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Extrait vidéo du Conseil des ministres de ce mercredi 24 avril 2019

25 avril 2019 – 5 h 48 min Pas de Commentaire | 300 views

Le Conseil  des ministres s’est tenu  ce jour 24 avril 2019 sous la présidence du Premier ministre  S.E.M Christophe Joseph Marie Dabiré, de 9 heures à 15h 50mn.
Le Conseil a délibéré sur des dossiers.
Concernant le …

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UACO 2011 : Et si on parlait de la « com » institutionnelle ? (2/2)

Soumis par par 5 décembre 2011 – 15 h 31 minPas de commentaire | 2 368 views

Tertius Zongo, alors Premier ministre, avait demandé que le JT de la RTB, à 20 heures, soit précédé d’un rappel de ce que signifiait être un « homme intègre* ». Aussi, au « pays des hommes intègres » ne soyons pas hypocrites et, à l’occasion des prochaines 8ème Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), osons poser la question de ce que doit être la « communication institutionnelle ». Et, dans le même temps, de ce qu’elle ne devrait pas être.

Quand Jean-Michel Metthey, au nom de Universal Communications (cf. LDD Burkina Faso 0281/Vendredi 25 novembre 2011), « produit » trois pages dans Le Point sur le « Burkina Faso », notons, d’abord, qu’il s’abstient d’évoquer le « Burkina de Compaoré » de la même façon que le « Gabon de Bongo », la « Guinée de Condé », etc. ; il fait même l’impasse sur le président du Faso (cité une fois cependant sous le nom de « Campaoré », erreur courante en… 1987 quand Blaise émergeait, pour la presse « occidentale », sur la scène politique) – ce qui est déjà un progrès par rapport aux autres « communiqués » publiés sur d’autres pays qui n’hésitent pas à être hagiographiques. Par ailleurs, Metthey se dispense de ses habituels commentaires, en trois lignes, sur le pays. Changement de ton, donc. Pour le reste, ni le fond ni la forme ne varient.

Qu’importe, d’ailleurs. Ce qui est exaspérant dans ce « communiqué » (comme dans tous ceux de Metthey), c’est l’acceptation par les « clients » d’un travail laxiste dans l’objectif même qui est le sien : communiquer. Ce ne serait pas acceptable dans une copie de bac ES. Pourquoi cela devrait-il l’être dans le cadre d’un budget qui est loin d’être négligeable ? Je pourrais reprendre mot à mot les trois pages de « communiqué » et trouver à redire à chaque ligne ; ce serait drôle mais fastidieux. Prenons la première ligne de ce texte : « Le Burkina Faso est le premier producteur africain de coton malgré l’aridité des sols, un fait qui résume les qualités des 15 millions d’habitants de ce petit pays de 274.000 km², ainsi que de sa stabilité ». Un résumé un peu… court, mais il est vrai que Sofitex finance une page de ce « communiqué » (« Depuis la nuit des temps, le coton a toujours été un élément de l’assolement des exploitations paysannes afin de satisfaire aux besoins domestiques de cotonnade »).

Tout cela sent le copier-coller tandis que, nous dit-on, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat « s’affaire à l’intérieur et à l’extérieur du pays » et que le ministre des Mines, des Carrières et de l’Energie, déclarerait que « le code minier adopté en 2003 [a été] un pas décisif car il a instauré une fiscalité autours [sic] de ces exploitations minières ». C’est que la mine d’or d’Essakane est aussi annonceur de ce « communiqué » : « Situé entre le Ghana et le Mali, les deuxième et troisième pays producteurs d’or, le Burkina Faso a une superbe carte à jouer ». Evoque-t-on la position géographique du Burkina Faso ou serait-il le 2,5ème producteur d’or ?

Essakane, nous dit-on, c’est « 130 tonnes d’or [qui ont] été détectées, avec une teneur moyenne du minerai d’environ 1,5 g par tonne. La production annuelle de la mine sera de 12 tonnes en moyenne par an, la durée probablement de vie atteindrait donc les 12 ans ». Manifestement, les rédacteurs de ce « communiqué » ont non seulement des problèmes avec la maîtrise du français mais aussi avec la cohérence des formulations chiffrées !

