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Compte rendu du Conseil des ministres du vendredi 21 juillet 2017

21 juillet 2017 – 22 h 38 min Pas de Commentaire | 437 views

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou,
le vendredi 21 juillet 2017,
en séance ordinaire, de  15 H 00 mn à 19 H 00 mn,
sous la présidence de
 Son Excellence Monsieur Paul Kaba THIEBA,
                                                 Premier ministre, Chef …

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Communication introductive sur le thème des 8e UACO. (Dr Mahamoudou OUEDRAOGO

Soumis par par 9 décembre 2011 – 15 h 48 minPas de commentaire | 8  523 views

Thèmes abordés :

Des avantages imputables au passage  de l’analogique au numérique

Des pertes imputables au passage de l’analogique au numérique

Des conséquences économiques, sociales et politiques

De la Morale à l’objectivité

De l’Autorégulation à la Régulation

INTRODUCTION

Cette édition des Universités africaines de la communication se situe à la croisée des chemins entre l’analogique et le numérique. Les échéances de 2012 fixées pour le passage des médias audiovisuels au numérique pourront-elles être respectées par les différents organes et Etats sur l’ensemble de la planète ? Quelle information diffuser qui réponde à la fois aux attentes locales et globales ? La préoccupation d’assurer une bonne transition entre l’analogique et le numérique au niveau de la radiodiffusion et de la télévision est-elle vraiment jouable ? La presse en ligne va-t-elle remplacer la presse imprimée et devenir ainsi un relais formidable plus facilement distribuable à travers le monde ?

Notre objet est d’examiner les nouveaux enjeux auxquels les médias  vont devoir faire face aux mutations internationales. Notre problématique tourne autour des gains et des pertes relatifs à l’introduction et au développement du numérique. L’adresse sera subdivisée en cinq grandes parties. La première porte sur les avantages imputables au passage de l’analogique au numérique. La seconde partie traite des pertes éventuelles dues au passage au numérique. La troisième partie nous permettra d’en tirer le solde et de proposer des pistes pour une transition douce et harmonieuse de l’analogique au numérique. La quatrième partie concerne les fondements moraux, éthiques et déontologiques. La dernière partie convoque en débat l’utilité de l’adaptation aux nouveaux médias des dispositions de l’auto-régulation et de la réputation administrative.

  1. 1. Des avantages imputables au passage de l’analogique au numérique

Les nouveaux enjeux numériques se situent dans un contexte où les défis majeurs pour l’Afrique sont de parvenir à surmonter la fragmentation des marchés de l’audiovisuel numérique et de réduire la fracture numérique entre les Etats d’Afrique et ceux du monde. Plusieurs signes nous permettent d’espérer que de cette transition, les pays d’Afrique tireront des bénéfices réels qui vont concourir au développement des médias africains.

a) Une mondialisation en progression exponentielle

Si les produits et services mobiles et portables se sont popularisés à travers le monde faisant de la mondialisation une réalité incontournable en Afrique ; la télévision numérique permettra de renforcer la télévision à péage par satellite comme cela se fait actuellement.

Le développement des technologies du numérique va contribuer également à une baisse accrue des prix des décodeurs numériques, constat déjà effectif de nos jours, et des téléviseurs à décodeurs intégrés, le prix constituant un frein de plus en plus important pour l’acquisition de cet équipement.

La diffusion radiophonique et télévisuelle ainsi que la distribution en ligne des médias de la presse écrite qui du coup résolvent le problème de distribution des supports imprimés se situent désormais dans une logique de l’instantanéité, où tout le monde voit la même chose au même moment. Internet a accéléré l’accès à l’information : deux milliards d’internautes, soit un peu plus du tiers de la population de la planète sont désormais connectés. La mondialisation fait aujourd’hui que les géants de l’Internet gagnent beaucoup d’argent sur le marché à peu de frais.

b) Un éventail de choix de programmes audiovisuels

Grace à la compression numérique, l’éventail et la qualité des services pourront être améliorés, donnant ainsi un large choix de chaînes aux auditeurs et aux téléspectateurs grâce à un nombre plus important de chaînes et stations de radios. En effet, la compression des données permettra à terme de libérer un spectre de plus de 100 Mhz, une opportunité pour les Etats d’accroître le nombre de réseaux disponibles.

Sur un continent où le boom des médias constaté depuis les années 1990 a permis le développement des entreprises audiovisuelles et de la presse écrite, exprimant ainsi l’envergure de la demande, il est loisible de prévoir le maintien de la tendance pour la période de transition numérique, soit les dix prochaines années.

Avec la numérisation apparaissent de nouvelles opportunités de diversification des programmes pour répondre de manière plus précise, voire personnelle aux préoccupations des auditoires décomposables selon le genre, la catégorie sociale ou professionnelle avec possibilité de choix de la langue du locuteur. L’arrivée de la télévision connectée sera encore plus révolutionnaire pour la population d’Afrique dont la plupart devra sauter une étape pour être au même niveau que les autres.

Il va être difficile d’échapper à toutes les images qui s’offrent à nous sur tous les supports : ordinateurs, Smartphones, tablettes, mobiles, etc. d’autant plus que les chaînes invitent désormais les téléspectateurs et les internautes à voir ou revoir le programme de leur choix en différé. On parvient ainsi à une « délinéarisation ». Alors qu’autrefois, le programme télé était composé par un chef de programme, désormais c’est le téléspectateur lui-même qui compose son programme.

Les chaînes télé qui cherchent de leur côté à échapper à une mainmise des consommateurs sur le programme, envisagent de donner au téléspectateur la possibilité d’ouvrir plusieurs fenêtres sur un écran de télévision bouleversant les usages qui passent du zapping à la personnalisation de la programmation et à la multivision de chaînes ouvertes sur plusieurs fenêtres.

c) Une interaction accrue des lecteurs en ligne

Un autre bénéfice appréciable de la numérisation est la progression des capacités d’interaction des médias avec les interlocuteurs allant des forums de la presse écrite aux débats radiotélévisés avec possibilité d’intervention en direct. Ces faits sont déjà une réalité pour les journaux qui sont en ligne et qui reçoivent des réactions diverses sur les forums de leur page numérique.  Beaucoup de lecteurs s’abonnent désormais aux journaux en ligne pour les recevoir sur leur Ipad.

De nombreux amateurs contribuent à la qualité de l’information par les précisions qu’ils apportent aux articles diffusés. Un fait notoire à ce propos est celui des réseaux sociaux qui sont désormais des relais de la presse en ligne par réfèrent à leur groupe des articles qui leur paraissent intéressants ou les commentent à leur tour, mettant ainsi la théorie du double flux ainsi que modélisée par Paul Lazarsfeld.

The Guardian à Londres innove en créant la mutualisation de l’information. Ainsi pour écrire un article un journaliste peut faire appel à des lecteurs et il peut y avoir signatures pour un seul article avec le journaliste professionnel comme tête de file des signatures. Dans cette perspective l’idéal pour les unes et la hantise pour les autres, c’est que le journal soit écrit pratiquement entièrement par les lecteurs, qu’ils se l’approprient à tel point qu’ils déterminent leur ce qui est certain c’est que cette tendance, ultra minoritaire pour le moment où l’on se demande qui est le public et qui est le journaliste qui écrit pour qui, est censée répondre aux formes de journalisme citoyen du web.

