préoccupent de les respecter ?

On pourrait aussi avancer que durant leur formation, les journalistes ont été préparés de manière à pouvoir faire face à certaines réalités. Mais, combien aujourd’hui peuvent-ils se vanter d’avoir vraiment eu réponse à tout ? En outre, avec la folie de la libéralisation et les processus de démocratisation des années 90, on a vu progressivement disparaître le monopole d’Etat. Désormais, des médias privés, cohabitent avec ceux du secteur public. En même temps qu’apparaissent de nouveaux types de médias, l’on constate que le monde journalistique est de plus en plus envahi par des acteurs inattendus. Parmi ces nouveaux venus du paysage médiatique, il y a ceux que je me plais personnellement à appeler les boutiquiers de l’information, parce que venus pour se faire de l’argent. Les problèmes d’ordre professionnel les intéressent peu.  Fort heureusement, on trouve aussi dans notre environnement professionnel, des personnes aussi soucieuses que nous, des questions d’éthique et de déontologie. Comment donc les ignorer ?

L’OBM, qui est née de la volonté et des efforts conjugués des journalistes et de leurs diverses organisations, ambitionne donc d’accompagner chacun, où qu’il se trouve, quel qu’il soit, dans l’exercice responsable de la profession.

Aperçu sur quelques concepts

–       L’auto régulation : nous la concevons ici comme étant la capacité des professionnels des médias eux-mêmes, à s’organiser et à se donner des règles de conduite à observer dans la pratique quotidienne

–       La paix sociale : selon de nombreux auteurs, la paix sociale réfère à un monde dans lequel il n’y a pas de trouble, et où les gens vivent en parfaite harmonie. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles, les médias qui constituent des outils de rapprochement des humains, sont constamment interpellés pour les actions qu’ils entreprennent dans le milieu ;

–       Le rôle des médias : on leur attribue généralement le pouvoir d’amplifier  à tout moment l’environnement de pression qui est le nôtre aujourd’hui. Cela réfère à différentes études sur les effets supposés ou pas des médias, et sur les fonctions qu’on leur prête.

Le thème qui nous interpelle aujourd’hui, nous paraît s’inscrire dans ce champ : « L’auto régulation : rôle et place des observatoires des médias dans l’émergence de la paix sociale  ».

Autrement, les médias peuvent et même doivent contribuer à l’émergence mais aussi à la préservation de la paix sociale.

Si oui, comment et dans quelles conditions ?

Les travaux de recherche

 

Des études existent, qui confirment l’importance du rôle des médias et donc des journalistes dans la société. Il y a de bien plus récentes. Mais permettez-nous de rappeler que déjà, en 1945, Bernard Berelson, profitant de la grève d’un journal de New York, avait réalisé un sondage. Interrogés sur le manque qu’entraîne pour eux l’absence d’un journal, les lecteurs de l’époque avaient bien réagi. Dans ces réponses, le chercheur avait pu constater que certains, parmi les mieux informés habituellement, avaient été grandement affectés par l’absence du journal.

Le manque répertorié par les lecteurs, s’étendait jusqu’aux difficultés dans les relations entretenues avec les pairs, donc les proches. Berelson en avait conclu que le journal est source de sécurité.

Nous pouvons concéder avec lui, que les médias permettent aux populations de vivre dans une sorte de communion. Elles ont en effet besoin de :

– savoir ce qui se passe autour d’eux ;

– se sentir sécurisées par la présence de leurs semblables, mais aussi valorisées dans leurs activités quotidiennes.

Du reste, de nombreuses études ont mis en relief les fonctions que le public attribue lui-même aux médias. Ainsi en est-il des travaux de Dennis McQuail qui, en 1972, a dressé dans « Siocologie of Mass Communications », un inventaire de ces fonctions. Il en ressort que les gens s’exposent aux médias pour :

– S’informer : par les médias, ils ont une idée de ce qui se passe dans leur milieu ; ils peuvent bénéficier de conseils susceptibles de les guider et de les inspirer dans les prises de décisions ; ils satisfont leurs curiosité, et apprennent ; ils acquièrent un sentiment de sécurité par le savoir.

