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Vendredi 9 déc. – Panel IV. THEME : Le Burkina Faso face aux mutations internationales » Edouard OUEDRAOGO, Directeur général de l’Observateur paalga « L’influence des réseaux sociaux sur la crise au Burkina Faso en 2011»

Soumis par par 10 décembre 2011 – 12 h 53 minPas de commentaire | 6 043 views

L’influence des réseaux sociaux sur la crise au Burkina Faso en 2011

1) Essai de définition

On a pu longtemps s’interroger sur l’impact réel de ce qu’il est convenu d’appeler Réseau sociaux.

Le doute n’est plus permis depuis qu’on en a mesuré le rôle dans l’éclosion du printemps arabe qui a abouti au départs successifs des affaires, de Ben Ali en Tunisie, Hosni Moubarak d’Egypte et dans une moindre mesure, à la chute du système Kaddhafiste en attendant peut être celle du dictateur Syrien.

Il n’est donc pas étonnant que les organisateurs de ces 8e UACO aient choisi de réfléchir cet après midi sur l’impact de ces réseaux sociaux dans la crise qu’a vécue le Burkina Faso durant le premier semestre de l’année 2011.

Mais avant d’aller plus loin dans l’examen de la question en débat, il n’est peut être pas inutile de rappeler ce que renferme la notion de réseaux sociaux et les principaux sites qui en témoignent sur la toile.

1.1) Qu’entendre par Réseaux Sociaux ?

Le terme désigne un site internet qui permet à l’internaute de s’inscrire et d’y créer une carte d’identité ou profil.

Le réseau est dit social parce qu’il permet d’échanger avec les autres membres.

Les principales fonctions de ces réseaux peuvent se résumer ainsi :

–         la création d’une page contenant des informations personnelles

–         la messagerie interne des membres

–         les groupes de discussion

–         la possibilité de mettre en ligne des photos, de la musique, des jeux vidéo, des quiz ou colles

–         la possibilité de connaître les dernières actions des membres du réseau

–         la possibilité de créer des groupes de contact.

– La marque caractéristique du réseau, c’est la possibilité d’ajouter des amis et de gérer ainsi une liste de contacts

– Les réseaux sociaux sont inspirés par la théorie des 6 degrés de séparation qui veut que chaque individu soit à 06 intermédiaires de toute autre personne sur la planète.

Leur principe de fonctionnement s’inspire des sites de rencontres et des sites de retrouvailles entre camarades de classe.

Ils permettent ainsi de mettre en relation des personnes entre elles et créent ce qu’on appelle des graphes sociaux qui représentent les liens qui s’établissent avec chaque individu d’une communauté.

1.2) Les sites à connaître

Ainsi définis dans leur principe et mode de fonctionnement, les réseaux sociaux se repartissent essentiellement et actuellement en une dizaine de sites, d’inégale importance et de contenu variable d’un site à l’autre.

Ce sont :

Facebook : c’est le leader mondial avec plus de 700 millions d’utilisateurs recensés au mois de juin 2011. C’est donc une communauté très importante où il est très facile de trouver des membres de son entourage, camarades d’études, etc.

Twitter : outil de microblogging qui permet d’envoyer des messages de 140 signes ou tweets à des followers ou abonnés. Il permet de suivre l’actualité en direct car il permet de publier rapidement même si la connexion internet est faible (bas débit).

Certains évènements sociaux et des catastrophes naturelles sont relayés parfois presqu’en temps réel sur Twitter, avant d’être repris par les médias classiques.

FlickR

Ce réseau existe depuis 2004 et permet aux photographes amateurs ou professionnels d’y télécharger leurs photos. C’est une importante base de données d’images grâce aux photos libres de droits.

LinkedIn

C’est un réseau professionnel qui permet de publier et de partager des CV avec collègues et amis. La  communauté est importante, ce qui permet d’avoir son CV en ligne, d’être en contact avec des professionnels du même domaine. Il permet aussi de saisir des opportunités de collaboration voire d’emplois. En 2011, LinkedIn revendique 135 millions de membres sur 170 secteurs d’activités dans 200 pays.

Beaucoup d’autres plateformes de réseaux sociaux existent : Badoo, HI5, Viadeo, Foursquare, Gowalla, Google+ qui est toujours en développement.

2) L’impact des réseaux sociaux sur la crise au Burkina Faso

Quel impact Facebook ou Twitter ou autres réseau sociaux ont-ils eu sur les évènements qui ont surchauffé le premier semestre de l’année 2011 au Burkina Faso ?

En l’absence d’une étude sociologique avisée sur la question, du moins à notre connaissance, nous nous contenterons pour notre part d’une approche purement descriptive.

La crise qu’a vécue le Burkina dans le premier semestre de l’année 2011 a trouvé un écho sur la toile mondiale selon deux modes :

– de manière passive : à travers les médias en ligne qui se sont contentés de relayer l’information au jour le jour ;

– de manière active : à travers les réseaux sociaux, notamment Facebook où les personnes qui sont opposés au pouvoir, ont créé des pages pour amplifier la contestation en lui donnant de la résonance à l’extérieur du Burkina mais aussi à l’intérieur du Faso, tentant ainsi d’entraîner les Burkinabé dans leur objectif, à savoir le départ du président Compaoré.