Mais cette interaction sera davantage renforcée par la possibilité de contribuer aux besoins spécifiques des personnes âgées ou handicapées en leur fournissant des services d’assistance comme un meilleur tirage, des commentaires ou de signalétiques vocales.

2) Des pertes imputables au passage de l’analogique au numérique

Toutefois, les avantages énumérés pour la transition ne sauraient être une raison pour inhiber les pertes et inconvénients déjà perçus ici et là dans le passage au numérique dans nos pays.

a) La perte sensible de disponibilités de spectres

Développer les marchés du numérique au plan mondial demande un investissement considérable de la part des nombreuses parties concernées : il faudra assurer le déploiement des réseaux, élaborer des technologies diffusantes, vendre des récepteurs, proposer des services attrayants et encourager l’adoption des nouvelles technologies. Or le marché des produits comme ceux du satellite deviennent difficiles à contrôler, principalement à cause des produits de la contrefaçon qui cohabitent avec ceux répondant aux normes de qualité.

Le nombre de fréquences non exploitées à ce jour par les détenteurs laisse présumer un autre problème majeur qui découlera de la numérisation des médias, la banalisation des  professions de l’information et de la communication. En effet, de nombreuses personnes exerçant de manière informelle différents métiers de l’audiovisuel, du cinéma et de la presse écrite, proposent leurs produits en diffusion à des chaînes aussi peu fiables que les producteurs eux-mêmes. L’éthique et la déontologie du métier ne sauraient être observées dans ces conditions.

Enfin la gestion des spectres et fréquences posent un problème à la fois juridique et économique. Les diffusions satellitaires ne connaissent pas de frontière alors que les pays d’Afrique ne sont pas encore à mesure d’élaborer des politiques communes en matière de communication et de télécommunication. Des ressortissants de régions notamment frontalières sont gavés des informations et des publicités de pays voisins, faute de ne pouvoir accéder à leurs propres chaînes.

b) Le renchérissement du coût social du passage au numérique

L’un des inconvénients notable de la transition numérique est l’exacerbation des coûts de certains produits et services médiatiques, notamment des services audiovisuels : autant les organes devront procéder au renouvellement de leur équipement autant les familles devront acquérir des outils complémentaires qui leur permettront la réception des programmes. Il ne faudra donc pas renoncer à la radiodiffusion analogique avant que la radiodiffusion numérique n’atteigne une présence quasiment universelle, offrant toutes les possibilités visées ci-dessus.

Un autre revers de cette numérisation est la prolifération des produits qui proposent une foule d’opportunités et de services, accroissant ainsi les coûts des packages que les consommateurs sont souvent obligés d’acheter sans pouvoir en user. On peut déjà faire le constat sur les récentes générations convergentes d’équipement portable qui combinent tous les services audiovisuels, graphiques, avec des logiciels aussi variés que possible et qui renchérissent les prix sans que ses services soient véritablement utilisables par l’acquéreur dans tous les contextes.

En fait, il faut mentionner le phénomène de la piraterie industrielle qui propose des produits apparemment identiques aux originaux sans que pour autant cela ne soit vrai. Le trafic des produits issus de telles industries inondent les marchés africains et contribuent l’appauvrissement des consommateurs qui se procurent de produits non durables qu’ils sont malheureusement obligés d’abandonner pour faire de nouvelles acquisitions plus fiables

c) L’exacerbation de la fracture numérique

La numérisation reste un défi énorme pour les pays africains du fait d’abord du faible niveau d’alphabétisation des populations des pays africains et de la maîtrise de l’outil numérique. Plus de 70% de la population ne savent ni lire ni écrire en français, langue officielle parlée de manière fluide par moins de 15% de la population. Cet exemple peut s’appliquer à plusieurs pays africains. De multiples programmes initiés par le gouvernement, les organisations non gouvernementales et la société civile ont permis former des jeunes et des femmes  en milieu rural ? Malheureusement de telles formations manquent de supports pédagogiques, qu’ils soient en ligne ou imprimés qui auraient de consolider leurs acquis et de ne pas désapprendre.

La vulgarisation d’internet à travers le monde n’assure pas pour autant la bataille pour l’Internet libre. Le nombre de pays qui censurent le Net est passé de quatre en 2002 à quarante aujourd’hui selon l’Open Network Initiative et ce nombre ne cesse de grandir, les gouvernements renforçant les lois, réprimant les dissidents pour limiter la liberté d’expression.

Ensuite vient l’accès difficile des citoyens à l’équipement informatique, essentiellement à cause du faible taux de couverture électrique des zones rurales qui abritent, pour la plupart des pays, la majorité de leur population. Des programmes d’électrification rurales avec des plaques solaires ou des plateformes multifonctionnelles ont vu le jour sans que le secteur des médias et notamment ceux en ligne n’est vraiment pu en profiter.

Enfin, si la mise en ligne permet à la presse écrite de bénéficier d’une meilleure exposition au plan national et international, il n’en reste pas moins que cette dernière sera pénalisée, du moins durant une certaine période quant au niveau de vente des journaux imprimés. Alors que les chaînes audiovisuelles se constituent en bouquets pour accéder aux réseaux satellitaires, la presse en ligne reste isolée et chaque organe se doit se battre pour référencer son site sur la toile, ce qui peut les conduire à une mauvaise promotion du produit, malgré sa présence sur la toile.

3) Des conséquences économiques, sociales et politiques

Au regard des gains et pertes examinés ci-dessus quant à la transition numérique, l’on n’est en droit de s’interroger sur la pertinence de la mesure qui institue le passage de l’analogique au numérique. Afin de réduire au maximum les aléas de cette transition, les différents acteurs devront prendre en compte certains risques. Il s’agit notamment de :

a) L’exclusion sociale de l’usager

La généralisation du numérique ne doit laisser personne à l’écart et doit tenir compte de la multiplicité des réseaux, des modèles d’entreprise et des services, notamment la diffusion de programmes en clair, l’amélioration de la qualité d’image ou la prestation de services de données ou de services interactifs.

Un conflit latent entre les satellites payants et libres couve dans cette phase de transition numérique. Alors que de nombreux spectateurs étaient habitués à voir des programmes en clair, la mise en onde satellitaire de plusieurs chaines rend difficile l’accès aux chaînes d’information même publiques. Ce qui va provoquer une inégalité de chances d’accès à l’information.

La formation et la facilitation à l’équipement restent des défis majeurs à relever pour atténuer l’exclusion sociale qui se profile qui se profile à l’horizon. Si les pages écrites dans les langues officielles notamment en français atteignent aujourd’hui un nombre satisfaisant, celles en langues locales, les langues d’alphabétisation du monde rural restent encore à l’état embryonnaire.

b) La convergence numérique

La convergence numérique qui assure aux différents médias une plus grande visibilité procure aux consommateurs un confort jamais égalé. Toutefois, profitant de l’évolution des usages et des technologies, certains sites ou services Internet de streaming ou de téléchargement direct se sont spécialisés dans l’exploitation.

