Flash Info
prev next

à La Une »

« Ne laisser personne de côté », un engagement du Gouvernement : Message du Ministre de l’Eau et de l’Assainissement, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau 2019

22 mars 2019 – 7 h 39 min Pas de Commentaire | 43 views

Le Burkina Faso, à l’instar de la communauté internationale, commémore le 22 mars de chaque année, la Journée Mondiale de l’Eau (JME), instituée par ONU-Eau, au regard de l’importance pluridimensionnelle de l’eau.
En effet, cette journée …

Lire l'article »
Actualités

Grands dossiers gouvernementaux

Chronique du Gouvernement

Chronique du Gouvernement du Burkina Faso

Conseil des Ministres

Ordre du jour et compte Rendu du conseil des Ministres

Les communiqués gouvernementaux

Les communiqués venant du SIG.

Le calendrier gouvernemental

Suivi de l’ensemble des activités gouvernementales.

Acceuil » Actualités, UACO 2011

Vendredi 9 déc. – Panel III. THEME : « Politiques publiques et mutations technologiques, actions à court terme » Intervention de Jean R. Th. Guion Président International de l’Alliance Francophone «Le rôle de la francophonie dans les NTIC

Soumis par par 10 décembre 2011 – 11 h 41 minPas de commentaire | 7 753 views

Les médias en Afrique à l’épreuve  de la démocratie  et de la mondialisation

« Francophonie et Nouvelles Technologies de l’Information »

Madame La Présidente,

Mesdames et messieurs le Ministres,

Chers Panélistes, Mesdames et messieurs,

Chers Frères et amis,

Je suis très heureux et très honoré d’être parmi vous ce jour.

Et ce ne sont pas que des mots…

Madame la Présidente, Chère Béatrice,

Monsieur le Ministre et Conseiller du Président du Faso, mon très cher Frère Mahamoudou Ouedraogo,

Au risque de faire « ancien combattant », ce qui au demeurant n’a rien de désobligeant si ce n’est le rappel de mon avancée dans le temps avec les courbatures privilège de l’âge, je ne saurais commencer cette intervention sans saluer les importants combats que vous avez menés l’un et l’autre pour faire de ce Pays ce qu’il est devenu, un exemple de démocratie et un paradis pour la liberté d’expression (rien que le mois passé 5 nouvelles publications ont encore vu le jour venant s’ajouter à tant d’autres).

Avec vous j’ai eu l’insigne honneur d’être un des co-fondateurs des UACO et d’accompagner les premier pas de ce beau bébé qu’il était…

Monsieur le Ministre de la Communication, cher Alain Edouard Traoré, je voudrais dire à nos amis que je vous ai vu à l’œuvre, que j’ai constaté avec plaisir l’ardeur avec laquelle vous avez relancé ces UACO, que j’ai hautement apprécié votre méthodologie dans l’action, votre rigueur dans l’organisation, la permanence de votre attention aux moindres détails, votre ouverture d’esprit, mais aussi votre humanisme militant…

Alors, lorsqu’on m’a dit que vous étiez des « écoles Damiba et Ouedraogo » rien ne m’a plus étonné !

Quand vous m’avez appelé pour m’inviter j’ai su, Monsieur le Ministre, que vous étiez, comme Balzac, convaincu que la certitude est le secret des longues fidélités, et qu’il vaut mieux aller plus loin avec quelqu’un que nulle part avec tout le monde.

Cette fidélité c’est aussi le désir de poursuivre le même combat avec le même ennemi  appuyé des mêmes amis et c’est pourquoi nous sommes tous à vos côtés aujourd’hui !

Chers Amis,

Les poncifs ont la vie dure…

Longtemps considérée par d’aucun comme un continent « en marge de la civilisation », une terre « sans histoire », l’Afrique continue à pâtir d’une présomption d’illégitimité dans tout ce qui a trait aux savoirs, aux techniques, aux sciences, mais également à l’étude des faits humains, qu’ils relèvent de la longue durée ou de la courte durée, de l’histoire ou de l’actualité.

Ces absurdités ont la vie dure…

Au point de parfois même reléguer l’Afrique au rang d’éternel continent du tiers-monde, d’incarnation du sous-développement…

Jusqu’à faire fi des émancipations africaines et de la montée des puissances émergeantes africaines (Afrique du Sud, Egypte, Nigeria) qui sont pourtant dotées d’un réel poids dans le « concert des nations ».