Quand Metthey s’essaye à la communication économique, cela prête, hélas, trop souvent à rire (et il faut que les médias français soient dans une bien mauvaise posture financière pour accepter des « communiqués » aussi peu soignés). Quand il commente la situation politique, je me demande qui, parmi la classe dirigeante burkinabè (en l’occurrence, pour ce « communiqué ») – qui m’a toujours habitué à plus de cohérence dans l’action – laisse faire. Sous-titré « La stabilité avant tout », l’encadré qui lui est consacré nous dit : « Le Burkina Faso, littéralement « Pays des hommes intègres », est détenteur d’un actif essentiel dans cette partie du monde, qui est la stabilité politique et institutionnelle […] A ce titre, les troubles survenus au printemps 2011 méritent d’être explicités [Ils le sont sous un titre vraiment explicite : « De faux troubles au printemps 2011 » !]. Dans les jours qui ont suivi le 14 avril [quel lecteur de l’hebdomadaire français Le Point peut savoir à quels événements il est alors fait référence ?] est survenue une rébellion au sein de la garde de sécurité présidentielle, qui s’est étendue aux autres casernes de la capitale, puis aux villes de province comme Pô. Les soldats réclamaient l’amélioration de leur condition de vie et de travail. Or le président Blaise Compaoré [sic] avait justement donné ordre de les payer, mais des militaires gradés avaient oublié de répercuter les gratifications. Les choses sont donc vite rentrées dans l’ordre. Le chef de l’Etat burkinabè a nommé de nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l’air et de la gendarmerie ».

Metthey est victime d’un dérapage professionnel : son propos (« de faux troubles aux printemps 2011 ») va à l’encontre de la ligne politique développée par la présidence du Faso. Blaise Compaoré n’a jamais nié le caractère dramatique, politiquement, diplomatiquement et socialement, des événements du printemps 2011 : chute du gouvernement Zongo ; promotion de Luc Adolphe Tiao à la primature ; restructuration du gouvernement au sein duquel le chef de l’Etat prend en charge le portefeuille de la Défense ; nomination d’un Conseil consultatif sur les réformes politiques, tsunami au sein de toutes les administrations, etc. Ni Blaise, ni personne d’autre (à commencer par le ministre des Affaires étrangères et européennes, Djibrill Bassolé, y compris lorsqu’il s’est exprimé à l’étranger) n’ont cherché à se voiler la face : le Burkina Faso a été rudement secoué et en a encore des tremblements… ! Voilà donc trois pages qui, à la lecture (on me rétorquera : « qui lit ces « communiqués » ? » ; ce qui est vrai : mais alors pourquoi les faire publier ?), donnent une image contre-productive du Burkina Faso et des efforts entrepris pour, depuis plusieurs mois, passer le cap de cette crise de croissance. J’en fait une lecture « extérieure » qui me semble, j’en suis conscient, d’autant plus disproportionnée que, lors de mon arrivée voici près de deux semaines à Ouaga, personne ne semblait être informé de ce « communiqué » (ce qui n’est pas la meilleure preuve de transparence en matière de « com »). C’est aussi que ce qui ne m’étonne pas dans d’autres pays d’Afrique ou d’ailleurs (même si la complaisance de Condé, en Guinée, à deux reprises au moins, pour ce type de « communiqué », m’a convaincu de l’inanité de sa revendication d’une quelconque « différence »), m’étonne concernant le « pays des hommes intègres » qui n’a pas besoin de ce type de « com ».

Les UACO, dans quelques jours (7-10 décembre 2011), vont se réunir à Ouaga. L’occasion, sans doute, de rappeler que si, selon le général prussien Carl Von Clausewitz, « la guerre c’est la poursuite de la politique par d’autres moyens », la « com », aujourd’hui, s’apparente à la guerre. Pour gagner celle-ci, encore faut-il définir une stratégie qui fixe le but à atteindre et les tactiques pour mettre en place les moyens nécessaires afin d’y parvenir. Sans oublier l’état-major avec lequel on va mener cette guerre. Un job de professionnels ; pas d’amateurs. Mais n’est-ce pas la raison d’être des UACO que de rassembler des « pros » ? Il n’y a plus que quelques jours à attendre pour que, de tout cela, sorte quelque chose de concret.

* « Intégrité, probité, honnêteté, incorruptibilité, vertu, rigueur, discipline, travail, tolérance, justice, dignité, fidélité, fierté, civisme, patriotisme. L’intégrité se mérite. Etre Burkinabè, c’est être intègre ».

Jean-Pierre  BEJOT  La Dépêche Diplomatique

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