Le risque de confusion des genres ou de l’abandon de certains, présage du retour à l’uniformisation, qui a pour corollaire la standardisation culturelle. Ce versant de la convergence pourrait engendrer la disparition de certains métiers et la réduction des opportunités d’emplois. Les entrepreneurs du secteur des médias devront donc veiller à la promotion de nouveaux emplois pour compenser ceux qui auront disparu ou mieux dynamiser les activités naissantes.

On pourrait aussi évoquer un dernier risque lié à la qualité des services proposés dans les package. En effet, si la combinaison des usages dans un même outil peut faciliter la portabilité de ce dernier, il est à noter les risques encourus pour la consommation des autres services dès lors qu’un d’entre eux est en panne.

c) L’implication des gouvernants

L’étendue des investissements nécessaires pour assurer une transition harmonieuse n’est pas sans incidence sur le plan économique. Ainsi devon-nous saluer l’initiative des gouvernants africains, notamment celui du Burkina Faso, de prendre à bras le corps le problème et de travailler à y mettre les moyens adéquats.

Toutefois, il existe des niveaux où la coopération intergouvernementale pourrait contribuer à résoudre les problèmes de financement : la mutualisation des ressources aux niveaux national, régional et continental. Partager les risques d’investissements, par exemple en ce qui concerne le chois des satellites, l’exploitation en commun des fréquences, la redynamisation des centres d’achats nationaux et la création d’agences régionales d’information en forcement de l’agence panafricaine, s’avèrent être mesures incontournables pour entrer résolument dans l’ère du numérique.

Un autre niveau d’implication concerne l’élaboration des textes juridiques et réglementaires adaptés à la nouvelle logique. La demande de gestion de ce nouvel espace de communication et d’information va nécessiter une batterie de textes pour réglementer, soutenir et coordonner les actions principales de la numérisation mais aussi les activités collatérales. Si l’euphorie de l’Internet a conduit à la consommation gratuite de l’information et de certains produits culturels mis en ligne, ce qui a induit des comportements chez les jeunes de l’espace virtuel la perte de la valeur des choses : pour eux  «on ne vole pas la musique, on la partage» disent-ils.  Les débats en cours sur la Piracy Act aux Etats unis ou les textes de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) en France illustrent la difficulté que peuvent rencontrer les gouvernements dans la protection du droit d’auteur contre les défenseurs de la liberté d’expression tout azimut.

Streaming illégal, téléchargement direct, « sites voyous» sont les nouveaux thèmes de débats des organismes de défense du droit d’auteur, soutenus par l’industrie du cinéma et de la musique. Les cibles principales de cette lutte s’organisent également pour contrecarrer les mesures, arguant une volonté manifeste des Etats d’enfreindre à la liberté d’expression. Parmi elles figurent des groupes bien connus comme Facebook, Google, Twitter et Yahoo qui font front commun pour s’opposer à des projets de lois déposés au Congrès américain visant à lutter contre le piratage. A la réunion des ministres de la culture du G8 et du G20, le président français, Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas affirmé sa volonté de mettre en place un Centre national de la musique, à l’image du centre national du cinéma, destiné à financer la création musicale et qui serait financé par une taxe sur les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) ?

En conclusion, nous dirons qu’avec la montée en puissance des acteurs du Net et, presse écrite, radio et télévision verront le bouleversement d’un paysage médiatique africain, déjà fragilisé par les effets de la mondialisation, inscrivant ainsi l’ère numérique dans une révolution à la fois culturelle, économique et politique. Toutefois la bataille n’est pas perdue. La balle reste encore dans le camp des Etats d’Afrique pour gagner la guerre du numérique qui s’impose à tous les continents de la planète.

4.  De la Morale à l’objectivité

La problématique de l’éthique et de la déontologie dans le journalisme date en fait de l’époque même des sources du journalisme moderne. Si, en tant que savoir et savoir-faire, il n’y a pas de doute, c’est un métier, son statut de profession reste stricto sensu, toujours querellé. En effet, la rigueur sociologique exige qu’en dehors de la rémunération, des rites et procédures qui l’encadrent, le journalisme aille jusqu’au bout, en aboutissant, à l’arrivée, à l’autodétermination et au contrôle par les pairs. Ces opportunités manquées ont conduit à la naissance d’autorités administratives de régulation, de médiateurs ou parfois, de manière audacieuse, à des observatoires ou ordres plus assoupis malheureusement qu’actifs ou réactifs.

A partir  du moment où l’on s’accorde à reconnaître que le journaliste n’a pas le monopole de traiter l’actualité ou de la commenter, dès lors qu’on reconnaît que c’est un métier ouvert auquel on accède par l’école ou par la formation sur le tas et que le journalisme est l’illustration parfaite du bon mot du philosophe  : « Faire, et en faisant se faire »  on est amené à faire le constat suivant : avec la presse en ligne se trouve actualisé non seulement le questionnement ancien et jamais dépassé du diptyque Ethique-Déontologie du journalisme classique, mais on est aussi confronté véritablement au triptyque Morale-Ethique-Déontologie. C’est que, dès le début, il me semble qu’on s’est trompé de ligne de départ.

La morale n’est-elle pas première, l’éthique deuxième et la déontologie troisième dans l’épistémologie de la réflexion historique ?

D’où vient donc le malentendu ? Si mot Ethique est communément entendu comme étant la science de la morale qui est la science du bien et du mal, c’est que forcément, la science existait avant la science de la science ! c’est sans doute l’étymologie qui renferme la réponse au problème.

En effet le mot grec êthikos qui a donné en latin ethica, signifie fondamentalement êthos, donc les mœurs.

Idem pour le mot latin moral, de mores qui veut dire mœurs. Les deux mots étant apparus à la même époque dans les littératures 1620 et 1627, furent perçus comme étant interchangeables, synonymes parfaits. Mais les acceptions contemporaines sont tout autres. Passons les différentes notions en revue.

A) La Morale.

Elle est perçue come une science normative enseignant ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire ; elle est normative parce qu’elle établit les normes là où d’autres sciences comme la psychologie ou la sociologie sont descriptives. La morale renvoie donc à des prescriptions, ordonnances, et par un retournement dont l’histoire a le secret, puisse son énergie fondatrice dans l’éthique.

Les règles de conduite de la morale en font une instance stabilisatrice essentielle dans la société. Bien entendu la morale étant à la fois le fruit et l’enfant de son milieu, il va sans  dire que dans une société de cannibales  il devient moral de manger son prochain. On peut concevoir, ce faisant, la morale comme le centre d’une triade mythe/morale/religion dont la fonction principale est d’être le socle de la société.