Les stéréotypes, encore en vogue, ont en commun d’imposer une représentation « obscurantiste » du continent africain, qui le confine dans un corps étriqué, figé, dénué de toutes spécificités.

Cette monotonie / monochromie, allant de pair avec un monolithisme morphologique, est, de surcroît, doublée d’une aphonie.

Sombre, rigide, l’Afrique est également « muette ».

Evoquant l’Afrique, les commentateurs préfèrent parler de « dialectes » plutôt que de langues, une manière d’occulter chez les locuteurs du Continent toute faculté à s’exprimer.

Au motif que les cultures africaines seraient de tradition plus « orales » qu’« écrites », l’on bafoue une règle élémentaire de la linguistique qui considère tout système lexical, syntaxique et phonétique complet, aussi élémentaire soit-il, comme une langue.

Pernicieux, ce procédé de dépossession culturelle disqualifie l’Afrique de toute expression de soi, de tout regard introspectif et, par voie de conséquence, de toute propension à porter un regard sur l’autre, sur le monde…

Il inhibe, mutile.

Dès lors, comment parler de médias en Afrique ?

Comment oser postuler à un tel sujet si, d’emblée, l’objet étudié est frappé d’anathème ?

Les UACO se veulent une réponse à ces poncifs stupides !

Loin d’être un fait mineur, la question des médias et de l’existence d’un espace médiatique sur ce continent est, en réalité, une problématique pertinente, peut-être même plus pertinente qu’ailleurs, en cela que l’Afrique est un épicentre du monde qui a vu se rencontrer et s’entrechoquer une multitude de civilisations et de cultures, un foyer d’agitation idéologique et politique qui a connu, tout au long du siècle écoulé, le plus grand nombre d’effervescences, de mutations et de mouvements historiques.

Plus qu’ailleurs, les collisions culturelles y ont été directes, frontales et violentes.

En à peine un siècle, l’Afrique est passée d’organisations humaines tribales et féodales à des réalités étatiques, de dominations coloniales à des systèmes politiques fondés sur la souveraineté nationale, de régimes dictatoriaux à des gouvernements pluralistes.

2- L’ensemble de ces bouleversements sont allés de pair avec l’essor d’un espace public propice à la circulation des idées et de l’information, ainsi qu’à l’émergence progressive d’un champ médiatique différencié, lorsqu’ils n’en ont pas été à l’origine.

En scrutant la réalité africaine de plus près, une réalité ô combien complexe, hétérogène et multiforme, on réalise combien l’inscription de la notion de média en Afrique est ancienne.

Apparue à la fin du XIXe siècle, elle a connu trois temps forts : la décolonisation, la conquête du pluralisme face aux régimes autoritaires et l’épreuve de la mondialisation.

Des premières rotatives, en passant par les transistors et la télévision, jusqu’à l’avènement d’Internet et du numérique, l’Afrique n’a manqué aucun rendez-vous avec l’histoire.

Reste la question cruciale de la dépendance technologique.

Une constante qui se voit amplifier à la faveur d’une mondialisation tous azimuts qui rend le marché africain plus perméable aux velléités de domination de certaines puissances émergeantes.

Attirées par le gain rapide, ces dernières n’hésitent pas à porter atteinte aux codes culturels et aux us et coutumes locaux, quitte à braver les législations, tant nationales qu’internationales.

Une situation inédite qui pose la question du respect de la diversité culturelle, ce principe tant défendu et préconisé par la Francophonie.

En tant que partenaire de l’Afrique, en tant que promoteur de la souveraineté africaine et vecteur culturel d’amitié et de solidarité franco-africaine résultant d’une histoire commune, la Francophonie se doit d’accompagner l’Afrique dans ce grand bond vers la mondialisation des médias.

La problématique des médias dans cette partie du globe qui nous est chère ne peut éluder la question de la place de l’offre médiatique francophone dans un contexte continental marqué par une concurrence féroce entre grandes multinationales de l’information.

Le rôle des médias dans la décolonisation

Il est impossible de parler de médias en Afrique sans se référer au rôle décisif qu’ils eurent durant la décolonisation.

Occulter ce point, c’est courir le risque de sous-estimer le rôle qu’ils peuvent avoir dans les futures conquêtes.

Avec l’essor de la presse écrite et du transistor, deux médias qui eurent à  leurs débuts une vocation éminemment pédagogique de propagation des langues française et anglaise, et de diffusion de nouvelles connaissances d’inspiration occidentale, commença à germer la nécessité d’une émancipation africaine.

