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Forum national des jeunes 2019 : Roch Marc Christian Kaboré échange directement avec les jeunes.

20 septembre 2019 – 21 h 53 min Pas de Commentaire | 102 views

La ville de Bobo-Dioulasso abrite depuis le 18 septembre 2019, le forum
national des jeunes. L’apothéose de ce forum comme à l’accoutumée c’est l’occasion qui est offerte aux jeunes
d’échanger directement avec le Président du Faso.
Pour l’édition de …

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Filière cotonnière du Burkina Gros enjeux, grands défis

Soumis par par 28 septembre 2011 – 23 h 03 minPas de commentaire | 2 737 views

S’il y a une filière dont on ne cessera de parler de si tôt au Burkina, c’est bien la filière cotonnière. Considéré pendant longtemps comme le premier produit d’exportation de notre pays, le coton, supplanté aujourd’hui par l’or, continue néanmoins de jouer son rôle de grande pourvoyeuse de devises, en même temps qu’il contribue de manière sensible à la réduction de la pauvreté au Burkina. Sans trop replonger dans l’histoire, il est tout de même bon de souligner au passage que c’est au cours des dix dernières années que la culture du coton a connu un bond spectaculaire. Cela, à l’instigation du Président Blaise Compaoré qui, dans sa volonté de faire du Burkina un Etat émergent, a choisi de placer la relance de la culture cotonnière au centre de ses préoccupations. Grâce également à un plan dénommé « plan de relance de la production cotonnière » qui a fait passer la production de 116.000 tonnes de coton graine en 1995-1996 à près de 700.000 tonnes en 2005-2006, propulsant du même coup le Burkina à la première place des pays africains producteurs de coton au sud du Sahara. Pourtant au fil des ans, les données vont malheureusement changer. Et à l’euphorie, va succéder l’amertume, voire la panique, suite à une longue période de crise, due essentiellement à la mévente du coton africain sur le marché international ainsi qu’à la chute vertigineuse de la production dans l’ensemble

des pays concernés.

Des crises à répétition

  Notre pays conserve toujours certes sa position de leader, mais, seulement, force est de reconnaître que la filière est actuellement à la croisée des chemins. La production cotonnière semble être atteinte par le bleues depuis trois campagnes successives : 320.000 tonnes de coton graine en 2010/2011, contre 361.102 tonnes en 2009/2010 et 446.628 tonnes en 2008/2009. Pour la campagne 2011/2012 en cours, l’objectif visé au plan national est de 700.000tonnes, dont 500.000 pour la SOFITEX. Cet objectif sera-t-il atteint ? Nul ne saurait le dire. Car en plus des difficultés pluviométriques, de la désaffection de certains producteurs, de la baisse des superficies et des rendements à l’hectare qui ont caractérisé les précédentes, la présente campagne a démarré sur fond de vives tensions. Particulièrement dans des zones relevant de la SOFITEX, où des producteurs ont saccagé des milliers d’hectares de champs déjà emblavés et semés, pour protester contre les prix du coton graine et de l’engrais à eux proposés.

 Enfant gâté de notre système agricole ?