Dans sa pratique quotidienne, le journaliste doit-il être moral ? Concrètement, le journaliste peut-il tout publier sans se préoccuper des conséquences de son acte qui s’inscrit dans son métier ? Tout publier n’est pas aussi, quelque part, un choix moral totalement amoral ? Certes, en considérant les valeurs de responsabilité, d’honnêteté et de cohérence qui sont des valeurs morales défendues par les journalistes on peut les qualifier de gardiens de la moralité mais est-ce qu’un journaliste professionnellement moral est-il un individu moral ? Qu’est-ce qui m’empêche de bien faire mon travail mais de prendre des libertés avec la morale en ville, de boire plus que de raison, de vouloir frauder, d’être un mauvais citoyen ? C’est en se posant des questions sur notre conduite individuelle qu’on rencontre inévitablement l’éthique qui se veut une démarche autonome, individuelle, à l’opposé de la morale ou de la déontologie qui s’imposent de l’extérieur.

B) L’Ethique.

André Comte-Sponville a pu dire, je cite : « la morale commande et l’éthique recommande » fin de citation. On peut considérer l’éthique comme le lieu, par excellence, où se discutent d’abord, pour se hiérarchiser par la suite, les valeurs dont sont issues les règles morales et déontologiques. Au cœur de l’éthique se trouvent le dilemme et la nécessité de prendre une décision. Là où le problème moral offre une multitude de choix, l’éthique se résume à un combat de soi contre soi, tiraillé entre nos valeurs, nos désirs, nos émotions et notre raison. On peut le dire, le journaliste éthique n’est pas sans désirs ; il ne laisse pas ses désirs le dominer. Le journaliste éthique n’est pas sans émotions ; il ne laisse pas ses émotions vaincre la raison. Il n’est pas sans passions, mais, selon le délicieux mot de Merrill, ses passions ne deviennent pas des caprices. Il me souvient qu’un journaliste qui avait commis une grave erreur dans un compte-rendu fut vivement réprimandé par le Premier Ministre de son pays. Pour se défendre il invoqua je cite, « son honnêteté intellectuelle et la rigueur de son éthique professionnelle ». Avis aux réalisateurs africains qui ont là un bon filon ; Hollywood en un demi-siècle a produit plus de 1700 films mettant en exergue les hommes de médias confrontés aux questions éthiques et déontologiques.

En résumé, si le moraliste impose et en impose, l’éthicien clarifiés nuance et aide à la prise de décision qui rend responsable celui qui la prend. Cette prise de décision est aussi et plus localement guidée par une sorte de morale professionnelle qu’on appelle déontologie.

C) La Déontologie.

Qualifiée de l’ensemble des devoirs que des professionnels se donnent dans l’exercice de leurs fonctions, la déontologie est un mot grec composé de deon qui signifie devoir et de logos qui veut dire science. Si la morale a pour champ d’action la vie en société, la déontologie se borne au monde professionnel. Pour le journaliste, le problème c’est de parvenir à appliquer une déontologie pure, je veux dire apurée, débarrassée des intérêts de ceux qui le payent, du bon vouloir des propriétaires de son organe de presse même lorsqu’il est pigiste ; comment ici également, peut-il échapper à la prise en compte de l’intérêt général, c’est-à-dire à la dimension téléologique se son activité, sa finalité ?

Autrement dit, n’assistons-nous pas à une tension, une crise, avec l’émergence d’un nouveau type de journaliste qui, tout en étant attaché aux règles déontologiques accorde une grande attention aux conséquences de leur application ? C’est justement des crises que la réflexion éthique se nourrit pour fonder une nouvelle morale qui à son tour enfantera de nouvelles règles déontologiques.

En tête des règles déontologiques majeures se trouve la vérité.

Dès lors, on n’est pas étonné d’entendre que le devoir premier du journaliste dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements est de respecter la vérité qu’elles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.

En réalité, on ne parle de la vérité qu’en creux le plus souvent. La charte du journaliste en France qui a inspiré bon nombre de chartes en Afrique dont celle du Burkina indique, je cite : « un journaliste digne de ce nom tient la calomnie, les accusations sans preuve, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ». Fin de citation. En parlant de mensonge on suggère la vérité. Comme elle est difficile à définir, ne faut-il pas tenter autre chose ?

Jean-François Kahn affirme je cite « La nature de la vérité, son statut, son caractère accessible ou non accessible constituent l’objet que la philosophie, depuis des lustres, se propose d’atteindre. Mais sans y être encore parvenue. Je propose ici de renverser la hiérarchie des urgences.

Et plus modestement de confronter notre jugement non à une potentialité immatérielle, la vérité, mais à une réalité tangible, le mensonge.

Nous tenterons ainsi de vérifier si une analyse de la nature et du statut du mensonge est susceptible de nous aider à mieux définir l’espace propre du vrai ». Fin de citation.

Cette approche n’empêche pas le déclaration de l’UNESCO de formuler de la manière suivante son deuxième principe, je cite : « la tâche primordiale du journaliste est de servir le droit du peuple à une information véridique et authentique par un attachement honnête à la réalité objective, en plaçant consciemment les faits dans leur contexte adéquat, en relevant leurs liens essentiels, sans entraîner de distorsions, en déployant toute la capacité créatrice du journaliste, afin que le public reçoive un matériel approprié lui permettant de se former  une image précise et cohérente du monde, où l’origine, la nature et l’essence des évènements, processus et situations, seraient comprises d’une façon aussi objective que possible ». Fin de citation.

Non seulement on n’est pas plus avancé mais ça se complique avec des notions complexes d’honnêteté et d’objectivité.

Dans la Bible, à l’Evangile de Jean chapitre 18, verset 37, le gouverneur Pilate demande à Jésus je cite : « tu es donc roi ? Jésus lui répondit : c’est toi qui dis que je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage de la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Pilate lui dit : qu’est ce que la vérité ? ». Fin de citation.

Jésus ne répondit pas. Sans faire de l’exégèse biblique, le contexte et le moment, l’adversité ambiante, la proximité critique de la mission du Christ ne nous auront pas permis d’avoir l’éclairage divin, la parfaite luminosité pour appréhender, de façon sublime, la quintessence du mot vérité. Souffrez donc que le pauvre pécheur que je suis, puisse, en dépit de sa chétive condition humaine, et en raison de cela, tenter modestement d’expliciter ce que recouvre le terme vérité.

D) La vérité

Le dictionnaire Larousse définit la vérité comme la qualité de ce qui est vrai. Ne représente-t-on pas la vérité comme une jeune femme nue qui sort d’un puits en tenant un miroir ? Une vérité aux contours féminins, symbolisée par la nudité, donc qui ne cache rien et un miroir fidèle en renvoi d’image de la réalité. Car tout le problème est là : il ne faut pas qu’il y ait un divorce entre la réalité et sa perception. Par exemple le fauteuil sur lequel je suis assis est réel. Mais dire que ce fauteuil est noir est une valeur qui concerne un jugement. Et ce jugement peut être faux ou vrai.