Peu à peu, cette idée finit par épouser des contours plus explicites avec l’apparition d’organes engagés relayant les discours de leaders indépendantistes.

Pionnier en la matière, le journaliste nigérian Nnamadi Azikiwe s’est employé, tout au long des années 1930, à mettre sa plume au service de l’émancipation de ses compatriotes. Il écrivit, à l’occasion de la parution du premier numéro de son journal, West African Pilot, en novembre 1937 : « Montrez la lumière et le peuple trouvera le chemin ».

Reprenant la pensée des « Lumières » et ses idées de souveraineté populaire, la cause anticoloniale a pu opposer, ad hominem, aux autorités coloniales un discours légitime qu’elles ne pouvaient occulter durablement.

Cette tendance s’est notamment cristallisée au lendemain de la seconde guerre mondiale, donnant la possibilité à des chefs nationalistes de faire valoir le bien-fondé de leurs revendications et de finir par être désignés comme des interlocuteurs de choix des gouvernements coloniaux.

D’autres organes de presse, plus virulents, ouvrirent leurs arcanes à un discours nettement plus va-t-en-guerre.

3 – Ce fut notamment le cas du journal El Moudjahid du Front de libération nationale (FLN) avec sa devise « la révolution par le peuple et pour le peuple ». Fondé en juin 1956, alors que la guerre d’Algérie fait rage, il est distribué clandestinement.

Médias et pluralisme politique

Au lendemain de la décolonisation, les Etats africains nouvellement souverains poussent, pour l’essentiel d’entre eux, des systèmes politiques d’inspiration autocratique, fondés sur le monopartisme.

Cela est particulièrement le cas pour les pays qui ont rallié le bloc soviétique durant la guerre froide.

Invoqué par les détenteurs du pouvoir d’alors comme le meilleur instrument d’unification nationale face au poids des communautarismes multiformes, le monopartisme eut pour conséquence une mainmise totale de l’Etat sur l’information.

L’appui apporté par les médias publics aux régimes en place finit peu à peu par les discréditer.

Devenant un véritable enjeu politique, la question de l’information exacerba les rivalités entre les différents camps et factions politiques en présence.

Force est de constater que la plupart des coups d’Etat ou des insurrections passèrent par des tentatives de prises d’assaut armées de la télévision ou de la radio.

Ce rituel participa, d’une certaine manière, du processus de pluralisation qui travailla la société africaine tout au long des années 1970-1980.

L’essor de factions rivales et d’oppositions favorisa l’émergence de contre discours qui furent vite relayés par des journaux clandestins.

C’est au Bénin que voit le jour la première presse indépendante d’Afrique et d’Afrique francophone, avec le lancement de la Gazette du Golfe en 1987.

En Algérie, les soulèvements d’octobre 1988 débouchent sur l’instauration du multipartisme et l’ouverture du champ médiatique. Des dizaines de journaux francophones voient le jour.

Leur liberté de ton séduit.

Cependant, au lendemain de la victoire du Front islamique du salut (FIS) aux législatives de décembre 1991 et de sa dissolution par le régime une année après, une nouvelle législation sur l’information beaucoup plus stricte s’impose.

Ailleurs, dans les pays où la télévision était notamment bien implantée comme en Côte d’Ivoire ou au Gabon, les images de la chute du mur de Berlin ou du renversement des Ceaucescu en Roumanie, confortèrent les aspirations au changement. Et les autorités en place ne réussirent à se maintenir qu’au prix d’une ouverture politique et d’une libéralisation de la presse.

Mondialisation, capitalisme sauvage  et fracture numérique

Si la fin des monopoles étatiques sur les médias, à la faveur de l’ouverture démocratique et des injonctions des institutions internationales, telle la Banque mondiale, en faveur d’une plus grande liberté d’information, a été bénéfique pour les Africains, en revanche, la mondialisation de la communication et le boom sans précédent de ses outils ont permis de révéler un écueil majeur : la dépendance de l’Afrique vis-à-vis de l’étranger.

Ce phénomène est d’autant plus marqué que les technologies sont nouvelles. En matière de radio et de télévision, les grandes multinationales audiovisuelles, forts des satellites de leurs pays d’origine, ont pu ainsi investir sans aucun obstacle les ondes radios et les postes de télévisions des Africains.

Une situation à double tranchant.