  Les nombreuses années de crise vécues par notre secteur cotonnier ont été édifiantes à plus d’un titre. Elles ont d’abord montré à quel point cette filière, et partant nos sociétés cotonnières, tributaires des caprices de la nature et du marché international, sont vulnérables. Elles ont en même temps démontré la capacité des différents acteurs à développer des initiatives pour non seulement ne pas périr, mais aussi et surtout maintenir la tête hors de l’eau, en attendant des lendemains meilleurs. Elles ont enfin mis en exergue l’intérêt et l’importance que les premiers responsables de ce pays accordent à cette filière qui, de 2003 à 2011, a bénéficié de la bagatelle de 28. 422.617.471 F.CFA de subventions de l’Etat pour l’achat des intrants. Toutes choses qui ont amené certains à qualifier cette filière d’ « enfant gâté » du système agricole de notre pays et d’autres à s’offusquer, voire à réclamer purement et simplement un arrêt de ce soutien, dans la mesure où selon eux, « on en a déjà trop fait pour ce secteur qui ne rapporte plus grand-chose ». Selon des statistiques qu’il faut certainement réactualiser, près de trois millions de personnes vivent de la culture du coton. En outre, et quand bien même l’or est donné pour être aujourd’hui le premier produit d’exportation du Burkina, le coton continue de jouer pleinement sa partition, en contribuant pour environ 60% aux recettes d’exportation, et pour plus de 20% à la valeur ajoutée globale. Qui plus est, sa part dans la lutte pour la réduction de la pauvreté et la création de richesses est visible, grâce notamment aux recettes distribuées aux producteurs et aux nombreux autres prestataires de services. De nos jours, il existe trois sociétés cotonnières au Burkina. La SOFITEX (Société des Fibres Textiles du Burkina) basée à Bobo-Dioulasso, la SOCOMA (Société cotonnière du Gourma) installée à Fada N’Gourma et FASO COTON à Ouagadougou. Dix neuf usines d’égrenage sont sous leur coupe, dont trois pour la SOCOMA, une pour Faso Coton, et le reste pour la SOFITEX qui, à elle seule, en plus d’employer directement 2575 personnes, a réalisé en une dizaine d’années 1.456 milliards 700 millions de Francs CFA de chiffre d’affaires. De cette somme, 700 milliards de franc CFA ont été distribués aux producteurs et le reste reparti entre les divers secteurs d’activités de notre pays. Imaginons un seul instant qu’une telle filière disparaisse. Ce serait alors une véritable catastrophe, d’abord pour une bonne partie du tissu économique du Burkina, et particulièrement de l’ouest-Burkina. Ensuite, pour les caisses de l’Etat, les industries et institutions dont les activités sont fortement tributaires du coton. Et enfin pour la cohésion et la paix sociales. Souvenons-nous de la récente crise financière qui a frappé les pays riches, fragilisé de nombreuses économies et mis en péril l’existence de géants de l’industrie mondiale. Dans le lot, la firme américaine Général Motors, très importante pour l’économie des Etats-Unis a été sauvée par le gouvernement fédéral in extrémis de la faillite, par un apport massif de capitaux. A l’époque, des langues s’étaient déliées pour rapidement dénoncer l‘opération, oubliant qu’une disparition totale de ce symbole de la puissance américaine allait inéluctablement provoquer des drames aux conséquences incalculables. Aujourd’hui, la firme a repris du poil de la bête et fait même des bénéfices, pour le grand bonheur de tous. Voilà pourquoi il faut comprendre et donner raison au gouvernement, qui a choisi d’être chaque fois aux côtés et à l’écoute de la filière coton qui, malgré les difficultés, reste stratégique à plus d’un titre.

 Entre réformes et espoir

 Les sociétés cotonnières, tout comme les producteurs et leur structure faîtière (l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina), savent mieux que quiconque que les moyens de l’Etat ne sont pas extensibles à souhait. Voilà pourquoi, et à la lumière des crises vécues, des réflexions sont en train d’être menées en vue d’aboutir à des réformes et d’engager des actions de portée significative. Parmi celles-ci, la réduction des coûts de production, l’assainissement des groupements de producteurs de coton, l’instauration éventuelle du crédit individuel, la création d’un fonds appelé « fonds intrants » qui devrait permettre d’acquérir les intrants à des conditions beaucoup plus avantageuses, la sensibilisation sur les mécanismes de fixation des prix d’achat du coton graine et des intrants, la formation et la sensibilisation sur l’utilisation à grande échelle de la fumure organique, et la mise sur pied de cadres de concertation. Il s’agit d’une part, de créer les conditions idoines à une réduction sensible des subventions de l’Etat, et d’autre part, de poser les jalons d’une nouvelle relance de la production cotonnière, afin que toutes les parties prenantes puissent profiter au maximum de l’amélioration des cours du coton observée depuis un certain temps sur le marché international. Ainsi va la filière cotonnière du Burkina, avec ses hauts et ses bas. Mais surtout avec des acteurs qui savent que dans ce secteur d’activité, rien n’est gagné à l’avance, et qu’il faut de l’abnégation, du courage, d’énormes sacrifices et beaucoup de conviction.

  Ministère de l’Agriculture et de l’Hydraulique

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