La vérité, la véracité,  l’erreur, la fausseté, le mensonge ne qualifiant donc pas l’objet mais la valeur de mon affirmation. En conformité de ce qu’on dit avec ce qui est, la vérité est un hommage sous forme d’accord que notre pensée rend au réel. A partir de ce moment, on se rend compte qu’on peut l’assaisonner à toutes les argumentations philosophiques politiques ou idéologiques. Ainsi, pour Hegel et Marx la vérité est dialectique et elle est l’accord de ce que nous pensons avec ce qui va venir. Par voie de conséquence, celui-là dit la vérité qui sait ce que l’histoire nous réserve.

C’est ainsi qu’on a pu dire que le philosophe recherche la vérité, le sage possède la vérité, le prophète prévoit et annonce la vérité et le héros accomplit la vérité en la réalisant sur le terrain. Dans le domaine de la presse, comme nous le confie Jean-Marc Benier que je prends plaisir de citer : « Plus qu’un devoir, la vérité peut devenir une obsession chez certains journalistes qui croiraient, obstinément, la détenir, un peu comme le fou qui tient dans sa main un brin de paille jaune et luisant et crie qu’il a saisi un rayon de soleil.

On pense ici à un genre journalistique d’opposition systématique, fondé sur des convictions religieuses ou politiques radicales. Un journaliste de combat qui rend parfois aveugle aux nuances et sourd aux arguments opposés pouvant s’avérer valides. Un journalisme où la vérité du journaliste devient sa cause, et le pousse à la proclamer, la louanger et la prétendre garante de lendemains meilleurs. (…)

Nietzche aurait mis en garde les journalistes contre la tentation de devenir les prêtres des temps modernes qui sacraliseraient leur « vérité libératrice » et s’en feraient les seuls interprètes au lieu de rendre leurs publics plus autonomes, c’est-à-dire capable d’interpréter eux-mêmes la vérité ». Fin de citation.

En fait, le concept de vérité qui s’applique au journalisme peut s’appréhender comme étant une connaissance non totale du réel. Notre devoir, c’est surtout de communiquer correctement, sans parti pris, de manière honnête des fragments de vérité. Le travail journalistique se découpe d’amont en aval à la recherche et collecte d’informations au niveau des sources, au traitement de ces informations par l’interprétation et à leur narration par description au public.

Et à chacune de ces étapes la vérité peut être tronquée.

D’abord dans la recherche ou l’obtention des informations tout ne dépend pas du journaliste. Il peut ne pas avoir accès à toutes les sources, les sources peuvent, par intérêt ne pas tout lui dire ou falsifier intentionnellement les données. A la deuxième étape lui-même peut décider volontairement de laisser de côté certaines facettes des faits recueillis et à la troisième étape, raconter sa vérité en tenant compte de l’orientation politique ou idéologique de son organe de presse ou d’autres critères.

Une source importante des informateurs c’est le pouvoir politique. Or, comme l’a soufflé un ancien ministre des affaires étrangères britannique, les journalistes font une erreur en pensant que le gouvernement britannique  leur ment mais ils font une bien plus grande erreur en croyant qu’il leur dit la vérité.

Le journaliste peut ainsi,  nolens, kolens se faire le complice d’un cynisme des politiques. C’est ainsi que pendant la guerre du Golfe, les journalistes qui on travaillé dans la formule des pools de l’Etat-major américain savaient que la guerre se faisait ailleurs mais ont offert le sceau de la crédibilité à défaut de celui de la vérité aux informations officielles.

Le Président américain Thomas Jefferson a pu écrire, à tort, que l’homme qui ne lit jamais les journaux est mieux informé que celui qui les lit, parce que, sachant peu de choses ou rien, il serait plus près de la vérité que celui dont la tête est pleine de faussetés et d’erreurs.

Une autre angoisse journalistique, c’est de se demander si toute vérité en possession de l’homme de média est à dire par lui. Il y’a par exemple ceux qui pensent que les journalistes du Washington Post, en revélant le scandale Watergate, ont causé l’affaissement déplorable de l’Exécutif américain au profit du congrès.

Mais on peut se poser la question de savoir si cette révélation a vraiment nui aux intérêts du peuple américain.

C’est peu probable. Cela parce que le système d’écoute ne visait pas à garantir la sécurité des Américains mais plutôt à préserver le pouvoir de Richard Nixon et du parti républicain. Par contre, quand le gouvernement américain s’est opposé à la publication par un journal de technique de fabrication de la bombe atomique on se demande effectivement si ça ne sert pas l’intérêt du public américain. Le journal qui a finalement publié le document avait avancé que, je cite : « le public a le droit de tout savoir et le devoir du journaliste est de tout apprendre pour révéler » Fin de citation. Pour ce journal en question, taire la vérité est une forme passive de tromperie, et dire un mensonge est une forme active de tromperie. Toujours est-il que c’est la finalité qui emporte, en dernière instance le jugement éthique.

Autrement dit, ce n’est pas la même chose de mentir par intérêt égoïste que de mentir pour servir l’intérêt public ou d’éviter de lui nuire au cas où, par exemple la technique de fabrication de la bombe tomberait entre les mains de personnes peu recommandables.

Si cette divulgation concernant la bombe se comprend sur le plan juridique et déontologique, on peut légitimement se demander sur le plan éthique si le public avait besoin de connaître cette information, et si ce besoin était plus important que le risque de sa divulgation.

Autre domaine crucial du domaine de l’information c’est le regard que le journaliste pose sur les faits. Comme chacun le sait, nous ne faisons pas que rendre compte de la réalité, nous reconstruisons cette réalité à partir de notre background, de nos convictions, de notre position et par des méthodes sélectives.

Deux journalistes couvrant un même évènement, le percevront différemment et auront des mots différents pour en rendre compte. C’est pourquoi on a pu dire que la narration des faits est objectivée grâce à des méthodes de points de vue différents. On touche là à un des questionnements récurrents en communication, à savoir l’objectivité.

E) L’objectivité

L’objectivité est perçue comme une interdiction faite au journaliste de biaiser ses comptes rendus en fonction de ses préjugés, croyances et convictions. Le journaliste ne doit ni prendre parti, ni se trouver en conflit d’intérêt, encore moins polluer son travail par subjectivisme. N’est-ce pas beaucoup, ou même trop lui demander ? En effet, plusieurs sortes d’obstacles se dressent sur son chemin.

Premièrement, l’argument d’ordre ontologique selon lequel la réalité n’existe pas en dehors de l’observation humaine consciente.

Deuxièmement, la contestation d’ordre psychologique selon laquelle tout journaliste appréhende la réalité selon sa propre subjectivité. Une subjectivité qui diffère d’un individu à un autre rendant, par voie de conséquence impossible l’objectivité.

Troisièmement, l’argument d’ordre pragmatique assimile l’objectivité journalistique aux méthodes de travail, aux procédures de production de l’information. Si la méthodologie est objective cela ne signifie pas que son résultat l’est.

Quatrièmement, l’argument éthique avance que l’objectivité est un subterfuge des journalistes pour masquer leurs nombreuses responsabilités

Cinquièmement enfin, l’argument idéologique part du principe que l’objectivité est un instrument de mystification des détenteurs des pouvoirs Quels qu’ils soient qui font des journalistes des complices conscients ou non.