Si dans certains cas elle a permis une meilleure audience de RFI ou de la BBC, des médias d’ancrage continental ancien, fort respectés des Africains, dans d’autres cas elle a été la porte ouverte à l’afflux sauvage de groupes étrangers méconnaissant totalement la réalité africaine, dont le seul dessein est d’imposer leurs normes culturelles, philosophiques et spirituelles, sans se soucier des spécificités locales.

4- Il en va notamment des chaînes de télévision indiennes, brésiliennes ou moyen-orientales.

La pénétration des médias originaires des Emirats arabes, par exemple, ont permis une diffusion sans précédent de l’islam wahhabite en Afrique du Nord et de l’Ouest, ainsi que dans les pays Sahel.     Elles ont eu pour conséquence de restreindre les pratiques musulmanes autochtones, souvent d’inspiration syncrétique en Afrique noire, maraboutique (culte des saints) et accessoirement soufi (courant mystique de l’islam affirmant que Mahomet aurait reçu, simultanément au Coran, des révélations ésotériques qu’il n’aurait partagées qu’avec quelques-uns de ses compagnons) en Afrique septentrionale.

Cet écueil de la dépendance technologique, qui instaure une relation d’aliénation culturelle, masque un autre écueil hautement plus préjudiciable : la subordination  de l’Afrique à des logiques capitalistiques sauvages et arbitraires.

Il est patent s’agissant du numérique.

Depuis l’avènement de la fibre optique, un seul câble sous-marin, le South Atlantic 3 (SAT-3), alimente la partie ouest de l’Afrique ouest, privant le reste de l’Afrique d’une connexion digne de ce nom.  D’où un nombre d’internautes continentaux insignifiants par rapport au reste du monde : 77 millions (9,6 % de la population du continent) contre 755 millions d’Asiatiques (dont 450 millions de Chinois), 514 millions d’Américains et 401 millions d’Européens.

L’Afrique accuse un retard considérable en matière de cybertechnologie.

Cet état de fait relève moins de l’impréparation ou de la frilosité des Africains à se lancer dans l’aventure de l’internet que de réelles hésitations des opérateurs étrangers à s’implanter en Afrique.

En quête de garanties optimales et de débouchés sûrs, ceux-ci ne se montrent prêts à investir que lorsqu’ils sont certains de rentabiliser.

D’une logique monopolistique étatique nationale durant les années 1970-1980, l’Afrique est passée à une logique de monopoles privés transnationaux qui la destitue de tout droit de regard.

Seuls trois groupes africains semblent être encore en mesure de faire face à ces derniers : le sud-africain MTN, le nigérian Globacom et l’égyptien Orascom, toutefois en perte de vitesse.La desserte récente de l’est africain par le câble Eastern Africa Submarine Cable System (EASSy), long de 10 000 kilomètres, alimente la côte.

Et les prochains projets d’envergure, tels le Globacom-1 et le MainOne (ouest du continent), le West African Cable System (WACS) et l’Africa Coast to Europe (ACE, d’un montant de 530 millions euros, il est financé France Télécom Orange), devraient décloisonner le marché africain de l’internet et permettre ainsi d’accroître le nombre d’internautes africains.

Les trois missions de la Francophonie : former, rétablir l’éthique et faire respecter la diversité

La mutation et la dérégulation du marché de la communication préoccupe la Francophonie au premier plan parce qu’il se fait souvent au prix d’une atteinte à la souveraineté des peuples, à leurs droits à disposer d’eux mêmes en tant que tels, à leurs droits individuels et à leurs spécificités culturelles, linguistiques et philosophiques.

Parce qu’elles apparaissent déjà comme un enjeu de néocolonialisme culturel moderne qui ne dit pas son nom.

L’Alliance Francophone que je représente œuvre en faveur d’un idéal universel, d’une ouverture du monde, d’un libre marché planétaire, à condition qu’ils soient respectueux du droit, de l’éthique et la diversité culturelle.

La Francophonie est consubstantielle à l’Afrique.

Née sur ce continent, intrinsèquement liée par l’histoire et le poids des métissages avec pour dénominateur commun la langue française, elle se doit d’être à ses côtés, soutenir son essor, œuvrer pour tout ce qui fera la grandeur de son avenir.

5- La langue française est susceptible de voir tripler son nombre de locuteurs dans les quarante prochaines années, grâce à l’évolution démographique de l’Afrique.

Il convient donc que la Francophonie participe à cette nouvelle recomposition du marché de la communication en Afrique, qu’elle arbitre le débat en faisant valoir la législation internationale, l’éthique de l’information, en faisant la promotion du professionnalisme par la formation des journalistes et des communicants

et en s’opposant au charlatanisme et au prosélytisme de certains médias qui asservissent les populations, plus qu’elle ne les invite à s’émanciper.