– Affirmer leur identité : les médias mettent en relief des modèles de comportement qui inspirent, et favorisent le renforcement des valeurs ; par les médias on s’identifie à des personnages importants ;

– s’intégrer et interagir socialement : les gens ont une vision des conditions de vie des autres ; ils d’identifient aux autres et acquièrent ainsi un sentiment d’appartenance.

– Se distraire : ils peuvent s’évader mentalement de leurs problèmes, relaxer, passer le temps et se libérer émotionnellement.

Finalement, de façon générale, les gens s’exposent aux médias-ils lisent les journaux, écoutent la radio ou la télévision et vont au cinéma- parce qu’ils éprouvent des besoins d’ordre social ou psychologique.

Les expériences vécues

 

Puisque nous paraissons si important aux yeux de la société, pourquoi donc ne pas nous tracer des limites dans nos pratiques, pour que ceux qui font appel à nous, ou qui ont des attentes parfois au-delà de l’inacceptable, ne se bercent pas d’illusions ? Que faire donc pour ne pas nous faire détester, mais plutôt bien apprécier ?

 

Il y a tout d’abord le choix des genres rédactionnels. Certes l’embarras est parfois réel entre les reportages, le travail d’explication, l’analyse, les interviews, les commentaires, l’éditorial simple, etc. Mais, s’ils sont bien connus, bien choisis et bien utilisés, les genres rédactionnels, peuvent grandement contribuer au renforcement de la solidarité, et donc au rapprochement des peuples.

Considérés comme des acteurs privilégiés de l’éclosion de la paix dans la société, de les journalistes peuvent bien aider à sa préservation et même à son renforcement.

D’abord, en favorisant le jeu du débat démocratique. En s’obligeant à donner la parole à une diversité d’acteurs, les médias font un travail de veille. C’est un fait que dans nos jeunes démocraties, une pluralité des sources dans la collecte des données, un équilibre dans le traitement des données, et une diffusion des informations par tous ceux qui travaillent dans les médias, favorisent l’émergence et le maintien d’un climat propice aux échanges entre les personnes.

Ce faisant, on favorise en effet l’ouverture d’esprit, la découverte de l’autre, le rapprochement, la tolérance et le respect réciproque. A terme, les journalistes aident ainsi à éliminer les frustrations, les invectives, les sources d’injustice, et les conflits sans fin. Mais tout cela n’est possible que dans l’élargissement et l’approfondissement des libertés démocratiques, et l’amélioration des conditions de vie et de travail des professionnels des médias.

Ensuite, par leurs critiques, les interpellent les divers acteurs de la société. Il y a en particulier le citoyen qui élit, paie des impôts, et doit s’assurer que les ressources sont bien utilisés, bien redistribués et surtout bien protégés. Autant dire que lui-même doit faire sa part, à quelque niveau que ce soit. Mais, les médias doivent aussi rappeler constamment aux élus et aux autres personnes investies de certaines responsabilités, politiques ou économiques par exemple, quelles sont leurs obligations, quels sont leurs engagements et pourquoi il faut les respecter.

Dans conteste, de la pluralité naît et triomphe la vérité, et de la partialité comme dans le favoritisme s’épaissit la pénombre, et donc grandit la stupidité, bref la bêtise des hommes.

 

Au Burkina, où l’on voudrait vivre en paix, et voir se renforcer la solidarité entre humains, l’OBM a pu constater de sérieuses lacunes dans les pratiques des professionnels des médias, entre autres ;

–  les genres rédactionnels ne sont pas maîtrisés

– la vérification des sources laisse parfois à désirer

– la précipitation et un certain penchant pour le sensationnel tendent à l’emporter sur la véracité des faits et l’observance de la rigueur

– la faiblesse dans l’écriture, et j’en passe.

 

Comment cela se fait-il et que nous arrive-t-il donc ?

Il y a il est vrai, des problèmes relatifs à la formation. Il faut s’interroger sur la qualité des écoles, de ceux qui forment, des rapports de collaboration ; cela nous invite à développer la recherche en communication, et à nous assurer que nous faisons de l’évaluation un souci constant.

Mais, il y a aussi ce manque évident de repères au niveau de la génération montante qui n’a pratiquement pas beaucoup appris des anciens, partis peut-être un peu trop tôt.