Doit-on alors parler d’honnêteté ? il y a là aussi, de façon incontournable, un jugement de valeur et les lignes qui contiennent l’honnêteté semblent bouger au gré des appartenances politiques et idéologiques. Le bruit et la fureur qui accompagnent l’Histoire, la vitesse de l’information qui s’accélère ne font pas bon ménage avec un journalisme nombriliste qui se qualifié forcément, d’honnêteté.

Le fondateur du journal « Le Monde » affirmait : « L’objectivité n’existe pas ». Hubert Beuve-Méry prenait le soin d’ajouter « L’honnêteté, oui ».

Tout se passe donc comme si la subjectivité était une tare. Or, pour certains, comme Dominique Wolton la plus belle justification à l’existence du journaliste c’est le subjectivisme, qui introduit un regard pluriel dans le monde où règne le relativisme historique et culturel. Qu’il est donc difficile de tourner le dos à la conception occidentale de l’information dont un des fondements est l’objectivité ! Tout simplement parce que c’est un modèle porteur de valeurs fondamentales telles que la liberté des individus, l’égalité, la liberté d’expression, de réunion et de pluralité politique qui ont une portée universelle bénéfique. Mais cela ne doit pas s’appréhender de manière exclusive, mais plutôt permettre, selon la belle formule de Jurgen Habermas, d’aménager un espace de communication, de débat de l’universalisation des intérêts universalisables.

Avec le maintien d’un regard pluriel de l’information, garant efficace du pluralisme, on consacre le caractère primordial de la notion de point de vue. On peut donc retenir que l’herméneutique journalistique, la recherche du sens à donner aux événements, conduit invariablement à se trouver dans l’actualité que l’on cherche et à chercher l’actualité dans ce que l’on a en soi par rapport à son point de vue forcément subjectif même lorsqu’il est apparemment objectif. Lester Markel du New York Times en donne une illustration savoureuse : « Le reporter le plus objectif rassemble cinquante faits. Comme il dispose de peu de place ; il n’en conserve dans son article qu’une douzaine.

Il en a donc éliminé trente-huit. C’est un premier jugement. Il choisit ensuite le fait qu’il placera dans la première phrase de l’article. Ce, faisant il le met bien plus en valeur que les onze autres. C’est un deuxième jugement. Enfin, le rédacteur en chef choisit quels articles figureront à la une ou en page douze. C’et un troisième jugement. La fameuse présentation objective des faits est donc soumise à trois jugements humains. Donc à l’arbitraire ».

C’est ce pouvoir de choisir, de sélectionner et d’interpréter pour les autres qui a valu au  journalisme le qualificatif de quatrième pouvoir.

Mais on constate les trois premiers pouvoirs sont revêtus du droit à l’obéissance : une loi adoptée par le Législatif s’applique à tous, les décisions de l’Exécutif sont appliquées et les jugements des tribunaux sont exécutés. En démocratie, l’Exécutif et le Législatif sont issus d’élection et le Judiciaire est issu d’un système de désignation le rendant indépendant par rapport aux deux autres. Mais personne n’a fait roi le journaliste.

Le pouvoir au sens étroit de la Potestas ne peut donc s’appliquer au journalisme. Puisque ce pouvoir, cette puissance au sens où Hanna Arendt l’entend, découle de l’expression consensuelle de l’opinion publique. Mais ne peut-on pas, et ne doit-on pas, à défaut de pouvoir légal, conférer au journalisme, une influence légitime même si les mots d’ordre de vote donnés par les médias ne semblent pas suivis, ni automatiquement ni massivement ? A la légalité des trois premiers pouvoirs correspond sa légitimité lorsqu’il est en accord avec lui-même et avec le public.

A supposer donc qu’on ne puisse accorder au journalisme la qualité rigoureuse d’autorité en son sens premier d’Auctoritas à laquelle en obéit sans contrainte ni persuasion, il n’est pas exagéré de reconnaître que certains médias jouissent d’une certaine autorité à défaut d’une autorité certaine.

Ailleurs se trouve l’obstacle basique à l’origine des difficultés professionnelles. Tout comme « ventre affamé n’a point d’oreilles », l’indigence financière ou matérielle de nombreux journalistes sont le terreau fertile pour la pollution des idéaux moraux, éthiques et l’affaissement des qualités professionnelles des journalistes.

Disons-le tout net, le journalisme de la misère conduit à la misère du journalisme.

Afin de renouer avec l’impartialité il me semble que les journalistes doivent avoir pour boussole, la fameuse boîte de Potter (Potter Box). Il s’agit d’une grille d’interprétation qui permet de prendre conscience des raisons et des valeurs qui fondent nos décisions. Cette grille en quatre dimensions, permet d’analyser et de discuter, de faire appel aux principes éthiques et déontologiques tout en ayant à l’esprit les allégeances à l’employeur, éventuellement au parti ou à Dieu, même si l’allégeance à Dieu échappe aux critères de vérité dans l’ordre du rationnel.

  1. 5. De l’Autorégulation à la Régulation.

Il faut noter d’emblée que l’émergence des codes d’éthique et de déontologie est une conséquence des conditions de travail et de vie des travailleurs de la presse au 19e siècle. En ces temps-là déjà, les journalistes tout en étant par leurs pratiques proches des médecins ou des avocats installés à leur propre compte, se rendaient compte que le produit de leur travail passait par une entreprise commerciale. D’où l’idée de réglementer l’exercice de la profession pour les mettre à l’abri du fourre-tout et de leur donner une âme commune. Dans la seconde moitié du 19e siècle, des raisons purement juridiques allaient conduire les journalistes américains et européens à se saisir de préoccupations déontologiques afin de soustraire la presse aux ingérences des Etats. Pour ce faire, il fallait édicter des mesures de discipline interne acceptées  par tous. C’est l’époque reine de la théorie de la responsabilité sociale, venue des Etats-Unis d’Amérique. D’ailleurs, la première structure de régulation des médias est américaine ; il s’agit de la Fédéral Communication Commission (F.C.C) créée en 1934 et qui était composée de 5 membres nommés par le Président des Etats-Unis en accord avec le Sénat. En 1949 c’est le tour du Royaume-Uni de se doter d’une structure similaire qui indique, et c’est valable jusqu’à nos jours, que nul ne peut émettre ou diffuser par voie hertzienne s’il n’est titulaire d’une autorisation délivrée par le Ministre de l’Intérieur. Dans les autres pays européens, il a fallu attendre les années 1980 pour les voir créer, à l’instar de la France, des autorités administratives indépendantes qui, selon Philippe BOURE, visent « à isoler dans l’administration de l’Etat, des organes disposant d’une réelle  autonomie par rapport au gouvernement, et aux départements ministériels, pour l’exercice d’attributions concernant des domaines sensibles, comme les libertés publiques ou les activités économiques ».

On peut, à la suite de M.Gentot définir les A.I.I. C’est-à-dire les Autorités Administratives Indépendantes comme « des organes non juridictionnels qui ont reçu la mission d’assurer la régulation dans un secteur sensible, de veiller au respect de certains droits des administrés et qui sont dotés de pouvoirs et de garanties statutaires leur permettant d’exercer leurs fonctions sans être soumis à l’emprise du gouvernement ».