Et , vous le savez, ce n’est pas qu’un problème africain !

En 1998, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a mis en œuvre un Fonds d’appui destiné aux entreprises de presse basés dans un pays du Sud membre de l’organisation afin de leur permettre de financer des programmes visant à améliorer leur politique éditoriale, leur gestion managériale, leur développement technologique et la formation de leurs journalistes.

Partie prenante de ce type d’actions, elle participe régulièrement aux forums et conférences sur la presse et les médias en Afrique. Si l’Alliance Francophone est toujours présente à ces 8èmes Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), c’est que l’organisation que je représente, avec Béatrice Comte Grand Reporter, Jean Miot ancien Président de l’AFP pour ne citer qu’une de ces nombreuses fonctions au sein de la presse écrite, Philippe Romain Pomédio Président de la chaîne CINAPS, tous membre de notre Conseil d’Administration, c’est que nous voulons être au plus près des femmes et des hommes, à leur écoute, sur le terrain.

Agir au plus près, cela est vital. Mais aller encore plus loin.

Œuvrer en profondeur pour que nos engagements ne soient pas de simples déclarations d’intention.

A quoi bon, en effet, une francophonie d’intention ?

A quoi bon une francophonie de la communication si l’on n’arrive pas à se parler ?

Or c’est à ce paradoxe auquel nous sommes aujourd’hui confrontés ?

Nous chattons, nous envoyons des mails… mais impossible de dialoguer et de parler, parce que la chape des frontières, de la paperasserie administrative nous en empêche.

Cette réalité nuit à l’information.

Il n’est pas d’information qui se fasse à distance. L’information, c’est ici et maintenant.

Pour donner corps à cette impérieuse, l’Alliance Francophone œuvre pour la création d’un « visa francophone » destiné à favoriser, au sein de l’espace francophone, la mobilité des personnes investies dans le rayonnement de la langue et de la culture françaises. Au premier rang de celles-ci, les chercheurs d’institutions publiques et privées, les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, les sportifs de haut niveau, les artistes et créateurs, les hommes politiques, les syndicalistes, les chefs d’entreprise, les journalistes…

L’édification et l’octroi d’un tel document se feraient en conformité avec les législations nationales et internationales en vigueur.

Nous ferons tout ce qui est en nos moyens pour que les autorités françaises  l’entérinent un jour, donnant ainsi l’exemple et participant ainsi à créer ce sentiment d’appartenance des francophones à une communauté unie et solidaire…

Nous en sommes hélas bien loin aujourd’hui !

La question des médias en Afrique est cruciale.

Parce que la presse, le transistor ont joué un rôle déterminant dans le processus de décolonisation et que la conquête de l’information a permis l’émergence d’oppositions et l’instauration du pluralismes politiques, il est important que ce qui a été hier un instrument d’émancipation ne tienne pas lieu aujourd’hui d’objet d’asservissement et d’aliénation.

6 – La dimension transfrontalière et transnationale des nouvelles technologies d’information et de communication a rendu obsolète les normes nationales et internationales sur l’information,

y compris dans les parties du globe de tradition démocratiques.

Il convient donc que l’Afrique s’implique activement dans ce grand débat global sur l’avenir de l’information.

Accuser un retard, dans le domaine du numérique n’est pas en soi une fatalité.

Se tenir quelque peu à l’écart de cette déferlante sauvage des nouvelles technologies de la communication qui sape les valeurs, bafoue l’éthique et le droit, viole les souverainetés…quelque par préserve.

Certes !

Pour autant l’Afrique devra être au grand rendez-vous de la technologie fut-ce pour le démystifier…

Si des pays du Sud comme l’Inde, le Brésil ont leur mot à dire en la matière, je ne vois pas pourquoi il n’en irait pas également des pays africains.

Les tenants des poncifs évoqués en début de cette intervention considèreront que nous rêvons…

Je leur rappellerai cette citation de Don Elder Camara que j’affectionne tout particulièrement et que notre ami Régis Lefevbre doit bien connaître lui qui doit conjuguer quotidiennement rêves et réalités aux côtés de Luc Besson :

« Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. »

Vous êtes tous  là pour le rappeler et je vous en remercie !

Jean R. Guion

Print Friendly, PDF & Email

Plus d'articles:

izmir web tasarim genital estetik