Ainsi sur Facebook, on peut citer :

La page : Blaise Compaoré Dégage

http://www.facebook.com/profile.php?id=100001959026599

La communauté : Blaise Compaoré DOIT Partir

http://www.facebook.com/pages/Blaise-Compaore-DOIT-Partir/193268870716006

84 personnes aiment ça 2 personnes qui en parlent

Le groupe : Mouvement Blaise Compaore Doit Partir Groupe « ouvert »revolutionburkina2011@groups.facebook.com

http://www.facebook.com/groups/revolutionburkina2011/

Ce groupe est de loin le plus important. A la date du jeudi 24 novembre 2011, ce compte totalisait : 3 022 membres ; 153 photos ; 76 documents.

Dans l’ensemble, ces pages appelaient ouvertement au départ du président Compaoré et étaient le théâtre d’échanges d’informations et d’avis à charge contre le pouvoir en place.

Après la crise, ces pages fonctionnent toujours mais elles se sont davantage reconverties dans la dénonciation de ce que leurs animateurs appellent le néocolonialisme (exemple : le cas de l’OTAN en Libye) ou la condamnation vigoureuse de tout acte contre la mémoire de Thomas Sankara (exemple la profanation de sa tombe).

Les autres plateformes de réseaux sociaux comme Twitter,  n’ont pas été visibles lors de la crise, sans doute parce que moins utilisés par les Burkinabé.

Il faut souligner que dans le même temps, aucun site, blog ou page sociale n’a été créé par les partisans du pouvoir en place pour défendre le président Compaoré pris dans la tempête.

Le même déficit de réaction des clans proches du pouvoir, se vérifie   dans des rubriques comme « le Forum des internautes » que publient régulièrement le journal l’Observateur Paalga.

Il faut aussi souligner l’impact des télécommunications notamment des SMS. La mobilisation des élèves mais aussi et surtout des mutins, se faisait souvent par l’envoi de SMS. Ce moyen a été à notre sens le plus efficace et le plus usité. La technologie permettant des envois groupés, une seule personne peut informer et mobiliser en restant dans son salon plus d’une centaine de camarades, voire plus.

Revers de la médaille, ces SMS ont permis de retracer plusieurs mutins après la crise. Surtout quand on sait que les opérateurs de téléphonie mobile gardent les SMS durant au moins une période de un an.

L’impact des réseaux sociaux a été en faite très limité sur la conduite de la crise. A cet égard, les SMS ont eu plus d’effet car tout le monde sait facilement manier un téléphone portable.

Par contre sur la toile, il faut trouver un ordinateur, une connexion internet avant de pouvoir diffuser son message. Or les TIC, notamment l’informatique, ne sont pas la chose la mieux partagée au Burkina.

Du coup, ce sont les Burkinabé de l’extérieur qui ont été plus actifs sur les réseaux sociaux lors de la crise. A part l’écho mondial que ces plateformes ont suscité, les réseaux sociaux n’ont pas été à la base de regroupements spontanés où programmés comme on l’a vu ailleurs avec ses apéritifs géants de facebook.

Mais comme l’environnement évolue, dans un futur proche, le nombre d’utilisateurs de ces outils pourrait exploser et c’est à ce moment qu’on pourrait percevoir l’impact des réseaux sociaux sur la vie de la nation.

3) Une question d’éthique et de déontologie

Un problème de responsabilité quasi insoluble se posait déjà avec le blog, site web grâce auquel n’importe quel internaute peut animer une chronique personnelle ou consacrée à un sujet de son cru.

Si l’on ne saurait affirmer que l’avènement des réseaux sociaux est venu ajouter à la confusion, on peut  à tout le moins dire qu’il a amplifié le pouvoir des citoyens de diffuser en abondance des informations et des idées sans avoir à en répondre devant la loi.

Au contraire du journaliste professionnel qui collecte, traite et diffuse suivant les garde-fous que constituent l’éthique et la déontologie de son métier et également la crainte de tomber sous le coup des textes réglementaires, ces journalistes d’un genre nouveau sont, eux, totalement libres dans une jungle où ils donnent des coups sans redouter d’en recevoir.

Alors que faire ?

Nous savons pour notre part, surtout ce qu’il ne faut pas faire. Il ne saurait être en effet question d’encourager le net-censure, néologisme pour désigner la censure opérée totalement ou partiellement sur la toile, comme le font-ou l’ont fait-certains Etats telle la Chine de Pékin.

D’abord pour des raisons économiques, parce que des études réalisées par l’OCDE en partant du cas de l’Egypte, ont montré que «les services bloqués représentent environ 3 à 4% du PIB de ce pays».

Dans une économie en pleine globalisation animée par des échanges sur le net, un blocage à 100% de la toile serait aujourd’hui suicidaire.

La deuxième raison de notre aversion pour toute forme de censure, c’est qu’ici, comme avec les médias classiques, mieux vaut trop d’informations et de canaux que pas d’informations du tout.

Alors faisons nôtre ici également la philosophie d’un des pères de l’indépendance des Etats-Unis, Thomas Jefferson : laissons faire les réseaux sociaux et parions sur le bon sens des citoyens pour opérer le tri entre le bon grain et l’ivraie.

Ouagadougou le 9 décembre 2011

Edouard Ouédraogo Directeur de publication de l’Observateur Paalga

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