De cette vision découle la création de la Haute Autorité de l’Audiovisuel en France, puis du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (C.S.A) modèle d’inspiration du Conseil Supérieur de l’Informatique (C.S.I) puis du Conseil Supérieur de la Communication (C.S.C) au Burkina et dans la plupart des pays africains.

En ce qui concerne les principes que se sont donnés eux-mêmes les journalistes, ils découlent largement de deux textes ; le premier date de 1918, c’est la Charte des devoirs professionnels des journalistes français et a été adoptée par le Syndicat National des Journalistes (S.N.J) qui venait d’être créé. Cette charte a été révisée en 1938 et figure en préambule de la convention collective des journalistes afin d’imposer à tous les « principes éthiques de la profession ». Quant à la charte de Munich en Allemagne, elle a été adoptée en 1971 par l’ensemble des fédérations de journalistes de la communauté Européenne et des organisations internationales des journalistes. Elle s’intitule : « La Déclaration des Devoirs et des Droits des Journalistes ».

Ces chartes qui permettent à la profession de s’autoréguler déontologiquement en interne ont inspiré celles d’Afrique et du reste du monde, notamment la Charte Burkinabé. Tous ces textes souffrent d’une lacune congénitale. Alors qu’ils stipulent largement : « Qu’un journaliste, digne de ce nom, ne reconnaît que la juridiction de ses pairs … » les journalistes, n’ont pu, nulle part, instituer par eux-mêmes et intégralement, une instance de l’exercice de la profession. Du coup leurs devoirs sont compris comme des obligations morales et non comme des contraintes légales.

a) Quelle opérationnalité pour les codes d’éthique et de déontologie dans la presse en ligne ?

Le plus grand défi auquel nous sommes confrontés, c’est l’abolition des frontières entre télécommunications, informatique et audiovisuel. Ce fameux phénomène de la convergence met en liaison à la fois les technologies, les services, les industries et les terminaux. Figure emblématique de cette révolution, l’Internet offre et le meilleur et le pire. Par exemple les sites Web, les Blogs, Twitter, Face-book sont des possibilités formidables de liberté d’expression. D’où la naissance de la fameuse expression de journalisme citoyen ou du e-journalisme.

Rapidité, variété des informations caractérisent ce type de journalisme sur et de l’Internet.

Mais les insuffisances de cette pratique sont fortes. A commencer par ses défenseurs, qui reconnaissent que le seul avantage, « c’est qu’un citoyen journaliste sera capable de publier quelque chose qu’un journal aura peur d’imprimer. L’inconvénient c’est que la vérification des faits se fait après publication ». Ainsi un site de e-journalisme avait publié une notice nécrologique d’un P.D.G. Alors de nombreux internautes ont voulu savoir quand la personnalité du monde des affaires est décédée. La réponse c’est que le P.D.G est bien vivant et qu’il s’agissait d’une erreur.

Pour les médias traditionnels, leur nouveau confrère manque de l’objectivité nécessaire à la pratique du journalisme. Quant aux universitaires représentés par Vincent MAHER directeur du New Media Lab de l’université de Rhodes il résume les faiblesses de ce type de journalisme par la formule des trois E fatals-Ethique, Economie et Epistémologie.

Certains sites comme Indymedia, collectif de médias indépendants géré par des modérateurs offre un fil d’actualités, ce qu’on appelle Open Publishing qui permet aux individus de diffuser en continu des articles sur un site accessible mondialement avec ce slogan : « Ne hais pas les médias, deviens les médias ». Indymédia a des centres en Russie, Argentine, Brésil, Colombie, Mexique, République du Congo. Ses activités sont financées par donations et sa structure technique dispose d’un budget de 2000 dollars. Viennent s’ajouter à ce constat, le problème des droits d’auteurs des journalistes car 70 % des informations sur le Net proviennent des articles de presse traditionnelle, la vérification des sources, la protection de la vie privée, le droit à l’image…

b) Des nouveaux codes pour les nouveaux médias sont-ils nécessaires ?

Dans ce contexte défavorable où la presse est attaquée de toutes parts, les bénéfices s’effondrent, le modèle de marché avec la concurrence de l’Internet s’affaisse, des dizaines de milliers d’emplois sont perdus dans l’industrie des médias traditionnels alors que l’Internet se contente d’équipes réduites, c’est dans ces circonstances que la profession a besoin de revisiter les anciennes règles pour les reformuler à l’aune des changements internes du  processus de mondialisation. De nouvelles règles doivent être précisées, les nouvelles attentes des communautés prises en compte et un nouvel horizon éthique défini.

En l’absence d’un texte universel d’éthique ou de déontologie journalistique en dépit des tentatives de l’ONU, pour le code d’honneur international du personnel de presse et d’information au début des années 50 et de l’UNESCO dans les années 80 avec le « nouvel ordre de l’information dans le monde » avec la Commission présidée par Sean Mac Bride, il nous faut travailler sous l’angle continental, régional ou national. En Europe par exemple, le Conseil de l’Europe invite les médias à se soumettre à des principes déontologiques rigoureux et leur suggère de « créer des organismes ou des mécanismes d’autocontrôle composés d’éditeurs, de journalistes, d’associations d’utilisateurs des médias, de représentants des milieux universitaires et de juges ». Au niveau de l’Afrique des structures spécialisées de l’Union Africaine peuvent servir de stimulateur. Le concept développé par Claude-Jean BERTRAND de l’Institut Français de Presse, MARS peut servir de base pour renforcer et renouveler les codes d’éthique et de déontologie. Les MARS, ce sont les Moyens d’Assurer la Responsabilité Sociale des médias. Il s’agit des Conseils de presse, des ombudsman ou Médiateurs, des observatoires, des Journalism Review, des critiques internes et des commissions d’Evaluation des contenus, des Sociétés de lecteurs (association de citoyens qui achètent des actions d’un média afin d’influencer la politique générale de l’entreprise, les associations de consommateurs faisant du Lobbying, une formation de base en Droit ou en déontologie notamment ; ce sont là les recettes incontournables du menu pour un rebond réussi de la presse traditionnelle. Mais ce n’est pas suffisant. Il lui faut, à cette presse, se garder à droite des pièges de la concentration et de la non-transparence des fonds menant à la pluralité des titres et stations et non au vrai pluralisme et à gauche du biais médiatique qui conduit à la création de gourous de la presse lors des interviews où ils sont incontournables et au journalisme Gonzo où le journaliste est prisonnier de l’ultra subjectivité politique ou idéologique et est incapable d’honnêteté intellectuelle ou d’objectivité ou de sincérité professionnelle.

c) Faut-il élaborer de nouveaux codes pour les nouveaux médias ?

C’est un constat que la plupart des journalistes – quand il y en a, qui travaillent sur les sites d’information en ligne sont jeunes, inexpérimentés, peu formés au journalisme et à l’Internet.