Comme livrés à eux-mêmes, les professionnels de la relève qui, dans l’ensemble, s’en tirent pas trop mal pour qui connaît le milieu, a besoin d’être sérieusement encadrés. Car, pour paraphraser Rousseau, disons que l’homme naît bon. C’est la société qui le rend méchant. Autrement dit, cette profession qui fait de nous des porteurs de messages sains et utiles, nous expose également à des contre messages susceptibles de nous déstabiliser dans notre travail quotidien.

Membre actif de la société, le journaliste, n’en est pas moins sensible aux réalités et aux exigences de son public. En tant qu’humain, il est donc susceptible de se laisser influencer par son environnement. Lui, sur lequel on voudrait toujours pouvoir compter pour responsabiliser davantage les autres acteurs de la société.

Les exemples sont légion, en Afrique et ailleurs dans le monde, qui montrent que dans les pays victimes d’instabilité chronique, d’occupation, de guerres fratricides, notamment, des journalistes ou prétendus tels, n’ont pas hésité à emboucher la trompette des puissants du moment, pour justifier, soutenir et encourager la forfaiture.

Mais puisque les théoriciens nous permettent d’avoir à l’esprit les rôles que jouent les médias dans la société, nous devons continuer de penser que nous avons effectivement le devoir entre autres, de lutter pour la paix, la défense des droits humains et la démocratie dans notre environnement comme chez les autres. Tout simplement, parce que la nouvelle, et l’intérêt du public, n’ont pas de frontières dans notre monde d’aujourd’hui.

Dans ce cadre, nous devons recourir sans cesse à un auto examen de nos pratiques. Voilà pourquoi existe l’OBM, qui dispose d’un bureau exécutif, et surtout de commissions spécialisées : radio, audiovisuel, presse écrite, langues nationales, etc.

Nous recensons et examinons les articles et illustrations de nos confrères, pour y déceler les insuffisances. Tout article qui ne répond pas aux normes journalistiques, donc susceptible de causer du tort à autrui, fait l’objet de critiques. Nous procédons alors à des auditions. Des sanctions sont prévues mais nous insistons davantage sur le renforcement des capacités. Car, à la faveur de la démocratisation, de nombreux acteurs ont fait leur apparition dans le monde des médias. La plupart sont plus des boutiquiers de l’information venus s’enrichir que de gens qui veulent travailler dans les sens de contribuer à appuyer le travail des journalistes. Puisqu’ils font désormais partie de notre univers, il nous faut les encadrer en même temps que les professionnels qui ont besoin d’être recyclés, et parfois même rappelés à l’ordre.

Sans doute nous faudra-t-il davantage de moyens, étant donné l’importance de la mission et l’ampleur de la tâche !

L’OBM se fonde sur la Chartes élaborée par l’AJB. Celle-ci nous rappelle que le journalisme repose sur des principes, et que les journalistes doivent s’exécuter dans leurs tâches quotidiennes suivant des règles bien établies. Un métier suppose qu’il existe des professionnels qui se conforment à un minimum d’éthique, et de déontologie.

Loin de travailler à une forme d’auto-flagellation, l’OBM, vise surtout à :

–       accompagner les professionnels du secteur dans leurs missions ;

–       rappeler aux journalistes, que le métier fait de nous des gens exposés, et comme tel, le jugement par les pairs, doit nous servir de référence dans notre quête en vue de satisfaire l’intérêt public.

L’OBM voudrait surtout inviter tout un chacun, à travailler avec encore et toujours plus de rigueur pour :

– préserver la paix et défendre les plus vulnérables;

– faire émerger et triompher la vérité en donnant la parole à l’ensemble des acteurs de la société ;

– défendre et promouvoir la liberté, les droits humains et la démocratie.

 

Conclusion

 

L’OBM insiste sur la responsabilité de tout un chacun dans l’émergence et la préservation de la paix. Ce, d’autant qu’en communication persuasive, les études sur la source, font valoir que les perceptions du public, peuvent et doivent nous servir de références. Aux yeux de notre public donc, la source doit être crédible, avoir de l’attrait et de l’autorité.

Cela signifie, qu’autant les journalistes dans les médias, que les acteurs de la société, sont concernés. Il y a notamment au premier plan les grands utilisateurs des médias que sont les acteurs politiques, économiques et sociaux. Ils doivent d’abord donner d’eux des images positives fortes, et qui inspirent ceux auxquels ils s’adressent tous les jours. Faute de quoi, les efforts déployés resteront vains. 

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