Et lorsque ce sont des internautes, en jouissant de leur liberté d’expression, sur la toile, ils font plutôt comme l’a dit si bien dit la philosophe irlandaise Onora O’Neill, un discours engageant « le soi » que du journalisme. Le journalisme quant à lui engage « les autres ». C’est une forme restrictive de l’expression, avec les obligations de responsabilité professionnelle pour être équitable, impartial, avec la conscience de la responsabilité des conséquences de nos écrits, paroles et reportages audiovisuels.

S’il est exact qu’il y a des spécificités de l’information en ligne, le plus grand nombre de problèmes est le prolongement des problèmes des médias traditionnels. Aux sites des grands médias on a maintenant les nouvelles agences de production de contenus en ligne, des sites alternatifs, du journalisme contributif.

Déjà, aux Etats-Unis d’Amérique, plusieurs codes d’Ethique et de déontologie pour les journaux en ligne existent. Ils sont l’œuvre de :

l’Association for Computing Machinery ;

l’American Association for Newspapers Editors ;

l’American Association for Magazines Editors.

Tout comme les codes classiques, ils mettent l’accent sur le respect de la vie privée, l’interdiction de plagiat notamment ;  la spécificité ici, c’est le respect de la dignité des usagers et des autres.

Mais cela est-il suffisant ? Non, à en croire les  nombreux procès, surtout en diffamation, intentés par des citoyens devant les juridictions traditionnelles, même jusqu’à la Cour Suprême, en Australie, aux Etats-Unis et en France contre des sites sur Internet ces derniers temps. Il faut compléter cet arsenal textuel par la formation des journalistes, leur autonomie au sein des entreprises de presse et l’amélioration de leurs conditions de travail. Enfin, la vigilance des publics est à encourager afin qu’ils jouent le rôle de « chiens de garde », les fameux « Media Watch dogs » américains.

d) Quels types d’autorités pour la régulation de ce nouvel espace

pluridimensionnel ?

L’explosion des technologies de pointe a accéléré la mise au point et l’effectivité de nouveaux médias qui ont eu entre autres conséquences de montrer l’inadaptation des instances de régulation actuelles. Quelles autorités de contrôle de nos jours peuvent prendre en compte efficacement et légitimement la problématique posée par les journaux en ligne, les plates-formes de télévisions numériques par voie terrestre, par satellite ou par câble où encore l’Internet ?

Les structures de régulation retardent par rapport aux réalités. C’est pourquoi il est nécessaire d’y consacrer du temps pour réfléchir de façon endogène d’abord, en se posant les questions incontournables : Qui peut réguler, comment réguler, qu’est-ce qu’il faut réguler et d’abord est-ce qu’on peut réguler ? Si la régulation s’entend comme un système de veille du respect des règles du jeu, quelles sont les règles du jeu pour l’Internet et quelle est la marge de manœuvre d’un pays comme le Burkina pour son contenu ?

En vérité, le débat est loin d’être clos. Il y a d’un côté les partisans de la liberté absolue sur l’Internet, il faut que l’Internet soit totalement libre dit la Fédération Internationale de Journalistes (F.I.J) faisant ainsi chorus avec ACRIMED c’est-à-dire Action-Critique-Média qui veut le retrait des pouvoirs publics du domaine de la régulation. Ces associations avancent par exemple que : « une des justifications de la régulation audiovisuelle vient du fait de la rareté des fréquences. Or, le développement de technologies actuelles comme la télévision numérique, terrestre et Internet rendent obsolète cette justification ». Certains pays, à l’instar du Canada ont déjà exclu toute régulation étatique d’Internet. A l’opposé, l’Internet est une lucarne étroitement surveillée dans le pays le plus peuplé du monde et 3è puissance économique après les Etats-Unis d’Amérique et le Japon, à savoir la Chine. Il y a également l’Iran.

Entre ces extrêmes, il y a sans doute un intérêt à prendre conscience que les nouveaux médias, beaucoup plus que les anciens offrent les deux visages opposés de Janus. Celui-ci plein de promesses.  Celui-là plein de dangers. Cette prise de conscience a conduit le continent africain à prendre part au Sommet mondial sur la Société de l’Information en décembre 2003 à Genève, puis au 5e Forum sur la régulation des Télécommunications UIT/BDT de novembre 2004 à Kampala en Ouganda qui a souligné que : « La rapidité avec laquelle les technologies des communications évoluent vers la convergence nécessite une révision des cadres juridiques, institutionnels, politiques et réglementaires pour les adapter à ces faits nouveaux ».

Plus récemment, au mois de mai 2005 à Maputo au Mozambique, la 3e Conférence des instances africaines de régulation de la Communication (RIARC) consacrée à la régulation effective des contenus de la  Communication sociale dans le contexte de la convergence, a préconisé l’harmonisation des législatives à l’échelle du continent. Pour ce faire, chaque pays devrait d’abord travailler soit à une nouvelle structure ad hoc, soit à une refonte des structures actuelles, soit enfin à un élargissement des compétences des structures existantes de régulation. Au Burkina, nous avons le C.S.C et l’ARTEL, la Commission de l’Informatique et des Libertés s’occupant surtout de la protection des données à caractère personnel.

Pionniers en la matière, en Afrique du Sud, au Kenya, au Malawi, en Tanzanie et en Ile Maurice, une seule structure régule actuellement les Télécommunications et l’Audiovisuel. Mais comme l’a si bien exprimé Philippe BOURE : « Chaque Etat se retrouve désormais à tenter de réguler des informations qui ne proviennent pas de son territoire et qui, bien que tombant sous le coup de la loi nationale du pays où elles sont reçues, échappent à toute sanction pénale ou administrative dans le pays d’où elles viennent ».

Cette impasse requiert, pour être dépassée, non seulement la collaboration des organes de régulation, des structures d’autoévaluation, de la co-régulation mais aussi la mise sur pied d’organismes régulateurs internationaux incluant nécessairement le plus grand fournisseur de contenus de l’Audiovisuel et de l’Internet, les Etats-Unis d’Amérique.

CONCLUSION.

Tandis que les procès s’intensifient contre les journaux en ligne à travers le monde, et que les médias traditionnels sont à la recherche d’un second souffle on peut affirmer ceci : les chartes et codes d’éthique et de déontologie sont à dépoussiérer, les organes de régulation à revisiter et nos visions à renouveler. un journaliste émérite disait : « Les temps peuvent changer, les instruments de la communication peuvent évoluer, la façon dont nous travaillons aussi, mais le journalisme éthique lui, demeure inchangeable ». Je demeure convaincu qu’être journaliste c’est demander des comptes mais c’est aussi d’accepter d’en  rendre. Peut-être, chers collègues, chers étudiants, amis, chercheurs et enseignants, devrions-nous faire nôtre la fameuse Règle d’Or, nichée dans les « Fondements de la Métaphysique des mœurs » de Kant qui stipule, je cite : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Fin de citation. Je vous remercie.

Dr Mahamoudou OUEDRAOGO

-         Ancien Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme

-         Commandeur de l’Ordre National

-         Commandeur de l’Ordre de la Pléiade de la Francophonie

-         Chevalier des Arts et des Lettres de la République Française.

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